Brussels Airlines : pertes limitées en 2014

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La compagnie aérienne Brussels Airlines a sensiblement amélioré ses résultats financiers au cours de l’année 2014, malgré des conditions de marché difficiles et une concurrence accrue. Sa perte nette a été réduite à 4,2 millions d’euros, et elle se dit en bonne voie pour renouer avec la profitabilité dès 2015.

Sans son communiqué du 12 mars 2015, la compagnie nationale belge filiale du groupe Lufthansa explique que la « nouvelle stratégie commerciale, qui a entraîné une forte croissance du trafic passagers et des réductions significatives de coûts », a limité la perte nette à -4,2 millions d’euros. Brussels Airlines a enregistré une croissance du trafic passager de +12,6% (sans tenir compte des activités charter) l’année dernière, les vols à l’intérieur de l’Europe, vers l’Afrique et les États-Unis ayant attiré 750.000 passagers supplémentaires. Le coefficient d’occupation a augmenté de 4,5 points, et l’activité fret de près de 10%. Une « performance commerciale forte compte tenu de la guerre des prix engendrée par une concurrence accrue qui a conduit des compagnies concurrentes à offrir 1,4 millions de sièges supplémentaires et une plus grande capacité de fret » vers et depuis l’aéroport de Bruxelles, souligne la compagnie. Prenant l’épidémie du virus Ebola et la faible croissance économique dans la zone euro en compte, l’attractivité commerciale de Brussels Airlines en 2014 est « d’autant plus remarquable » ; elle est une des compagnies aériennes avec la croissance la plus rapide en Europe en 2014, et ce en partie grâce à la coopération étroite au sein du groupe Lufthansa et notamment avec ses filiales en Belgique. « En raison de la crise Ebola, nous avons connu une année difficile en ce qui concerne nos opérations africaines », explique le CEO Bernard Gustin, « nous sommes cependant fiers d’avoir maintenu nos vols vers les pays touchés par le virus Ebola. Nous remercions dès lors aussi infiniment notre personnel opérationnel pour leur engagement exemplaire. »

La compagnie de Star Alliance précise que l’année 2014 a été marquée par une forte expansion de l’offre (485.000 sièges supplémentaires, 12 nouvelles destinations), accompagnée par d’importants investissements permettant d’améliorer davantage les produits et services. En même temps, des réductions supplémentaires de coûts ont été effectuées « pour offrir des prix encore plus attractifs et ainsi améliorer le résultat d’entreprise », en ligne avec les objectifs fixés. Le résultat opérationnel qui était en 2013 encore de -28,2 millions d’euros a pu être réduit à -9 millions d’euros ; la perte nette « s’approche du break-even » avec une amélioration de 17,8 millions d’euros par rapport à 2013. Bernard Gustin peut ainsi déclarer avoir « amélioré notre compétitivité. Nos résultats financiers démontrent que notre nouveau modèle commercial était le bon choix, car de plus en plus de voyageurs optent pour Brussels Airlines. Nous avons établi une base stable pour continuer à construire la nouvelle Brussels Airlines: une compagnie aérienne dynamique qui répond de manière flexible aux tendances et qui dispose pour tous les segments du marché d’une offre de prix compétitive. En 2014, le prix des billets Brussels Airlines a par exemple chuté en moyenne de 10%. Je suis dès lors très reconnaissant à nos employés pour leurs efforts continus et leur capacité d’adaptation pour faire de Brussels Airlines une compagnie de plus en plus compétitive ».

2014 est aussi l’année où Brussels Airlines a beaucoup investi. Soutenu par un tout nouveau look&feel au niveau du positionnement marketing, quatre nouvelles formules de tarifs ont été introduites sur le court- et moyen-courrier (Check&Go, Light&Relax, Flex&Fast, Bizz&Class). Celles-ci ont été très bien reçues par le marché. Deux Airbus A319 ont été ajoutés à la flotte et avec 12 destinations supplémentaires le réseau européen a été élargi. Le site brusselsairlines.com nouvellement lancé attire davantage de visiteurs et de clients, et le salon The Loft à Zaventem, qui a ouvert ses portes à l’automne 2014, « est devenu en un rien de temps un endroit incontournable pour les hommes d’affaires et les voyageurs fréquents ». « En plus d’un investissement de 70 millions d’euros entre 2011 et 2013, nous avons en 2014 investi 15 millions d’euros supplémentaires dans le renouvellement et l’expansion de notre flotte, le lancement de nos nouveaux produits et l’implémentation d’outils plus efficaces et tout ceci pour améliorer davantage l’expérience client. Ces investissements ont toujours été accompagnés d’une réduction de coûts pour augmenter encore plus notre compétitivité et ainsi continuer à offrir des tarifs attractifs à nos clients », explique le directeur financier Jan De Raeymaeker.

