Ryanair : prudence malgré les bénéfices

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La compagnie aérienne low cost Ryanair a revu à la hausse sa prévision de bénéfice d’exploitation pour l’année fiscale en cours. Mais le cours de son action a plongé hier en raison de sa prudence pour l’exercice débutant en avril, la baisse du cours du pétrole devant modérer l’augmentation de son bénéfice puisque ses concurrentes vont pouvoir baisser leurs tarifs.

Annonçant le 1er février 2015 un profit après taxes de 49 millions d’euros au troisième trimestre se terminant fin décembre 2014, la spécialiste irlandaise du vol pas cher a souligné qu’il était très supérieur aux estimations des analystes, et qu’à la même période fin 2013 elle avait enregistré une perte de 35 millions d’euros. Elle a dans le même temps transporté 20,8 millions de passagers contre 18,3 en 2013 (+14%), avec un coefficient d’occupation gagnant 6 points à 88% ; des résultats à mettre au compte du programme Always Getting Better et de « l’expansion de ses horaires pour voyageurs d’affaires ». Ryanair anticipe désormais pour le quatrième trimestre (janvier-mars 2015) une augmentation de 25% de son trafic passager, et à revu à la hausse sa prévision de bénéfice opérationnel annuel à une fourchette de 830 à 850 millions d’euros (contre 810 à 830 pour sa précédente estimation).

Mais tous ces signes positifs ont été éclipsés par la prudence affichée pour l’année fiscale débutant le 1er avril : Ryanair ne prévoit qu’une hausse modérée de son bénéfice, le plongeon du cours du pétrole devant permettre à ses concurrentes low cost de baisser leurs tarifs – une guerre des prix renforcée par le fait qu’elle a couvert à 92 dollars le baril 90% de ses besoins en carburant pour la prochaine année fiscale, alors que le cours ne devrait pas remonter à court terme des 53 dollars actuels.

Pour les mois à venir, Ryanair rappelle par exemple qu’elle fêtera son 30e anniversaire en mai, ouvrira trois nouvelles bases (Bratislava, Copenhague et Ponta Delgada aux Açores), recevra toujours plus de nouveaux Boeing 737-800, et mettra son application pour smartphone à jour en avril…

http://www.air-journal.fr/2015-02-03-ryanair-prudence-malgre-les-benefices-5135232.html

Commentaire(s)

  1. les concurrentes low cost pourront baisser leurs tarifs…seulement si leur couverture carburant le permet, laquelle n’est pas, loin s’en faut, une science exacte.
    Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on retrouve les mêmes impossibilités de baisse des tarifs ou de surcharge carburant (sans parler de ceux qui nous font le coup des vases communicants).

  2. superyoda86

    Ils attendent de voir combien ils vont récolter d’argent public venant des collectivités ! Au final, c’est nous contribuables qui faisons grimper les bénéfices de Ryanair! Quel bande d’escrocs!

  3. @ Superyoda : combien croyez-vous qu’AF reçoive d’aides de la part des collectivités locales ? Savez-vous par exemple que la ligne de Hop LDE-ORY (3 CRJ7/ jour) est financée à moitié par le conseil général des Hautes Pyrénées et la mairie de Tarbes (ce qui ne l’empêche pas d’être déficitaire…) ? Savez-vous que Qatar Airways ou Emirates reçoivent des soutiens ÉNORMES de la part de leurs gouvernements (sinon, impossible bien sûr d’acheter 140 a380 à plus de 300 millions pièce) ? Savez-vous que l’Etat (donc le contribuable) paie une fortune pour construire des LGV déficitaires pour un gain de temps de 30 minutes sur le trajet (qui de toute manière reste plus vite fait en avion-cf Marseille, Toulouse) ? Arrêtons d’être des bisounours et rendons-nous compte de la réalité : aujourd’hui, le poids des collectivités et de l’Etat sur le transport est MONSTRUEUX, nous sommes à des années-lumières de toute forme de libéralisation !!

