Brussels Airlines a subi un net recul de sa performance financière au premier semestre 2026. Elle affiche un EBIT ajusté de -70 millions d’euros, contre -46 millions d’euros un an plus tôt. Son déficit opérationnel ajusté s’est ainsi creusé d’environ 50%.
La filiale belge de Lufthansa Group attribue ce résultat à trois facteurs principaux : la hausse du prix du carburant, une épidémie d’Ebola en Afrique de l’Est et les perturbations provoquées par plusieurs grèves en Belgique.

64 millions d’euros de carburant en plus
Les tensions au Moyen-Orient ont entraîné une hausse des cours pétroliers, avec un effet direct sur les dépenses de carburant. Brussels Airlines indique que cette facture a augmenté de 64 millions d’euros au cours du semestre par rapport à la même période de 2025. Son réseau africain a aussi été affecté par une épidémie d’Ebola déclarée en mai dans certaines zones d’Afrique. La compagnie aérienne belge évoque une baisse de la demande, des difficultés dans la planification des équipages et des restrictions imposées par certains pays sur des destinations concernées.
Les grèves en Belgique ont également pesé sur les comptes. Les manifestations nationales de mars et de mai ont perturbé l’aéroport de Bruxelles. Début juin, une grève de Skeyes, le prestataire belge du contrôle aérien, a interrompu les mouvements aériens dans le pays pendant plusieurs heures. L’impact négatif de ces perturbations est estimé à 3 millions d’euros.
Cette pression sur les coûts touche l’ensemble du groupe aérien allemand Lufthansa : au deuxième trimestre, son EBIT ajusté a reculé de 56%, à 383 millions d’euros, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 8% à 11,1 milliards d’euros ; le groupe chiffre à environ 750 millions d’euros le surcoût de carburant sur la période.

Activité en progression
Ces vents contraires n’ont pas empêché Brussels Airlines de transporter davantage de passagers. La compagnie aérienne belge a accueilli 4,5 millions de voyageurs entre janvier et juin, soit 8,1% de plus sur un an. Le nombre de vols a progressé de 5,5%, à 34 200 rotations. Les recettes ont, elles, augmenté de 9,5%.
Brussels Airlines souligne aussi une amélioration de sa régularité opérationnelle. Les coûts liés aux irrégularités ont diminué de 16% par passager, selon ses données.
Au premier semestre, Brussels Airlines a notamment inauguré une liaison vers le Kilimandjaro, en Tanzanie. Elle a aussi déployé un nouveau service de table en Premium Economy et présenté un nouvel Airbus A320 de sa série des Belgian Icons, consacré à Tintin.

Expansion long-courrier freinée
Face à une rentabilité inférieure aux attentes et à un environnement jugé incertain, Brussels Airlines revoit toutefois une partie de ses ambitions. Elle n’intégrera pas les deux Airbus A330 supplémentaires initialement annoncés pour 2027. Sa flotte long-courrier restera donc limitée, pour l’instant, à onze A330.
Elle ne prévoit pas non plus de recourir, durant l’été 2027, aux Airbus A220-300 d’airBaltic actuellement exploités en location avec équipage depuis Bruxelles. Le programme de renouvellement des cabines long-courriers est en revanche maintenu, avec une présentation attendue en 2027.
Brussels Airlines conserve néanmoins un discours optimiste pour la seconde partie de l’année. « Une saison estivale réussie sera plus cruciale que jamais pour atteindre un résultat annuel positif », estime Nina Öwerdieck, directrice financière de Brussels Airlines. Elle ajoute que le transporteur dispose d’une capacité supérieure à celle de 2025, « à condition d’évoluer dans un environnement opérationnel stable ».

Brussels Airlines : un semestre pénalisé par le kérosène, l’expansion long-courrier suspendue 1 Air Journal

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