L’Union européenne (UE) envisage d’imposer une taxe carbone sur les vols au départ de l’Europe vers le reste du monde. Cette mesure, qui pourrait entrer en vigueur après 2027, vise à combler une importante lacune dans la lutte contre le changement climatique.
Actuellement, le Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (EU ETS) ne s’applique qu’aux vols intra-européens. Les liaisons internationales, qui représentent la majorité des émissions de l’aviation européenne, en sont exemptées depuis plus de dix ans grâce à un mécanisme temporaire (« stop the clock »), prolongé jusqu’à fin 2026 pour préserver la compétitivité des compagnies aériennes européennes.
En juillet 2026, la Commission européenne doit évaluer l’efficacité du mécanisme international CORSIA, mis en place par l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale). Selon les résultats, elle proposera soit de maintenir le statu quo si CORSIA est jugé suffisant, soit d’étendre l’ETS aux vols internationaux au départ de l’Espace économique européen (EEE), tout en exemptant les vols entrants.
Opposition forte des compagnies aériennes
Les grands patrons du secteur s’inquiètent. Dans une lettre envoyée début juin à Ursula von der Leyen, les dirigeants d’Air France-KLM, IAG (British Airways et Iberia), Lufthansa Group, Ryanair et d’autres compagnies aériennes européennes mettent en garde contre une hausse des prix des billets.
« Étendre la tarification carbone de l’UE aux vols extra-EEE pénalisera davantage les passagers et les entreprises européens en augmentant le coût des billets et du fret », écrivent-ils. L’OACI elle-même a adressé une lettre à la Commission pour demander de ne pas étendre l’ETS, craignant des tensions avec des partenaires commerciaux comme les États-Unis.
Les ONG environnementales saluent l’initiative
Les organisations de défense de l’environnement voient dans cette extension une avancée nécessaire. Selon Transport & Environment (T&E), si l’ETS avait couvert tous les vols au départ d’Europe l’an dernier, il aurait généré 12,7 milliards d’euros de recettes pour l’UE et ses États membres, soit près de trois fois plus que les montants actuellement collectés dans l’aviation.
T&E et d’autres organisations environnementales estiment que CORSIA, basé principalement sur des compensations de carbone, manque d’ambition et ne permettra pas de réduire suffisamment les émissions réelles du secteur. Elles appellent à une application pleine et entière du marché carbone européen aux vols internationaux au départ de l’Europe, afin d’envoyer un signal prix clair et de financer la transition vers des carburants durables.
Un secteur aérien en forte croissance
L’aviation représente environ 3,8 % à 4 % des émissions totales de gaz à effet de serre dans l’UE. Ses émissions augmentent rapidement et pourraient tripler d’ici 2050 sans mesures fortes. Les défenseurs de l’environnement soulignent que CORSIA, basé principalement sur des compensations, manque d’ambition par rapport au marché carbone européen.
Une extension de l’ETS aux vols internationaux au départ d’Europe permettrait de couvrir bien plus d’émissions, de générer des recettes pour financer les carburants durables et d’appliquer le principe « pollueur-payeur » de manière plus cohérente. La décision finale reviendra aux États membres et au Parlement européen. Avec la révision prévue du marché carbone en juillet 2026, l’enjeu est clair : faire contribuer pleinement l’aviation à l’objectif de neutralité climatique de l’UE en 2050, tout en évitant de fragiliser excessivement la compétitivité des compagnies aériennes européennes.

@Lufthansa Group
Kyle a commenté :
14 juin 2026 - 9 h 24 min
Une taxation vue positivement à Istanbul, Dubai, Doha, Abu Dhabi.
Riyadh Air n’espérait pas un tel coup de pouce pour se lancer.
Cela va détruire de la richesse et de la pauvreté dans nos pays, cela ne fera que déplacer le problème mais les ecolos seront contents.
Le RSA est notre avenir (encore faut il que quelqu’un crée assez de richesses pour les payer…)