Sous la pression des régulateurs britanniques, Ryanair fait évoluer sa politique de placement des familles avec enfants et aligne son système d’attribution de sièges sur la pratique majoritaire des compagnies européennes.

Le groupe irlandais promet cependant de rester neutre en termes de revenus et d’offrir des sièges gratuits aux parents qui acceptent d’être placés à l’arrière de l’appareil, tout en continuant à facturer la réservation des rangs avant et des sièges dits « premium ».

Une politique familiale présentée comme conforme aux lois

Dans son communiqué du 25 juin, Ryanair rappelle que sa politique de placement des familles « est pleinement conforme à l’ensemble des lois et réglementations applicables ». La compagnie insiste sur le fait qu’elle « ne fait pas payer aux enfants le fait d’être assis à côté de leur parent ou de l’adulte qui les accompagne ».

Concrètement, pour un adulte voyageant avec des enfants âgés de 2 à 11 ans, l’achat d’un siège réservé reste obligatoire, mais cet adulte peut sélectionner gratuitement jusqu’à quatre sièges pour les enfants figurant sur la même réservation, afin de garantir qu’ils soient assis à ses côtés. Selon la documentation de la compagnie, « comme tous les adultes qui choisissent un siège réservé, les adultes voyageant avec des enfants paient des frais de réservation pour un siège, mais peuvent sélectionner gratuitement des sièges réservés à côté d’eux pour jusqu’à quatre enfants figurant sur la même réservation ».

Pour des raisons de sécurité, Ryanair maintient l’obligation pour les enfants de moins de 12 ans de voyager assis à côté d’un adulte accompagnant et impose que les bébés (de 8 jours à 23 mois) soient installés sur les genoux d’un adulte. Ces règles figurent dans les rubriques d’aide consacrées aux règles de sièges et au voyage avec des enfants.

Un « ajustement » : des sièges gratuits pour les parents à l’arrière

La nouveauté annoncée pour les réservations effectuées à compter du 25 juin concerne les parents qui ne souhaitent plus payer un siège réservé à l’avance. Au moment de la réservation puis de l’enregistrement en ligne, l’adulte pourra désormais choisir l’option d’attribution aléatoire des sièges : l’adulte et les enfants se verront attribuer, gratuitement, des sièges ensemble après enregistrement, dans la fenêtre standard avant le départ.

Ryanair précise que ces familles « optant pour cette allocation aléatoire de sièges à côté les uns des autres » seront « susceptibles d’être assises vers l’arrière de la cabine », les rangées avant étant généralement réservées et vendues en priorité. En pratique, la compagnie crée donc des sièges gratuits pour les parents à l’arrière de l’appareil pour les familles qui privilégient le prix plutôt que le choix d’un rang spécifique.

À l’inverse, les familles qui souhaitent choisir leurs sièges au moment de la réservation et sécuriser des rangées avant premium pourront continuer à le faire, moyennant un supplément de réservation, « conformément à la politique appliquée par la plupart des autres compagnies européennes ». Ryanair insiste sur le fait que ce changement de politique doit être neutre en revenus pour la compagnie, tout en lui permettant de maintenir sa promesse de proposer « les tarifs les plus bas d’Europe ».

Une réponse à l’enquête de la CMA britannique

Cet ajustement intervient dans le sillage d’une enquête ouverte par la Competition and Markets Authority (CMA) au Royaume‑Uni, qui s’interrogeait sur le caractère potentiellement abusif des frais imposés aux familles pour s’asseoir ensemble. Le régulateur britannique pointait le fait qu’un parent devait obligatoirement payer un siège réservé pour être assis à côté de son enfant, avec un niveau de frais jugé significatif.

Ryanair répond en mettant en avant que sa politique aurait été bien accueillie par ses clients en leur garantissant d’emblée le placement des familles au moment de la réservation, tout en profitant de tarifs bas. La compagnie défend l’idée que son dispositif était plus lisible pour les consommateurs que les politiques d’autres transporteurs, où l’attribution gratuite au check‑in rend le résultat moins prévisible.

Dans son communiqué, le directeur général Michael O’Leary va toutefois bien au‑delà de la simple explication technique et charge frontalement les régulateurs. Il estime que ceux‑ci se trompent de cible en se concentrant sur la question des sièges plutôt que sur d’autres facteurs de renchérissement des voyages aériens.

« Nous nous conformerons à contrecœur à cette norme »

Le ton du communiqué reste fidèle au style habituel de Ryanair, très critique à l’égard des autorités. Michael O’Leary dénonce ainsi le rôle des régulateurs européens : « Les régulateurs européens, tels que la CMA au Royaume‑Uni, ont systématiquement failli aux consommateurs en ignorant la revente manifestement anticoncurrentielle de billets d’avion gonflés par des agences de voyage en ligne non autorisées, les surfacturations pratiquées par les monopoles aéroportuaires et les défaillances de service des prestataires de contrôle aérien en Europe », affirme‑t‑il.

À propos de la nouvelle politique, il ajoute : « Nous nous conformerons à contrecœur à cette norme de l’industrie, car nous ne voulons pas perdre de temps à expliquer à des régulateurs mal avisés à quel point ils se trompent sur ce qui est réellement dans l’intérêt des consommateurs britanniques et européens. »

Le dirigeant prévient toutefois que, sous ce régime révisé, « les familles devront peut‑être attendre d’avoir effectué leur enregistrement pour connaître l’attribution de leurs sièges et auront davantage de chances d’être placées à l’arrière de la cabine, mais au moins la CMA pourra prétendre avoir fait quelque chose pour les consommateurs, même si, malheureusement, la plupart d’entre eux ne s’en rendront pas compte ». Avec ces formules, Ryanair assume de présenter ce changement comme une concession aux autorités plutôt que comme une amélioration spontanée de son offre, tout en cherchant à rassurer son cœur de clientèle sur le maintien de ses standards de prix.

Sièges familiaux chez Ryanair : gratuité pour les parents qui acceptent l’arrière de l’avion 1 Air Journal

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