British Airways a engagé un bras de fer financier avec l’aéroport Londres-Heathrow après une série de dysfonctionnements majeurs dans le traitement des bagages

British Airways impute à Londres-Heathrow une partie importante du chaos qui a touché le système de tri et de livraison des bagages, provoquant retards, pertes et livraisons tardives pour des dizaines de milliers de passagers. Elle réclamerait 10 millions de livres pour couvrir les remboursements, les frais de prise en charge des clients et les coûts opérationnels supplémentaires engendrés par ces incidents.

Les médias britanniques évoquent un volume d’environ 30 000 bagages concernés depuis le début de l’année, égarés, retardés ou endommagés lors de leur passage par l’aéroport le plus fréquenté du Royaume-Uni. « Nous savons à quel point le retard ou la détérioration d’un bagage peuvent être source de contrariété et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour que votre voyage n’en soit pas gâché », rappelle British Airways dans sa communication officielle sur les bagages perdus.

British Airways met la pression sur Londres-Heathrow
En réclamant une telle somme, British Airways cherche à faire porter à Londres-Heathrow une part de la responsabilité financière des dysfonctionnements récurrents observés dans les services au sol. Elle soutient que les problèmes de bagages relèvent en grande partie des infrastructures et des prestataires de l’aéroport, sur lesquels elle affirme n’avoir qu’un contrôle limité.

Ce différend intervient alors que les relations entre compagnies aériennes et aéroports en Europe se tendent souvent autour du partage des coûts liés aux perturbations opérationnelles, qu’il s’agisse de retards, d’annulations ou de problèmes de bagages. Les compagnies aériennes rappellent que, en vertu de la Convention de Montréal, leur responsabilité vis-à-vis des passagers est encadrée et plafonnée pour les retards, destructions, pertes ou dommages subis par les bagages.

Un enjeu juridique et d’image
Sur le plan juridique, la question centrale porte sur la répartition des responsabilités entre le transporteur et l’exploitant aéroportuaire, dans un contexte où les obligations vis-à-vis des passagers pèsent d’abord sur la compagnie aérienne. British Airways explique sur son site que la responsabilité de la compagnie pour les bagages est limitée, en vertu de la Convention de Montréal, sauf si le passager a déclaré une valeur supérieure en amont et acquitté des frais additionnels.

« Bien que nous mettions tout en œuvre pour nous assurer que vos bagages soient manipulés avec soin, la responsabilité de British Airways en cas de perte, retard ou dommages aux bagages est limitée », précise British Airways dans ses mentions légales. En toile de fond, elle cherche à préserver son image auprès de la clientèle en montrant qu’elle se retourne elle-même contre l’aéroport pour obtenir réparation des dysfonctionnements qui ont affecté les voyageurs.

Un dossier suivi de près par le secteur
Le bras de fer financier entre British Airways et Londres-Heathrow est suivi avec attention par le secteur aérien, alors que les compagnies aériennes cherchent à réduire leurs coûts et à mieux encadrer les risques liés aux perturbations. Une éventuelle indemnisation de British Airways par l’aéroport pourrait créer un précédent dans la manière dont sont réparties les charges liées aux grandes pannes de systèmes de bagages dans les hubs européens.

Reste également à savoir si la pression financière exercée par British Airways sur Londres-Heathrow se traduira par des investissements supplémentaires dans les systèmes de bagages, afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.

30 000 bagages égarés : British Airways présente une facture de 10 millions de livres à Londres-Heathrow 1 Air Journal

@AJ/DR