La compagnie nationale du Bangladesh a annoncé une commande supplémentaire de onze avions Boeing, composée de cinq 787-10 Dreamliner et de six 737 MAX-8. Elle porte ainsi à 25 le nombre de 787 et de 737 MAX commandés cette année, confirmant une stratégie de renouvellement de flotte et d’expansion internationale centrée sur l’avionneur américain.
Biman Bangladesh Airlines poursuit à marche forcée la modernisation de sa flotte. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le transporteur national bangladais a officialisé une commande additionnelle de onze Boeing : cinq 787-10 Dreamliner, gros-porteurs long-courriers, et six 737-8, monocouloirs de la famille 737 MAX. Cette nouvelle tranche s’ajoute à la commande ferme de quatorze appareils annoncée le 30 avril dernier. Biman a donc désormais commandé, depuis le début de l’année, 25 avions Boeing, répartis entre Dreamliner et 737 MAX. La première commande comprenait huit 787-10, deux 787-9 et quatre 737-8 ; le nouvel accord porte le total prévu à 13 Boeing 787-10, deux 787-9 et dix 737 MAX-8.
Une flotte long-courrier renforcée autour du 787-10
Le choix du 787-10 ne doit rien au hasard. Biman exploite déjà des 787-8 et des 787-9, ainsi que des 777 et des 737 de précédente génération. Le 787-10, version la plus longue de la famille Dreamliner, permettra à la compagnie d’accroître sa capacité sur les axes les plus porteurs, notamment vers le Moyen-Orient, où la diaspora bangladaise et les flux de travailleurs constituent un marché structurant.
Lors de l’annonce de la commande initiale, Boeing avait indiqué que les huit premiers 787-10 devaient être employés sur des liaisons à forte demande vers le Golfe. Les deux 787-9, de leur côté, sont destinés à soutenir les vols long-courriers vers l’Europe et l’Amérique du Nord. La nouvelle commande de cinq 787-10 renforce donc clairement la priorité donnée aux marchés à forte densité de trafic plutôt qu’à une multiplication des destinations.
Biman dessert actuellement 22 destinations internationales depuis Dhaka, en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Europe. Sa liaison la plus longue est celle de Toronto, opérée via Istanbul en 787-9. « Aujourd’hui, cet accord complémentaire représente une étape importante dans le renouvellement continu de la flotte et l’expansion du réseau de Biman », a déclaré Rumee A. Hossain, président de Biman Bangladesh Airlines, cité par Boeing. « Cette commande répond à des besoins précis de notre plan de flotte. » Le dirigeant ajoute que la compagnie entend développer son réseau et ses capacités « en réponse aux besoins de connectivité du peuple bangladais, de notre communauté expatriée, des entreprises et du tourisme ».
Le 737 MAX pour le régional et le Moyen-Orient
La commande de six 737-8 supplémentaires est tout aussi stratégique. En avril, Biman avait déjà signé sa première commande de 737 MAX, avec quatre 737 MAX-8. Le nouveau contrat porte donc le futur parc commandé à dix exemplaires de ce modèle.
Le 737 MAX-8 doit progressivement moderniser la flotte de monocouloirs de la compagnie, aujourd’hui fondée notamment sur des 737 Next Generation. Il est appelé à opérer les liaisons régionales et moyen-courriers depuis Dhaka vers l’Inde, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient, en combinant davantage de rayon d’action avec une capacité adaptée aux flux de passagers de ces marchés. « Ces 787 Dreamliner et 737 MAX additionnels apporteront à Biman l’efficacité, la polyvalence et la fiabilité nécessaires pour accompagner le rôle grandissant du Bangladesh dans l’aviation mondiale », a déclaré Brad McMullen, vice-président senior des ventes et du marketing commercial de Boeing, cité par l’avionneur.
Boeing consolide sa place au Bangladesh
Cette série de commandes consolide nettement la position de Boeing chez Biman. La compagnie exploite déjà une flotte dominée par les appareils américains : 787-8, 787-9, 777-300ER, 737-800 et turbopropulseurs Dash 8-Q400. L’arrivée des 787-10 permettra à Biman d’exploiter les trois versions du Dreamliner, tandis que les 737 MAX-8 créeront une continuité opérationnelle avec ses 737 NG existants.
Cette homogénéité peut réduire les coûts de formation, de maintenance, de pièces détachées et de planification des équipages. Elle apporte aussi une souplesse commerciale appréciable : les 787-10 peuvent densifier les grands marchés, les 787-9 assurer les missions long-courriers nécessitant davantage de rayon d’action, et les 737 MAX-8 prendre le relais sur les liaisons régionales.
L’accord d’avril avait été présenté par Boeing comme la plus importante commande de l’histoire de Biman. Selon plusieurs sources bangladaises, les premières livraisons de cette première tranche ne sont toutefois pas attendues avant 2031, avec une montée en puissance étalée jusqu’en 2035. Les conditions financières et le calendrier de livraison de la nouvelle commande de onze avions n’ont pas été rendus publics dans l’annonce du 23 septembre.
Une décision aussi industrielle que géopolitique
Au-delà des besoins opérationnels de la compagnie, le choix de Boeing s’inscrit dans un contexte commercial plus large. L’accord d’avril était intervenu après plusieurs années de discussions et de concurrence entre Boeing et Airbus pour le renouvellement de la flotte de Biman.
Reuters relevait alors que la décision en faveur de Boeing s’inscrivait aussi dans la volonté de Dhaka de réduire son important déficit commercial avec les États-Unis et de préserver ses intérêts exportateurs sur le marché américain, crucial notamment pour l’industrie textile du pays. Le développement de Biman accompagne également la modernisation des infrastructures aéroportuaires du Bangladesh, notamment à Dhaka, où les autorités cherchent à absorber une croissance durable du trafic international.

©Boeing
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