Le musée aéronautique aeroscopia de Blagnac s’apprête à accueillir un pensionnaire aussi spectaculaire qu’iconique : le Beluga ST n°4, premier exemplaire de ce cargo hors norme à rejoindre de façon permanente les collections d’un musée dans le monde.
L’appareil, retiré du service en 2025, deviendra dès la fin juin une nouvelle vedette du tarmac toulousain, aux côtés du Concorde, de l’A300B ou de l’A380.
Un Beluga au musée : une première mondiale
Conçu sur la base de l’Airbus A300-600, le Beluga ST est entré en service au milieu des années 1990 pour assurer le transport de pièces de grande dimension entre les différents sites européens d’Airbus. Jamais encore l’un de ces « Super Transporter » n’avait été versé définitivement aux collections d’un musée aéronautique, ce qui fait de l’arrivée du Beluga ST n°4 à aeroscopia une première mondiale très symbolique pour Toulouse et l’industrie européenne.
L’appareil concerné est le Beluga ST n°4, immatriculé F‑GSTD, un exemplaire emblématique de la flotte d’Airbus Transport International (ATI), retiré du service opérationnel en 2025 et stationné depuis sur le site industriel de Toulouse. Le 24 juin 2026 au matin, il doit être remorqué depuis les installations Airbus vers le musée, sous réserve de conditions de vent favorables, avant d’être présenté au public dès le lendemain.
Un géant au profil inimitable
Le Beluga ST se distingue par son fuselage extraordinairement bombé, posé sur une cellule d’A300 allongée et surmontant un cockpit rejeté vers le bas, qui lui vaut son surnom de « Beluga » en référence au cétacé blanc. Avec 56,15 m de long, 44,84 m d’envergure et 17,24 m de hauteur, il figure parmi les avions cargos spécialisés les plus imposants en service durant les dernières décennies.
Sa soute cylindrique, longue d’environ 37 m pour plus de 7 m de hauteur, peut emporter jusqu’à 47 tonnes de fret, notamment des tronçons complets de fuselage, des jeux d’ailes ou des sections de gros-porteurs. La configuration de la cabine de pilotage, placée en contrebas, permet d’ouvrir toute la partie supérieure du fuselage vers l’avant sans avoir à déconnecter les systèmes de cockpit, un atout clé pour le chargement de pièces aéronautiques hors gabarit.
Un maillon stratégique de la chaîne Airbus
Le Beluga ST est l’héritier direct des anciens Super Guppy utilisés par Airbus Industrie dans les années 1970 et 1980 pour acheminer les sections d’avions entre les sites de production européens. Dès le milieu des années 1990, Airbus déploie une flotte de cinq A300‑600ST, qui vont assurer pendant plus de deux décennies la logistique interne du constructeur entre Toulouse, Hambourg, Broughton, Saint‑Nazaire ou encore Getafe.
L’arrivée de la nouvelle génération BelugaXL, basée sur l’A330, a progressivement pris le relais des Beluga ST, permettant de transférer les appareils de première génération vers des missions ponctuelles pour des clients externes ou, comme ici, vers la préservation muséale. En rejoignant aeroscopia, F‑GSTD incarne ainsi la transition entre deux époques de la logistique surdimensionnée européenne et la montée en puissance industrielle d’Airbus.
Une pièce maîtresse pour aeroscopia
Ouvert en 2015 à Blagnac, à deux pas des usines Airbus, le musée aeroscopia s’est imposé comme la vitrine du patrimoine aéronautique toulousain, abritant déjà un Concorde, un A300B, un Super Guppy, un A320 ou encore un A380 de présérie. L’arrivée du Beluga ST n°4 vient compléter cette galerie de « géants » en offrant un chaînon essentiel de l’histoire industrielle, celui de l’avion cargo qui a permis de rapprocher physiquement les différents sites européens.
La mairie de Blagnac souligne qu’il s’agit d’une « nouvelle pièce majeure » qui rejoint le patrimoine du musée, en décrivant l’appareil comme un « géant des airs » appelé à devenir un emblème supplémentaire de la métropole aéronautique toulousaine. Pour le musée, c’est à la fois un geste de préservation et un outil pédagogique qui permettra de mieux expliquer au grand public la réalité des flux industriels derrière les programmes Airbus.
Une soirée inaugurale et un accès progressif
Pour célébrer l’arrivée du Beluga ST n°4, aeroscopia organise une grande soirée d’inauguration le mercredi 24 juin 2026, de 20 h à minuit, sur l’un des tarmacs du musée. Cette « soirée d’inauguration exceptionnelle » permettra de découvrir l’appareil en avant‑première, dans une ambiance annoncée comme festive et immersive au cœur du site.
À partir du 25 juin 2026, le Beluga sera visible du public, qui pourra l’approcher au plus près, même si la visite intérieure ne sera pas possible dans l’immédiat. Le musée indique que des travaux d’aménagement sont nécessaires pour sécuriser l’accès et mettre en valeur l’immense soute cargo, l’une des plus volumineuses du monde aéronautique, avant d’envisager une ouverture au public.

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