La publication d’un rapport sénatorial très sévère sur la DSNA (le prestataire national de contrôle aérien en France au sein de la DGAC) relance le débat sur les retards du contrôle aérien français, que Ryanair présente comme un frein structurel à la fluidité du ciel européen.

Dans le même temps, la compagnie irlandaise a annoncé avoir transporté 21,2 millions de passagers en juin 2026, un record mensuel, ce qui souligne l’ampleur de son exposition aux perturbations du réseau européen.

Un rapport très critique

Le communiqué de Ryanair s’appuie sur un rapport du Sénat consacré à la performance de la DSNA, le service français de la navigation aérienne, décrit comme sous-doté, moins productif que la moyenne européenne et dépendant d’équipements obsolètes.  Ce rapport présenté par le sénateur centriste Vincent Capo‑Canellas dresse un constat sévère de la performance du contrôle aérien français, dont les retards ont coûté environ 800 millions d’euros aux compagnies aériennes en 2025. Le rapporteur spécial propose ainsi une série de mesures d’urgence pour éviter que la France ne devienne un véritable goulot d’étranglement du ciel européen.

Selon les éléments cités par Ryanair, le rapport estime qu’en l’absence de réforme, le contrôle aérien français pourrait ne plus être en mesure d’absorber la demande à l’horizon 2030, ce qui contraindrait mécaniquement à annuler une partie des vols. Le transporteur low-cost affirme aussi que les retards du contrôle aérien français pourraient coûter jusqu’à 1,7 milliard d’euros par an aux compagnies à l’horizon 2035.

Des contraintes structurelles

La critique de Ryanair vise plusieurs fragilités bien identifiées du système français : tensions sur les effectifs, départs à la retraite à venir, durée de formation des contrôleurs jugée trop longue et modernisation technique trop lente. Le rapport du Sénat, selon les extraits disponibles, souligne plus largement un retard de performance du contrôle aérien français face à ses homologues européens.

Ryanair met aussi en avant la question des grèves de la navigation aérienne, un sujet récurrent en France. La compagnie demande une meilleure protection des survols lors des mouvements sociaux, afin d’éviter que des passagers reliant deux pays non français ne subissent des annulations ou de longues attentes à cause d’un conflit centré sur le trafic intérieur français.

Ce que demande Ryanair

Dans son communiqué, la compagnie appelle le gouvernement français à ouvrir davantage le recrutement de contrôleurs aériens jusqu’en 2030, à réduire les délais de formation et à revoir l’organisation opérationnelle de la DSNA. Elle demande aussi que les redevances de navigation aérienne soient davantage réinvesties dans les effectifs et les systèmes, plutôt que contraintes par les règles budgétaires de l’État.

Le discours est musclé, mais il s’inscrit dans une contestation plus large de la gouvernance du contrôle aérien européen. Pour Ryanair, la France ne souffre pas d’un problème de demande, mais d’un problème de gestion, un argument déjà avancé à plusieurs reprises par la compagnie sur d’autres dossiers réglementaires et fiscaux.

Juin record pour Ryanair

En parallèle de cette offensive médiatique, Ryanair a publié ses chiffres de trafic pour juin 2026 : 21,2 millions de passagers transportés, en hausse de 7% sur un an, avec plus de 116 800 vols opérés et un coefficient de remplissage de 95%. C’est le meilleur mois de l’histoire du groupe, selon la compagnie, qui dépasse ainsi son précédent record d’août 2025.

Ce niveau d’activité donne du poids à son argumentaire sur la qualité du service de navigation aérienne en Europe. Plus un transporteur opère de vols, plus il est exposé aux effets domino des retards de capacité, en particulier dans un espace aérien aussi central que le ciel français.

DSNA, retards, grèves : Ryanair relance l’offensive contre le ciel français 1 Air Journal

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