Air France a de nouveau ajusté son programme au Moyen-Orient, en prolongeant la suspension de ses vols vers Riyad, Dubaï et Beyrouth face à une situation sécuritaire jugée très évolutive. La compagnie dit suivre « en temps réel » l’évolution de la région, alors que plusieurs transporteurs européens et asiatiques continuent eux aussi de revoir leurs dessertes en fonction des restrictions d’espaces aériens.

Air France ajuste son programme

Dans un communiqué mis à jour le 23 juillet à 15h00, Air France indique prolonger la suspension de ses vols de et vers Beyrouth jusqu’au 2 août inclus, de et vers Riyad jusqu’au 31 juillet inclus, soit jusqu’au 1er août pour les départs de Riyad, et de et vers Dubaï jusqu’au 4 août inclus, soit jusqu’au 5 août pour les départs de Dubaï. La compagnie précise que « la reprise des opérations restera soumise à une évaluation de la situation sécuritaire sur place, qui est très évolutive ».

Air France ajoute que « la sécurité de ses clients et de ses équipages est sa priorité absolue » et qu’elle suit « en permanence l’évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils afin d’assurer le plus haut niveau de sûreté et de sécurité des vols ». La compagnie informe individuellement les clients concernés et met en place des mesures commerciales permettant d’annuler ou de reporter le voyage sans frais, y compris lorsque le vol n’est pas annulé.

Des restrictions d’espaces aériens

La décision de la compagnie française s’inscrit dans un contexte de prudence opérationnelle renforcée au-dessus du Golfe. Dans son bulletin de zone de conflit CZIB-2026-07, publié le 14 juillet, l’EASA recommande aux opérateurs de ne pas évoluer dans les espaces aériens de Bahreïn, du Koweït, du Qatar et des Émirats arabes unis, ainsi qu’au-dessus du golfe d’Oman à l’ouklmest du méridien 58°E, le document restant valable jusqu’au 29 juillet sauf révision anticipée.

L’agence européenne ne prononce pas une fermeture de l’espace aérien, mais une recommandation de non-utilisation pour les vols concernés, ce qui conduit les compagnies à adapter leurs plans de vol, allonger certains routages et, dans plusieurs cas, suspendre temporairement des liaisons commerciales. C’est précisément ce type d’arbitrage qui affecte aujourd’hui les dessertes d’Air France vers Riyad, Dubaï et Beyrouth.

Des compagnies encore prudentes

Air France n’est pas seule à revoir son programme. KLM indique suivre « de près l’évolution de la situation » et maintenir la suspension de ses vols vers Dammam et Riyad jusqu’au 23 août, tandis que Dubaï reste suspendue et que certaines liaisons vers Beyrouth pourraient être perturbées jusqu’au 16 août. British Airways a, de son côté, repoussé plusieurs reprises de lignes régionales, notamment vers Dubaï, Tel-Aviv, Bahreïn et Amman.

Singapore Airlines a prolongé jusqu’au 24 octobre la suspension de ses vols vers Dubaï, tandis que Scoot maintient l’annulation de ses vols vers Djeddah jusqu’au 8 août. Aegean Airlines a annulé ses vols vers Dubaï jusqu’au 31 août, et vers Erbil et Bagdad jusqu’au 30 septembre. Ce faisceau de décisions illustre une réalité connue des exploitants : la stabilité du programme dépend autant des risques au sol que de la disponibilité des couloirs aériens, des autorisations de survol et des éventuels détournements imposés par la sécurité.

Un été sous surveillance

Les perturbations actuelles s’ajoutent à une séquence déjà marquée par de multiples ajustements depuis le printemps. Air France a plusieurs fois modifié ses dessertes au Moyen-Orient ces derniers mois, dans un environnement où les mises à jour opérationnelles se succèdent au rythme des tensions régionales et des évaluations de sûreté. Le secteur reste donc sur un schéma de reprise prudente, avec des dates souvent conditionnelles et révisables à bref délai.

Pour les passagers, la conséquence est double : d’un côté, des suppressions de vols et des reprogrammations de correspondances ; de l’autre, des mesures commerciales élargies qui permettent de reporter ou d’annuler sans frais, afin de limiter l’impact client d’un contexte aérien mouvant. Dans un marché où les hubs du Golfe demeurent stratégiques pour les liaisons Europe-Asie, la moindre restriction de routage pèse immédiatement sur l’exploitation, les temps de vol et la régularité du réseau.

Air France durcit son dispositif au Moyen-Orient : Riyad, Dubaï et Beyrouth suspendus 1 Air Journal

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