Au premier trimestre 2026, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a accueilli 1 689 291 passagers, soit un recul de 2,2% par rapport à la même période de 2025, pour un niveau de trafic qui ne représente encore que 78% de celui de 2019.
La plateforme toulousaine, pénalisée par la baisse du trafic européen et les effets prolongés de la fermeture de la base easyJet, voit cependant Paris et l’international hors Europe tirer une partie de l’activité, tandis que le fret affiche une nette progression.
Un trafic global en léger repli, encore inférieur à 2019
Le trafic passagers du premier trimestre 2026 à Toulouse-Blagnac s’établit à 1 689 291 voyageurs, en baisse de 2,2% par rapport au premier trimestre 2025, contre 1 727 251 passagers un an plus tôt. Ce volume ne représente que 78% du niveau de 2019, confirmant que l’aéroport n’a pas encore retrouvé son trafic pré-crise, après une année 2025 déjà marquée par un recul de 2,8% sur l’ensemble de l’exercice à 7,62 millions de passagers.
Ce repli intervient après deux années de stabilisation puis un léger dynamisme en 2024-2025, porté notamment par l’international. Comme le souligne la direction de l’aéroport dans ses communications, « la fermeture de la base easyJet et l’augmentation de la fiscalité sur les billets d’avion ont pesé sur la fréquentation », en particulier sur les liaisons européennes.
International : l’Europe en repli, le hors Europe en forte hausse
Avec 907 576 passagers, le trafic international représente 54% du trafic total au premier trimestre 2026 et recule de 4% par rapport à la même période de 2025, tout en atteignant 94% du niveau de 2019. Cette moyenne masque toutefois un contraste marqué entre l’Europe et le hors Europe, devenu l’un des moteurs de la croissance à Toulouse-Blagnac.
Le trafic intra-européen enregistre ainsi une baisse de 10% par rapport à 2025, conséquence directe de la fermeture de la base easyJet, intervenue en avril 2025 et qui continue de se faire sentir trimestre après trimestre. L’aéroport rappelle qu’« il s’agit du dernier trimestre pour lequel la fermeture de la base easyJet impacte autant la croissance annuelle par trimestres », ce qui laisse entrevoir un effet de base plus favorable à partir du deuxième trimestre 2026.
À l’inverse, l’international hors Europe progresse de 8% sur un an, et dépasse largement ses niveaux d’avant-crise : comparé à 2019, le trafic extra-européen affiche une croissance spectaculaire de 113%, quand l’intra-européen reste 26% en dessous de son niveau de référence. Cette dynamique reflète le renforcement de certaines lignes moyen et long-courriers, dans un contexte où les aéroports régionaux cherchent à capter des flux directs vers les grands hubs intercontinentaux.
National : Paris en forte reprise, les transversales reculent
Le trafic national atteint 781 715 passagers au premier trimestre 2026, soit une hausse de 2% par rapport à 2025, mais seulement 66% du niveau de 2019. Les vols intérieurs représentent désormais 46% du trafic total, une part en hausse de 2 points sur un an, mais toujours inférieure de 8 points à celle observée avant la crise sanitaire.
Dans ce segment, la desserte de Paris joue un rôle central : le trafic vers la capitale augmente de 8% par rapport à 2025 et représente « presque un tiers du trafic global » du premier trimestre 2026, confirmant le poids de cet axe pour l’économie régionale. Le taux de reprise des liaisons parisiennes atteint 69% par rapport à 2019, dans un contexte pourtant marqué par la concurrence du train à grande vitesse, les restrictions sur les vols intérieurs et le renchérissement des billets.
Les lignes transversales, reliant Toulouse à d’autres métropoles françaises hors Paris, accusent en revanche un recul de 11% sur un an, ne retrouvant que 62% de leur trafic de 2019. Ces routes, souvent opérées avec des fréquences réduites et des appareils de plus petite capacité, restent plus sensibles aux arbitrages des compagnies et aux évolutions de la demande affaires et loisirs.
Fret et poste : un rebond marqué, mais loin de 2019
Sur le segment du fret et de la poste, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a traité 9 123 tonnes au premier trimestre 2026, soit une hausse de 10% par rapport au premier trimestre 2025. Ce volume ne représente toutefois que 48% du niveau atteint en 2019, ce qui confirme que le cargo reste, lui aussi, en phase de reconstitution après le pic de volatilité observé durant la crise sanitaire.
Cette progression s’inscrit dans la continuité de 2025, année durant laquelle le fret avait déjà amorcé une timide reprise, avec 32 429 tonnes traitées et une hausse de 1,7% selon les bilans économiques publiés par la plateforme. L’aéroport met en avant le rôle de la région toulousaine comme cluster aéronautique et industriel, ainsi que le développement de services cargo et de la logistique e-commerce, pour soutenir cette remontée progressive.
Mouvements commerciaux : moins de vols, des avions mieux remplis
Les mouvements commerciaux (décollages et atterrissages) ont atteint 14 659 au premier trimestre 2026, en baisse de 4% par rapport au premier trimestre 2025, et ne représentant que 71% du niveau de 2019. Ce recul, plus marqué que celui du nombre de passagers, suggère que les compagnies continuent d’optimiser leurs programmes : moins de vols, mais des taux de remplissage plus élevés et des capacités adaptées à la demande.
Une plateforme en transition
Le bilan du premier trimestre 2026 confirme que l’aéroport de Toulouse-Blagnac reste en phase de transition, avec un trafic global encore inférieur à celui de 2019, un repli de l’Europe et des lignes domestiques transversales, mais une montée en puissance de Paris et de l’international hors Europe. La fermeture de la base easyJet, combinée à la hausse du coût du transport aérien, continue d’influer sur la structure du réseau et la segmentation du trafic, au moins à court terme.
Dans le même temps, la plateforme mise sur de nouvelles lignes, des services premium et la décarbonation pour renforcer son attractivité, tout en accompagnant les grands projets de mobilité de l’agglomération, comme la future desserte renforcée par les transports en commun à l’horizon 2026-2027.

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