Le régulateur britannique de la concurrence a ouvert une enquête contre Ryanair sur sa politique de sièges familiaux, jugée potentiellement problématique au regard du droit de la consommation. En cause : des frais facturés aux parents pour s’asseoir à côté de leurs enfants, alors même que la compagnie dit imposer cette proximité pour des raisons de sécurité.
Londres examine la politique de sièges familiaux de Ryanair
Le bras de fer entre Ryanair et le régulateur britannique entre dans une nouvelle phase. La Competition and Markets Authority (CMA) a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les frais de réservation de sièges imposés aux parents voyageant avec des enfants âgés de 2 à 11 ans, afin de déterminer s’il s’agit d’« une clause contractuelle abusive » au sens du droit britannique.
Selon la CMA, la compagnie à bas coûts exige qu’au moins un parent soit assis avec ses enfants dans le cadre d’un « siège familial » payant, alors que la réservation de siège reste facultative pour les autres passagers. Le régulateur avance un coût généralement proche de 8 livres par trajet, soit un peu plus de 9 euros, et souligne que cette pratique est bannie en Italie mais utilisée sur la majorité des liaisons Ryanair au départ du Royaume-Uni.
Ce que dit Ryanair
Ryanair rejette fermement les soupçons de la CMA. Dans une déclaration transmise à l’AFP, la compagnie affirme respecter « pleinement l’ensemble des lois et réglementations applicables » et soutient ne facturer « aucun frais » pour jusqu’à quatre sièges enfants sur une même réservation, les parents n’ayant à payer « qu’un seul siège réservé » pour un adulte.
Sur son site d’aide, Ryanair rappelle que, pour les réservations familiales, les enfants de 2 à 11 ans bénéficient d’un siège réservé gratuit à côté d’un parent, à condition qu’un adulte réserve et paie son propre siège. La compagnie ajoute qu’un maximum de quatre enfants par adulte peut ainsi être placé gratuitement à ses côtés.
Un dossier sensible pour les low cost
L’affaire dépasse le seul cas Ryanair et touche à la manière dont les compagnies low cost monétisent l’expérience cabine. Chez Ryanair, les revenus annexes, dont la sélection de siège, constituent depuis longtemps un pilier du modèle économique, aux côtés des bagages et autres services optionnels. Selon des éléments de marché publiés après ses résultats annuels, ces revenus complémentaires pèsent plusieurs milliards d’euros et restent essentiels à la rentabilité du groupe.
La CMA indique par ailleurs considérer Ryanair comme la seule grande compagnie au départ du Royaume-Uni à appliquer ce type de frais sur les familles. Le régulateur précise toutefois qu’à ce stade, il n’a tiré « aucune conclusion » sur une éventuelle infraction, et promet un point d’étape dans les six mois.

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