Il ne passe pas de semaine sans que le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, ne crée une polémique. Cette fois, le dirigeant refuse de s’excuser après avoir comparé des compagnies concurrentes à des « violeurs qui font payer cher », tandis que la low cost irlandaise conteste le récit d’un passager qui affirme avoir été partiellement aspiré à travers un hublot brisé en plein vol.
Les deux dossiers ont été évoqués le 10 septembre à Dublin, à l’issue de l’assemblée générale annuelle de Ryanair. Ils interviennent aussi dans un contexte de hausse du coût du carburant, qui pourrait, selon la low cost, conduire à une augmentation sensible des tarifs aériens si les prix pétroliers restent élevés en 2027.
Pas d’excuses pour les « violeurs des airs »
Michael O’Leary a suscité de vives réactions au Royaume-Uni et en Irlande après avoir qualifié certaines compagnies concurrentes de « rapists who charge high fares », expression traduite en français par « violeurs qui volent à prix fort » ou « violeurs des airs ».
Interrogé sur ces propos, le patron de Ryanair n’a pas présenté d’excuses. Il a défendu une formule destinée, selon lui, à opposer les tarifs bas de Ryanair aux prix plus élevés pratiqués par des compagnies aériennes concurrentes. « Certaines personnes choisiront peut-être de ne pas voyager avec Ryanair, mais il y en aura davantage qui tourneront le dos à Aer Lingus, Lufthansa, British Airways et d’autres compagnies, à la recherche désespérée des tarifs bas de Ryanair », a déclaré Michael O’Leary aux journalistes.
Le dirigeant est connu pour une communication directe et provocatrice. Cette fois, la référence à un crime sexuel a suscité des critiques particulièrement fortes. Elle survient au moment où Ryanair met en avant son positionnement tarifaire dans un environnement plus incertain pour les compagnies aériennes.
Michael O’Leary a en effet averti qu’une hausse durable des prix du pétrole pourrait entraîner une augmentation « significative » des tarifs aériens. « Si les prix du pétrole restent élevés jusqu’à l’année prochaine, je pense qu’il y aura une augmentation significative des tarifs aériens », a-t-il déclaré avant l’assemblée générale du groupe.
Le récit contesté d’un passager blessé
L’autre controverse concerne un incident survenu le 10 juillet sur un Boeing 737-800 de Malta Air, filiale opérant des vols pour Ryanair. L’avion assurait la liaison entre Thessalonique, en Grèce, et Memmingen, en Allemagne, lorsqu’une pale de soufflante du moteur droit s’est rompue peu après le décollage. Des débris ont endommagé le fuselage et brisé un hublot au rang 11.
Le passager serbe Ljubisa Karović, âgé de 61 ans, assis près du hublot touché, a été grièvement blessé au cou et à l’épaule. Selon son récit, son corps aurait été partiellement aspiré vers l’extérieur et d’autres passagers l’auraient retenu avant le retour de l’avion à Thessalonique.
L’enquête préliminaire du National Transportation Safety Board américain (NTSB) apporte une formulation plus prudente. Elle indique qu’une hôtesse a trouvé le passager « partiellement coincé » dans l’ouverture du hublot endommagé, tandis que d’autres voyageurs le ramenaient dans la cabine. Le rapport ne tranche toutefois pas précisément la question de savoir si une partie du corps du passager a franchi le contour extérieur du fuselage.
Ryanair réfute toute aspiration vers l’extérieur
Michael O’Leary reconnaît que le voyageur a été projeté vers l’ouverture, mais conteste qu’il ait été aspiré à l’extérieur de l’avion. Il souligne que le passager portait sa ceinture de sécurité. « Nous ne pensons pas qu’une partie de son corps soit sortie par le hublot, mais il a certainement été aspiré vers celui-ci dans des circonstances très dramatiques », a soutenu le dirigeant.
Il a ajouté que Ryanair contesterait, à l’issue de l’enquête, toute affirmation selon laquelle le passager ou une partie de son anatomie aurait été aspiré hors de l’appareil. La low cost attend les conclusions du NTSB, auquel les autorités grecques ont délégué l’enquête. Boeing, le motoriste GE et Ryanair participent à la procédure.
Le rapport définitif du NTSB n’a pas encore été publié. Cependant, les conclusions préliminaires établissent néanmoins qu’une rupture de pale de soufflante du moteur droit a provoqué des dégâts sur le fuselage et la disparition complète du hublot concerné. Elles confirment également le caractère grave des blessures subies par le passager serbe.
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