Près de six passagers sur dix ont utilisé la biométrie au cours des douze derniers mois et près de la moitié ont déjà eu recours à l’intelligence artificielle pour préparer un voyage. L’édition 2026 du Global Passenger Survey de l’Association internationale du transport aérien (IATA) souligne l’adoption croissante de ces technologies, malgré des réserves persistantes sur la protection des données personnelles. L’enquête repose sur plus de 10 000 participations dans plus de 200 pays.

La biométrie utilisée par 58% des passagers interrogés
L’utilisation de la biométrie poursuit sa progression dans le parcours aérien. Parmi les répondants, 58% déclarent y avoir eu recours à au moins une étape de leur voyage au cours des douze derniers mois, contre 50% dans l’enquête 2025. Cette hausse de huit points porte la progression à 24 points depuis 2022.

La satisfaction reste élevée : 87% des personnes ayant expérimenté la biométrie disent avoir apprécié cette expérience, contre 86% en 2025. L’intérêt dépasse toutefois le cercle des utilisateurs actuels. Au total, 78% des répondants seraient prêts à partager leurs données biométriques si cela leur évitait de présenter à nouveau leur passeport ou leur carte d’embarquement aux différents points de contrôle de l’aéroport. Parmi ces voyageurs disposés à partager leurs données, 75% préféreraient s’enregistrer une seule fois, à l’avance, pour être ensuite reconnus automatiquement tout au long du parcours aéroportuaire.

« De plus en plus de passagers utilisent les données biométriques durant leurs voyages. Ils aiment cela et en veulent plus », souligne Nick Careen, vice-président de l’IATA chargé des opérations, de la sécurité et de la sûreté. L’association défend ainsi un parcours réduisant les vérifications répétées de documents.

Un fort intérêt pour le passeport numérique
L’enquête met également en évidence une forte disposition à utiliser des documents de voyage numériques. Parmi les personnes interrogées : 84% souhaitent pouvoir utiliser un passeport numérique pour l’enregistrement en ligne plutôt que leur passeport physique ; 82% accepteraient de partager un passeport numérique avec une compagnie après le paiement de leur réservation, en échange de services plus personnalisés ; et 82% seraient disposées à utiliser un smartphone réunissant portefeuille numérique, passeport numérique et cartes de fidélité pour réserver, payer et effectuer les démarches aéroportuaires au départ comme à l’arrivée.

Pour l’IATA, le développement de ces services dépend notamment de la reconnaissance de documents numériques sécurisés entre les pays. L’association appelle ainsi les gouvernements à s’accorder sur un cadre commun de délivrance et d’acceptation des passeports numériques.

La protection des données reste déterminante
L’adhésion à la biométrie ne fait pas disparaître les inquiétudes. Les principales préoccupations citées sont les violations de données, à 59%, le partage d’informations avec d’autres organisations, à 49%, et le manque de clarté sur le traitement des renseignements personnels, à 41%. L’IATA souligne donc que la confiance reste une condition essentielle à l’adoption de ces dispositifs. La promesse d’un passage plus rapide à l’aéroport s’accompagne d’une attente de transparence sur l’utilisation et la protection des données.

Près d’un voyageur sur deux a déjà utilisé l’IA
L’intelligence artificielle prend parallèlement une place importante dans la préparation des déplacements. À l’échelle mondiale, 49% des répondants déclarent l’avoir déjà utilisée pour planifier un voyage. Trois usages ressortent : 21% ont utilisé l’IA pour rechercher des vols vers une destination précise ; 19% pour trouver les vols les moins chers ; et 17% pour trouver l’inspiration et choisir une destination. L’étude montre que l’IA intervient aussi bien lorsqu’un projet de voyage est déjà défini que dans les premières étapes du choix d’une destination.

Pour les compagnies aériennes, cette évolution pose la question de leur visibilité dans les réponses fournies par ces outils. « Il est important que les compagnies aériennes non seulement fassent en sorte que leurs offres apparaissent dans l’IA, mais aussi qu’elles développent des liens pour convertir une conversation avec l’IA en une réelle réservation », estime Nick Careen. L’enquête mesure toutefois l’utilisation de l’IA pour la planification, pas la proportion de billets effectivement achetés par son intermédiaire.

L’adoption de ces technologies varie fortement selon les régions. L’Amérique du Nord affiche la plus forte utilisation récente de la biométrie, avec 63% des répondants, devant l’Asie-Pacifique et le Moyen-Orient, à 61%. L’Europe se situe à 47%, sous la moyenne mondiale de 58%.