    • superyoda86

      Mon cher PE, Ce que fait le conseil général des Hautes Pyrénées avc AF ca ne me choque pas car c’est un service public qui rend service au habitants du département, notamment pour le désenclavement du territoire. De plus, AF est détenue à 15% par l’État, c’est normal que ça soit la compagnie de référence qui permettent d’effectuer ces liaisons, pas toujours rentables. Ryanair c’est différent, en plus ils ne payent pas d’impôt, ce n’est pas une compagnie Française, ils n’apportent rien à la France à part nous spolier. Les LVG permettent le développement des infrastructures de transports en France, c’est à l’État d’y participer, comme la construction des routes, des aéroports…Après il faut une bonne gestion et éviter de les brader aux privés…Quand aux compagnies du Golf, eh ba elles sont libres de leurs actions, on ne peut pas intervenir même si j’aimerais qu’elle n’est pas autant d’emprise en France.

      • le service public a bon dos ; désolé mais vos propos sont valables aussi pour ryannair: prenez par ex l’aéroport de dole: cette compagnie y déssert porto,lisbonne , et 3 villes du maroc; pour le jura c’est un désenclavement important ( et aussi pour les habitants de dijon!)en ce qui concerne la lgv la plupart sont inutiles: il a été déjà démontré que le dev de la lgv s’est faite au détriment du dévelopement du ter et de l’entretien des voies , des trains de banlieue à paris : cf accident de brétigny: il n’y a plus d’argent pour toutes ces activités la lgv a tout pris : cf le prix du km tgv!!! les régions aussi payent pour avoir le tgv

        • superyoda86

          C’est différent là, vous mélangez tout. Pour moi le Maroc ou Porto c’est du loisir, des vacances, l’État n’a pas à payer pour ça. Pour Lourde c’est différent, c’est pour des vols vers Paris car il n’y a pas d’infrastructure de transport valable pour relier Lourde à Paris (continuité du service public). En plus, à Dole y’a le TGV !

          • pour lourdes il y a des trains et l’autoroute ; ensuite il faudrait peut être investir davantage dans une désserte ferrovaire, donc le ter car l’aéroport de lourdes c’est toulouse!il faudrait aussi cesser avec tous ces petits aéroports( ces petits aéroports qui plaisent tant à ryannair!) qui foisonnent en france et se recentrer sur les aéroports des métropoles régionales ; mais pour cela il faut aussi développer les lignes ter et les relier avec les aéroports au lieu de tout miser sur la lgv;

    • allons

      Tout à fait d’accord avec superyoda, PE vous confondez continuité du service public et financement de low cost par les contribuables sur des lignes hors territoire nationale.

    • Vincent

      Pour le coup, je suis obligé de soutenir le point de vue d’ALLONS (l’exception de la règle, tant nous nous affrontons souvent ? ) et de SUPERIODA86.

      On a voulu la décentralisation (qui nous coûte en passant une fortune) et faire des élus locaux des roitelets décidant de tout n’importe comment, et bien évidemment avec l’argent public ?

      Eh ! Bien ! Nous l’avons, cette décentralisation autocratique, et son cortège d’aberrations de toute sorte : là un rond-point avec sa statue représentant un clou rouillé géant commandée une fortune à quelque « artiste » ami, là une aide à RYANAIR pour faire croire que le terrain de l’aéroclub est devenu un aéroport d’envergure internationale, le tout largement relayé par la revue mensuelle du Conseil Général, je devrais plutôt dire l’organe de propagande, tirée sur papier glacé à 300 000 exemplaires.

      Voilà la triste réalité d’un pays où ceux dont on attend la responsabilité et la compétence ne sont que source d’anomie et de gabegie.

  4. Ca me fait plaisir de lire que « une guerre des prix renforcée par le fait qu’elle a couvert à 92 dollars le baril 90% de ses besoins en carburant pour la prochaine année fiscale, alors que le cours ne devrait pas remonter à court terme des 53 dollars actuels. » et réponse a certaines personne qui ne comprennent rien au métiers du Fuel Services dans l’aérien et pense que quand le brut baisse les tarifs doivent baisser immédiatement ou autre remarques ignares de ce type….. J’avais déjà indique dans un précédent commentaire le concept des marche a terme mais certains sont obtus. Je ne suis pas pilote et ne pose pas de commentaires sur le pilotage mais je pense que je suis bien place pour parler sur ce sujet car c’est mon métier (Aviation Fuel Services & Supply) depuis de nombreuses années

    • matheo

      ok monsieur le pompiste

    • Vincent

      Il est effectivement logique que le prix du carburant ne baisse pas immédiatement, puisque les compagnies (aériennes et pétrolières) achètent des stocks à x $, qu’il convient d’abord d’écouler avant de répercuter la baisse les tarifs.

      Cela ne se passe pas différemment pour l’automobiliste.

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