Amsterdam-Schiphol a engagé une profonde réorganisation du traitement des bagages et de la gestion des avions au sol, mais celle‑ci ne sera pleinement opérationnelle qu’à partir du deuxième trimestre 2027.
Cet été 2026, alors que plus de 12,7 millions de voyageurs sont attendus, le hub néerlandais reste donc sous forte pression et n’est pas à l’abri de nouveaux épisodes de désorganisation similaires à ceux de l’été 2025 : files d’attente interminables, vols retardés ou annulés en série et milliers de bagages égarés avaient alors paralysé l’aéroport, ternissant l’image de l’aéroport international de la capitale des Pays‑Bas en pleine haute saison estivale.
Entre début juillet et fin août 2026, l’aéroport néerlandais prévoit en moyenne 219 000 passagers par jour, contre environ 213 000 l’an passé. Cela représente chaque jour quelque 71 000 départs, 71 000 arrivées et 77 000 passagers en correspondance. Amsterdam‑Schiphol souligne que cette hausse modérée confirme son rôle de hub clé reliant les Pays‑Bas au reste du monde, pour le trafic loisirs comme pour les voyages d’affaires.
Les destinations les plus demandées restent l’Espagne, le Royaume‑Uni et la Grèce, suivies de l’Italie, de la Turquie et des États‑Unis, tandis que le Portugal, l’Allemagne, la France et l’Irlande demeurent des marchés solides. Pour fluidifier le parcours, l’aéroport met en avant des créneaux horaires élargis pour l’enregistrement en ligne et via l’application mobile, ainsi que pour le contrôle de sûreté, afin de lisser les flux aux heures de pointe.
Trois prestataires pour l’assistance au sol
Au cœur de la réforme, Amsterdam‑Schiphol va réduire de six à trois le nombre de sociétés d’assistance en piste et en bagages, mais ce nouveau modèle ne sera pas en place pour l’été 2026. À l’issue d’un appel d’offres, l’aéroport a retenu dnata, KLM et Viggo pour un système de concessions de sept ans couvrant la manutention des bagages et le traitement des avions. Selon l’exploitant Royal Schiphol Group, ces entreprises ont été sélectionnées sur la base de critères qualitatifs, dont le niveau de service, les pratiques sociales et la capacité à coopérer.
« Nous franchissons cette étape pour nos collaborateurs, nos voyageurs et nos compagnies aériennes », explique Patricia Vitalis, directrice générale des opérations de Royal Schiphol Group. « La nouvelle organisation de l’assistance au sol est un exemple concret de la manière dont nous améliorons la qualité de nos services : elle offre aux employés un environnement de travail plus agréable et nous permet de fixer des exigences claires aux prestataires. »
Mieux coopérer, mais pas avant 2027
La future organisation imposera davantage de mutualisation des équipements au sol, des chariots bagages aux tracteurs de piste. Royal Schiphol Group attend de ses trois partenaires qu’ils partagent plus largement leurs moyens et investissent dans des solutions plus durables, afin de réduire la congestion sur les aires de trafic et de gagner en efficacité.
L’aéroport assure qu’aucun emploi ne sera supprimé en raison de cette réorganisation. Un accord conclu entre l’association patronale des assistants en escale et le syndicat FNV prévoit un accompagnement des salariés amenés à changer d’employeur, avec le maintien de leurs conditions de travail. Une période de transition doit s’ouvrir après l’attribution définitive, attendue au troisième trimestre 2026, pour une mise en place des nouveaux partenariats au deuxième trimestre 2027.
Modernisation lourde des systèmes bagages
Parallèlement, Amsterdam‑Schiphol poursuit un vaste programme de modernisation de ses sous‑sols bagages, dont certains systèmes arrivent en fin de vie après environ trente ans d’exploitation. Une nouvelle infrastructure souterraine de près de 32 500 m², dont plus de 21 000 m² de systèmes de traitement, doit entrer en chantier en 2026 avec le consortium de construction Fundament.
L’aéroport et les manutentionnaires déploient progressivement des aides à la manutention, des robots bagages et des solutions d’automatisation pour alléger la charge physique des équipes. « Notre objectif est de rendre le travail plus sûr et plus supportable, tout en renforçant la fiabilité du traitement des bagages, essentielle pour éviter les retards et les valises perdues lors des périodes de forte affluence », insiste la direction de Royal Schiphol Group.
Un été 2026 sous haute surveillance
Cette montée en puissance des moyens intervient dans un contexte de forte sensibilité après les perturbations et annulations en chaîne des dernières saisons de pointe. Schiphol et KLM ont lancé une évaluation conjointe de la gestion des opérations en conditions difficiles pour corriger les failles mises en lumière par la crise opérationnelle de 2025.
Pour l’été 2026, l’aéroport doit donc composer avec un système encore en transition : les grands changements structurels ne seront effectifs qu’en 2027, tandis que la demande repart déjà à la hausse. Il mise sur des mesures opérationnelles de court terme – meilleure information sur les temps d’attente, usage des créneaux de sûreté, anticipation des déplacements vers la plateforme – pour limiter les risques de saturation. Mais la capacité réelle du hub à éviter une nouvelle saison chaotique ne sera totalement testée qu’une fois la nouvelle organisation au sol et les infrastructures bagages modernisées entrées en vigueur.

@Amsterdam-Schiphol
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