Airbus desserre un peu l’échéance du premier vol de l’A350F, sans modifier son objectif industriel le plus sensible : une certification et une première livraison d’ici fin 2027.

À l’occasion de la présentation semestrielle du groupe, le 29 juillet, Guillaume Faury a confirmé que le cargo long-courrier devait voler « avant la fin de cette année », alors qu’Airbus visait jusque-là le troisième trimestre 2026 pour ce premier vol.

Un calendrier plus souple, mais toujours serré

Ce léger glissement traduit moins un changement de cap qu’une respiration dans un programme complexe, où Airbus assemble désormais deux avions d’essais à Toulouse pour alimenter une campagne de certification dense. Le premier prototype, MSN700, a déjà effectué sa sortie d’atelier en novembre 2025 et est en essais au sol en vue d’un premier vol désormais annoncé « avant la fin de cette année » 2026, tandis que MSN701 doit prendre l’air deux à trois mois après son prédécesseur.

Dans le même temps, Airbus maintient sa ligne : certification et première livraison sont toujours visées « idéalement » avant la fin de 2027, avec une montée en cadence espérée ensuite « en volumes assez significatifs dès 2028 », selon Guillaume Faury. Autrement dit, l’industriel s’accorde un peu plus de marge sur la phase d’essais en vol, mais laisse très peu de temps au calendrier réglementaire.

Une campagne d’essais décisive

Le défi est connu : pour un programme neuf, chaque mois compte entre premier vol, accumulation d’heures d’essais, correction des écarts et obtention des certifications de type. Airbus a d’ailleurs mis en avant une campagne d’environ dix mois et 400 heures de vol, appuyée par deux appareils d’essais pour éviter les goulets d’étranglement. Le développement d’un avion cargo dédié exige aussi des validations spécifiques sur la porte de soute, la structure arrière du fuselage et les opérations de manutention.

La porte de soute, jalon clé

En avril, Airbus a franchi une étape symbolique avec la livraison depuis Illescas, en Espagne, de la première porte de soute du pont principal. L’équipement, présenté comme la plus grande porte cargo de l’industrie, offre une ouverture de 4,3 mètres sur 3,15 mètres et adopte une structure composite avec actionnement électrique, une première à cette échelle.

Ce composant est plus qu’un simple équipement de chargement : il concentre des enjeux de masse, de rigidité, d’intégration électrique et de maintenance, tout en reflétant la philosophie du programme. Basé sur l’A350-1000, l’A350F reprend le Trent XWB-97 de Rolls-Royce, mais avec un fuselage raccourci de cinq cadres afin d’optimiser la masse et le centrage.

Un marché déjà bien rempli

Airbus revendique désormais 107 commandes fermes, avec des clients parmi lesquels Air France, Cathay Pacific, CMA CGM, Etihad, Martinair, Silk Way West, Singapore Airlines et Starlux. Air Lease Corporation est le client de lancement.

Sur le plan technique, Airbus annonce jusqu’à 111 tonnes de charge utile et environ 4 700 nautiques de rayon d’action à 109 tonnes, avec une cellule allégée grâce à l’emploi massif de matériaux composites. Le constructeur insiste aussi sur la conformité de l’A350F aux futures normes CO2 de l’OACI applicables aux nouveaux types en 2027, un argument commercial de poids dans un secteur de plus en plus contraint par les objectifs environnementaux.

A350F : Airbus décale son premier vol, mais tient toujours le cap du premier avion en 2027 1 Air Journal

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