L’aéroport Cayenne–Félix-Éboué entre dans une nouvelle phase de son histoire avec le lancement d’un vaste programme de modernisation de 85 millions d’euros, piloté par Egis et ses partenaires de la Société Concessionnaire de l’Aéroport de Cayenne (SCAC).

Objectif affiché : adapter la plateforme guyanaise à une croissance soutenue du trafic, renforcer son rôle de porte d’entrée du territoire et accompagner les ambitions économiques, touristiques et spatiales de la Guyane.

Un chantier de 85 millions d’euros pour une plateforme arrivée à saturation

Moins de neuf mois après la prise d’effet de la nouvelle concession, la SCAC a donné, le 8 juillet, le coup d’envoi officiel des travaux par une cérémonie de pose de première pierre sur l’aéroport international Cayenne–Félix-Éboué. La concession, d’une durée de 30 ans à compter du 1ᵉʳ octobre 2025, prévoit un programme d’investissement total de 85 millions d’euros, dont la première phase doit être livrée à l’horizon 2029 pour un chantier étalé sur 42 mois.

Avec près de 540 000 passagers accueillis en 2025 pour une capacité théorique d’environ 600 000 voyageurs annuels, la plateforme approche de ses limites et la modernisation était devenue « indispensable » pour absorber la croissance et assurer la continuité territoriale de la Guyane.

Extension de l’aérogare et amélioration du parcours passager

Le cœur du programme porte sur l’extension et la reconfiguration de l’aérogare passagers, avec 1 000 m² supplémentaires et une optimisation des circuits de départ et d’arrivée. L’objectif est de fluidifier les parcours d’embarquement et d’arrivée, tout en améliorant le confort et la qualité de service : dimensionnement des zones d’enregistrement, de sûreté et de contrôle aux frontières, zones d’attente, ainsi que la montée en gamme des services aux passagers.

Les espaces commerciaux seront développés et réorganisés, avec une mise en valeur accrue des produits et savoir‑faire locaux – gastronomie, artisanat, offres touristiques – dans une logique de vitrine du territoire, comme l’ont déjà fait d’autres plateformes ultramarines pour renforcer leurs revenus extra‑aéronautiques. Dans le même temps, de nouveaux espaces seront construits pour les personnels de la plateforme, afin d’offrir des conditions de travail modernisées aux équipes aéroportuaires, aux services de l’État et aux prestataires.

Infrastructures côté piste et soutien au Centre spatial guyanais

Au‑delà du terminal, le programme de modernisation inclut une rénovation des aires de stationnement avions et la création d’un nouveau poste gros porteur. Cette position pourra notamment accueillir des appareils de type long‑courrier utilisés pour les opérations liées au Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou, renforçant ainsi le rôle de Cayenne–Félix-Éboué comme porte d’entrée logistique des activités spatiales européennes en Guyane.

L’aéroport guyanais, déjà desservi par des vols réguliers vers l’Hexagone, les Antilles, le Brésil et le Suriname, voit son trafic croître régulièrement depuis plusieurs années, avec près de 496 000 passagers en 2024 (+3 % par rapport à 2023) et plus de 6 400 mouvements d’avions commerciaux. Le renforcement des capacités de stationnement et l’adaptation aux gros porteurs constituent un enjeu stratégique pour la desserte à la fois touristique, économique et spatiale.

Une trajectoire environnementale

Les travaux ont été conçus pour permettre le maintien des opérations pendant toute la durée du chantier, l’aéroport restant ouvert aux compagnies aériennes, aux passagers et à l’ensemble des acteurs présents sur la plateforme. Egis assure non seulement l’exploitation, mais aussi la maîtrise d’œuvre des travaux, dans la continuité de son activité d’opérateur et d’ingénierie aéroportuaire sur un réseau désormais porté à plus de vingt plateformes dans le monde, dont Beauvais, Pau, Bergerac et plusieurs aéroports en Polynésie française (Tahiti-Faa’a, Bora Bora, Rangiroa, Raiatea).

Le projet s’inscrit dans une trajectoire environnementale ambitieuse, avec un objectif à terme de 90 % d’énergie décarbonée sur la plateforme Cayenne–Félix-Éboué, en ligne avec les démarches de certification environnementale et de réduction de l’empreinte carbone désormais engagées dans de nombreux aéroports français exploités par Egis ou d’autres opérateurs. Cette démarche pourrait s’appuyer sur des solutions déjà mises en œuvre sur d’autres sites : optimisation énergétique des bâtiments, éclairage LED, amélioration des systèmes de climatisation en climat tropical humide, et recours aux énergies renouvelables.

Retombées économiques et attractivité de la Guyane

La modernisation de Cayenne–Félix-Éboué doit générer des retombées économiques directes pour le territoire, à travers le recours aux entreprises locales pour une part significative des travaux, la montée en compétence de la main‑d’œuvre et la création d’emplois liés à la construction comme à l’exploitation. Les autorités locales soulignent que l’aéroport constitue un maillon essentiel du désenclavement de la Guyane, à la fois pour la continuité territoriale avec l’Hexagone et pour le rayonnement régional dans le bassin caribéen et sud‑américain.

« Cette pose de première pierre illustre la capacité d’Egis et de ses partenaires à transformer rapidement leurs engagements en réalisations concrètes. Moins de neuf mois après la reprise de la concession, nous lançons un programme d’investissement de 85 millions d’euros qui renforcera durablement l’attractivité et la compétitivité de la Guyane. Ces travaux permettront d’offrir de meilleures conditions de travail à l’ensemble des personnels de la plateforme, une expérience passager modernisée et une infrastructure adaptée aux ambitions de développement du territoire pour les prochaines décennies », déclare Frédéric Mor, directeur de l’activité Conseil et Exploitation en France du groupe Egis.

La Société Concessionnaire de l’Aéroport de Cayenne regroupe Alyse Guyane (fonds d’investissement de la CTG), la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts), Egis, la Chambre de commerce et d’industrie de Guyane et l’entreprise de construction Léon Grosse. La Banque des Territoires est entrée au capital de la SCAC en 2025, aux côtés de ces partenaires, dans le cadre du renouvellement de la concession par l’État pour trente ans.

Aéroport de Cayenne–Félix-Éboué : un programme de modernisation de 85 millions d’euros pour accompagner l’essor de la Guyane 1 Air Journal

Cayenne-Félix Eboué @Wikipedia Dimitry Avdeev