KLM engage une nouvelle restructuration pour renforcer sa compétitivité et financer ses investissements. Annoncé le 5 novembre 2026, le projet prévoit environ 1 000 suppressions de postes liées aux gains de productivité, des externalisations et des transferts d’activités vers Air France-KLM. Sur le réseau européen, la compagnie conservera l’Airbus A321neo mais privilégiera les Embraer E195-E2 à la place des A320 initialement prévus.

Une compagnie plus petite dans son organisation, mais toujours tournée vers son réseau international : c’est la ligne défendue par KLM pour justifier une transformation qui touchera presque toutes ses activités. La direction estime nécessaire d’améliorer son résultat annuel d’un milliard d’euros supplémentaire afin de préserver sa capacité à investir dans les avions, le service et les salariés. « L’avenir de KLM n’est pas garanti », prévient sa présidente-directrice générale, Marjan Rintel, dans le communiqué, invoquant l’instabilité mondiale, le prix élevé du carburant et les pressions croissantes sur le transport aérien.

KLM : environ 5 000 postes concernés, mais pas autant de suppressions

La distinction est essentielle : les quelque 5 000 postes concernés par la réorganisation ne correspondent pas à 5 000 emplois supprimés. Le projet mêle activités confiées à des partenaires, transferts à l’intérieur du groupe et réductions d’effectifs. KLM annonce une nouvelle diminution de près de 15% du nombre de postes dans son périmètre, un pourcentage qui ne doit donc pas être rapporté aux seules 1 000 suppressions attendues des gains de productivité.

Dans le détail, les activités correspondant à 1 250 postes de KLM Catering Services sont déjà réalisées en partenariat avec gategroup depuis le printemps. Environ 800 postes des services au sol relèveraient à l’avenir de prestataires extérieurs. Quelque 2 000 autres seraient transférés à Air France-KLM, dont 1 500 au sein du centre de relation client Cygnific. Enfin, les améliorations de productivité conduiraient à environ 1 000 postes en moins chez KLM.

La compagnie entend limiter les conséquences sociales par les départs naturels, les dispositifs volontaires et les mobilités internes. Elle ne garantit toutefois pas l’absence de départs contraints. « Il est douloureux de transférer des activités qui font traditionnellement partie de notre entreprise », reconnaît Marjan Rintel dans le communiqué. La direction prévoit un dialogue avec les représentants du personnel et les syndicats sur ces changements.

Flotte européenne : les E195-E2 plutôt que les A320 prévus

Le volet aéronautique du plan marque une inflexion dans le renouvellement du moyen-courrier. KLM maintient l’A321neo, mais prévoit de remplacer les A320 envisagés par des Embraer E195-E2, de plus petite capacité. Cette répartition doit permettre d’ajuster plus finement le nombre de sièges à la demande et donnera un rôle accru à sa filiale régionale KLM Cityhopper. Les Boeing 737 et les Embraer E190 seront progressivement retirés au cours des prochaines années.

Il s’agit donc de modifier le dimensionnement des avions sur les lignes européennes, et non de renoncer aux appareils de grande capacité. L’A321neo restera présent aux côtés des E195-E2. La compagnie ne précise cependant ni le nombre d’appareils concernés par cet arbitrage, ni leur calendrier de livraison : le communiqué expose une orientation de flotte, sans détailler de nouvelle commande.

KLM veut affecter ses capacités aux lignes contribuant le plus aux correspondances et à son réseau de 160 destinations sans escale depuis Amsterdam-Schiphol. Le réseau européen doit ainsi retrouver sa rentabilité tout en préservant sa contribution au hub. La simplification de la flotte doit également faciliter la gestion des opérations et des coûts.

À Schiphol, davantage de sous-traitance au sol

La réorganisation concernera directement la plateforme néerlandaise. KLM prévoit de confier à des partenaires les opérations d’assistance sous l’aile de Cityhopper ainsi que le traitement des bagages dans le hall Est. Elle estime que des prestataires spécialisés pourront investir plus rapidement et assurer ces prestations à moindre coût. Dans les terminaux, la numérisation de l’enregistrement, de l’embarquement et des changements de réservation doit recentrer les agents sur l’accueil et l’assistance aux voyageurs.

Le fret et la maintenance seront également remaniés. KLM Cargo regroupera la manutention du fret transporté en soute et par avions tout-cargo dans son propre entrepôt à Schiphol, en préparation d’un nouveau terminal attendu en 2035. Engineering & Maintenance concentrera davantage ses moyens sur les futurs appareils, tandis que le pilotage des activités moteurs et équipements sera rapproché d’Air France-KLM.

Une nouvelle étape après le programme Back on Track

Ce plan prolonge les mesures engagées en octobre 2024, devenues le programme Back on Track. KLM visait alors une amélioration à court terme de 450 millions d’euros de son résultat d’exploitation, notamment par des gains de productivité, une simplification de l’organisation et le réexamen de certains investissements. La compagnie revendique désormais plus de 750 millions d’euros d’améliorations structurelles, mais les juge insuffisantes.

Les résultats publiés le même jour éclairent cette décision. Au troisième trimestre 2026, le groupe KLM a dégagé 458 millions d’euros de résultat opérationnel ajusté, en hausse de 106 millions sur un an. Sur les neuf premiers mois, sa marge atteint toutefois 4,8%, encore loin de l’ambition de marge supérieure à 8% rappelée par Air France-KLM. À l’échelle du groupe franco-néerlandais, le résultat opérationnel ajusté trimestriel atteint 1,346 milliard d’euros. Mais la facture carburant prévue pour 2026 est relevée de 8,9 à 9,2 milliards de dollars, tandis que la croissance des capacités est ramenée à environ 2%, contre 2% à 3% auparavant.

Pour KLM, la prochaine étape sera aussi sociale : la direction veut négocier de nouvelles conventions collectives, avec au moins 8% de gains structurels de productivité d’ici 2028 et une progression salariale « très modérée ». Marjan Rintel laisse déjà ouverte la possibilité d’autres ajustements : « De nouvelles modifications de l’organisation, des conditions d’emploi, de la productivité et des effectifs pourraient encore être nécessaires », avertit-elle dans le communiqué.

KLM se restructure : 1 000 postes en moins et un virage vers les Embraer E195-E2 1 Air Journal

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