Belfast City Airport a engagé la procédure de concertation autour d’un plan d’investissement privé pouvant atteindre 200 millions de livres, soit environ 234 millions d’euros. L’aéroport nord-irlandais veut agrandir ses installations, augmenter son plafond de mouvements et préparer une liaison ferroviaire, tout en renonçant à toute extension de sa piste.
Belfast City Airport lance son plan à 234 millions d’euros
L’aéroport George Best Belfast City (BHD) entre dans la phase concrète de son Master Plan 2040. Il a déposé des « Proposal of Application Notices » auprès des collectivités de Belfast et d’Ards and North Down, première étape réglementaire avant d’éventuelles demandes de permis de construire. Le programme pourrait mobiliser jusqu’à 200 millions de livres de capitaux privés — environ 234 millions d’euros— pour étendre les espaces passagers, créer de nouvelles infrastructures côté piste, revoir les accès routiers et aménager un parvis multimodal. Des parkings supplémentaires ainsi que des activités complémentaires, dont un hôtel, figurent également dans l’avant-projet.
Point notable dans un dossier aéroportuaire souvent associé à une hausse de capacité : aucune prolongation de la piste existante, longue d’environ 1 830 mètres, n’est envisagée.
Plus de vols, mais un couvre-feu maintenu
Le projet passe aussi par une révision de l’accord d’urbanisme qui encadre aujourd’hui l’activité de la plateforme. Belfast City Airport sollicite une heure supplémentaire de programmation quotidienne : les vols réguliers pourraient être programmés jusqu’à 22 h 30, contre 21 h 30 actuellement. Le couvre-feu entre minuit et 6 h 29 resterait toutefois inchangé. L’aéroport demande parallèlement de relever son plafond annuel de mouvements de 48 000 à 61 000, soit une progression de 27%. Selon l’exploitant, cette hausse serait absorbée à l’intérieur du contour de bruit et des contrôles environnementaux déjà en vigueur. La décision sur ces contraintes opérationnelles relève du Department for Infrastructure d’Irlande du Nord.
Objectif : 7 millions de passagers en 2040
La stratégie vise une capacité de 7 millions de passagers annuels à l’horizon 2040, contre 2,36 millions accueillis en 2025. Belfast City se positionne ainsi pour capter une part de la croissance attendue du trafic aérien à destination et au départ de l’île d’Irlande, dans un marché où les aéroports nord-irlandais devraient, selon l’exploitant, devoir pouvoir accueillir jusqu’à 21 millions de voyageurs par an. Matthew Hall, directeur général de Belfast City Airport, estime que ces propositions doivent créer « les conditions d’une croissance durable », afin d’« attirer davantage d’investissements privés » et de « renforcer les liens de l’Irlande du Nord avec les principales destinations du Royaume-Uni et au-delà », a-t-il déclaré.
Une gare encore à l’étude
Le plan préserve aussi l’emprise d’une liaison piétonne vers un éventuel arrêt ferroviaire sur la ligne Belfast–Bangor, avec un franchissement du Sydenham Bypass vers les terminaux. L’aéroport et l’opérateur de transport public Translink ont signé un protocole d’accord pour étudier les options, l’accessibilité et la sécurité du projet. Aucune solution n’a toutefois été choisie ni financée à ce stade. Si elle aboutissait, cette desserte pourrait faire de Belfast City le premier aéroport de l’île d’Irlande disposant d’une connexion ferroviaire dédiée vers son terminal. Les consultations publiques doivent maintenant préciser un projet dont les demandes formelles d’autorisation pourraient être déposées d’ici la fin de l’année.

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