Donald Trump a ravivé les interrogations autour de la sécurité de son nouveau Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar, en changeant d’avion à la dernière minute lors du sommet de l’Otan en Turquie.

En s’envolant vers Ankara à bord de ce Boeing luxueusement aménagé, le Président américain avait multiplié les superlatifs, parlant d’un appareil « vraiment exceptionnel ». Cependant, en quittant la capitale turque Ankara mercredi, il a pourtant décidé de ne pas utiliser l’avion qatari, préférant regagner Washington à bord d’un ancien modèle d’Air Force One, un Boeing 747-200.

Un changement d’avion qui alimente les doutes
Le Boeing 747-8 a finalement poursuivi sa route vers le Royaume-Uni sans Donald Trump, officiellement pour permettre à des troupes américaines de le visiter, tandis que le Président américain embarquait sur un ancien Air Force One pour rentrer aux États‑Unis. Selon plusieurs médias américains, cette décision aurait été motivée par les recommandations de son service de sécurité, sur fond de regain de tensions avec l’Iran, voisin de la Turquie.

Le New York Times a révélé que le nouvel avion offert par la famille royale qatarie ne bénéficie pas exactement des mêmes systèmes de défense que ses prédécesseurs. Le quotidien rapporte que des dispositifs visibles sur l’ancien Air Force One — notamment certains capteurs ou pods extérieurs associés à des contre‑mesures — ne le sont pas sur le nouveau 747-8.

Des systèmes de protection absents ?
Les anciens Air Force One sont réputés dotés de systèmes de protection sophistiqués, avec brouillage radar, leurres anti‑missiles et dispositifs de détection avancés. La présence ou l’absence de ces équipements, ou de leurs équivalents, sur le nouvel appareil n’est pas clairement documentée, et le flou nourrit les inquiétudes.

Interrogée, la Maison‑Blanche assure que « le nouvel Air Force One est un avion ultramoderne équipé de protocoles de sécurité de haut niveau qui garantissent la protection du président et de son équipe », selon le directeur de la communication Steven Cheung. L’armée de l’air américaine reconnaît avoir dû faire certains compromis pour accélérer la mise en service du Boeing qatari, notamment sur l’aménagement intérieur, tout en affirmant qu’« aucun risque n’a été pris en matière de sécurité, de sûreté ou de communications ».

Menaces iraniennes et bataille médiatique
Au départ d’Ankara, Donald Trump avait d’abord minimisé toute menace le visant. Il a évoqué toutefois des « tentatives d’assassinat » imputées à l’Iran, renforçant l’idée que l’appareil présidentiel peut constituer une cible.

Les révélations sur les failles supposées du nouvel Air Force One ont aussi déclenché une confrontation avec le New York Times. Le parquet fédéral de New York a convoqué des journalistes du quotidien à propos d’une possible « violation de la loi pénale fédérale » liée à la publication d’informations sur la sécurité de l’avion. La rédaction du journal dénonce cette démarche comme une tentative « d’intimider les journalistes pour qu’ils ne fassent pas leur travail ».

Air Force One offert par le Qatar : la sécurité du nouvel avion présidentiel de Donald Trump en question 1 Air Journal

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