Le SNPNC-FO et la CGT ont déposé un préavis de grève couvrant la période du 27 au 31 août 2026 inclus chez French bee. Les deux organisations, qui représentent des personnels navigants commerciaux (PNC), mettent en cause l’instabilité des plannings, la fatigue liée aux rotations long-courriers et une rémunération jugée insuffisamment adaptée aux contraintes du métier. À ce stade, la compagnie n’a pas communiqué sur l’ampleur éventuelle des perturbations.

Les hôtesses de l’air et stewards de French bee pourraient cesser le travail pendant cinq jours, de jeudi 27 août à lundi 31 août 2026. Le préavis a été déposé par le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC-FO) et la CGT, qui demandent l’ouverture immédiate de négociations avec la direction. Dans leur communiqué, les syndicats décrivent un climat social dégradé, alimenté par des modifications de programmes de travail jugées répétées et parfois tardives. Ils estiment que les équipages ne doivent pas être considérés comme une réserve mobilisable en permanence pour répondre aux aléas opérationnels.

« Les PNC ne peuvent pas être considérés comme disponibles en permanence pour pallier les difficultés d’organisation de la compagnie », écrivent le SNPNC-FO et la CGT.

Des plannings au cœur du conflit

Premier grief soulevé : la prévisibilité du travail. Selon les deux syndicats, les changements fréquents de planning et les sollicitations pendant les jours de repos compliquent l’organisation de la vie personnelle et familiale des PNC. Les organisations réclament donc des délais de prévenance plus protecteurs, le respect effectif des repos et congés, ainsi qu’une meilleure application du droit à la déconnexion. Elles demandent, plus largement, des plannings « plus stables » et des modifications mieux anticipées.

Cette question revêt une importance particulière dans l’activité long-courrier. Les équipages de cabine sont soumis à des rotations de plusieurs jours, à des horaires nocturnes et à des décalages horaires marqués, notamment sur les liaisons transatlantiques et ultramarines. La capacité de récupération entre deux séquences de vol constitue dès lors un enjeu central, à la fois social et opérationnel.

Fatigue des équipages : un enjeu opérationnel

Le SNPNC-FO et la CGT évoquent également une « fatigue qui s’accumule », liée à l’enchaînement des vols long-courriers, du travail de nuit, des changements de fuseaux horaires et de périodes de récupération qu’ils jugent parfois insuffisantes. « Lorsqu’une même rotation est régulièrement signalée comme trop fatigante, l’organisation doit être revue plutôt que d’attendre que les salariés soient épuisés », affirment les syndicats.

La fatigue est un sujet encadré dans le transport aérien : les compagnies doivent organiser les temps de service et de repos des équipages selon des limites réglementaires et des procédures de gestion du risque de fatigue. Au-delà du seul respect des minima, les représentants des salariés demandent ici que les retours de terrain soient davantage intégrés à la construction des programmes de vol.

Le communiqué vise les PNC basés tant à Paris-Orly qu’à La Réunion. Cette dernière base est particulièrement stratégique pour French bee : la compagnie y a renforcé son programme durant l’hiver austral, avec 13 vols hebdomadaires entre Saint-Denis Roland-Garros et Paris-Orly, soit une hausse annoncée de 17% par rapport à l’année précédente.

Rémunération et flexibilité demandées

Le troisième volet du conflit porte sur les salaires. Les syndicats soulignent qu’une part de la rémunération des personnels navigants dépend des heures de vol effectivement réalisées. Dans ce contexte, ils dénoncent une situation dans laquelle un PNC pourrait subir davantage de contraintes de disponibilité ou de changements de programme tout en percevant une rémunération variable moindre si son volume de vol diminue. « Les contraintes augmentent, la flexibilité demandée aux PNC augmente et les responsabilités augmentent. Mais les salaires, eux, ne suivent pas », écrivent le SNPNC-FO et la CGT.

Les syndicats réclament une rémunération tenant mieux compte de l’expérience, des responsabilités, des sujétions propres au travail navigant et de l’augmentation du coût de la vie. Ils assurent avoir engagé des discussions et formulé des propositions sans obtenir, selon eux, les améliorations attendues.

Un risque de perturbations sur le réseau French bee

French bee opère depuis Paris-Orly un réseau long-courrier comprenant La Réunion, Tahiti, New York-Newark, San Francisco, Los Angeles, Miami et Montréal. La compagnie, filiale de Groupe Dubreuil Aéro, exploite une flotte homogène d’Airbus A350.  Une mobilisation des personnels navigants commerciaux, si elle est largement suivie, pourrait donc affecter la régularité des rotations sur ces lignes. La période concernée intervient après le pic des grands départs d’été, mais reste sensible pour les dessertes ultramarines et transatlantiques.

À ce stade, aucun programme de vol modifié ni dispositif commercial spécifique n’a été annoncé publiquement par French bee. Les organisations syndicales laissent toutefois la porte ouverte à une sortie de crise négociée. « Des solutions existent encore pour éviter ce conflit », déclarent-elles, tout en prévenant que, sans avancées concrètes, la direction « portera la responsabilité des perturbations qui pourraient affecter les passagers ».

Préavis de grève chez French bee : les PNC dénoncent des plannings instables et une fatigue croissante 1 Air Journal

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