Brussels Airlines peut ainsi se dire sur la bonne voie pour revenir à la rentabilité en 2015, malgré « une concurrence encore plus forte et d’une croissance économique toujours faible » selon le CEO qui déclare : « nous continuons avec notre stratégie pour nous positionner sur le marché avec une offre de produits encore plus attrayante. Cela ne signifie pas que la pression sur nos coûts ne reste pas importante. Bien au contraire, sans compromettre notre service de qualité, nous continuons à faire tout notre possible pour réduire encore nos coûts de sorte que nous demeurions à l’avenir une compagnie aérienne compétitive sur un marché aux prix serrés. Nous prévoyons ainsi d’accueillir plus de sept millions de passagers en 2015 ». La baisse du prix du carburant va contribuer à la poursuite de l’amélioration des résultats, mais cet effet ne doit pas être surévalué. En effet, le dollar est devenu plus cher par rapport à l’euro et l’approvisionnement en kérosène est réalisé par un achat à l’avance (fuel hedging).

En 2015, la flotte sera à nouveau élargie avec deux avions moyen-courrier supplémentaires et le réseau étendu avec neuf nouvelles destinations: Billund, Bordeaux, Calvi, Dubrovnik, Ibiza, Lourdes, Olbia, Saint-Pétersbourg et Zagreb. De plus, en étroite coopération avec plusieurs grands tour-opérateurs beaucoup plus de vols vacances seront opérés. Brussels Airlines va cette année « investir 25 millions d’euros, notamment dans un nouveau programme de fidélisation qui sera lancé plus tard en 2015. Cela fait partie d’un programme d’investissement étalé sur les trois prochaines années, représentant un total de 70 millions d’euros », fait remarquer le directeur financier.

On retiendra aussi que Brussels Airlines a transporté 449.477 passagers en février, une hausse de 10,7% par rapport au même mois l’année dernière. La croissance réalisée principalement sur le réseau européen a entrainé une amélioration du coefficient d’occupation de 2 points à 64,5% (SKO +5,5%, RPK +8,8%). La compagnie insiste sur le fait que les vols intra-européens ont contribué à cette évolution positive : à bord de ses vols court- et moyen-courriers, Brussels Airlines a accueilli 12,6% passagers supplémentaires. Le nombre de passagers sur l’Afrique et à destination de New York ont connu une croissance de respectivement +0,4% et +0,2%.

http://www.air-journal.fr/2015-03-13-brussels-airlines-pertes-limitees-en-2014-5140496.html

Commentaire(s)

  1. Publié le 13 mars 2015

    Correctif, Mr Duclos: s’il est vrai que ses avions sont immatriculés en Belgique et qu’elle a conservé le code IATA (SN) de la defunte Sabena, Brussels Airlines n’est aucunement la compagnie »nationale »belge et ne se présente d’ailleurs jamais comme telle. Ce pays fédéral est composé de trois régions dotées d’une très large autonomie: Bruxelles, Wallonie et Flandre. Seules les deux premières ont adhéré à et financé Brussels Airlines. La Flandre, de son côté, participe à la Cie VLM (traduction: Cie aérienne flamande). Brussels Airlines est une pure compagnie privée soutenue par deux régions, mais sans intervention politique de celles-ci.
    Ses résultats vont dans le bon sens grâce à des efforts communs: pas de folie des grandeurs, direction compétente, conciliation positive des syndicats PN, synergies StarAlliance et surtout apport de pax LH sur le réseau africain
    Continuez comme cela et vous serez dans le « vert » !

    • Publié le 13 mars 2015

      1) Certes, seules Bruxelles et la Wallonie ont investi dans le capital de Brussels Airlines. Mais la compagnie est clairement l’héritière de la Sabena, elle a ses bureaux en Flandre, vole depuis Zaventem, affiche le drapeau belge sur ses avions et met en avant sa « belgitude » (il suffit de voir son offre gastronomique en affaires, où chaque province belge est mise en avant à tour de rôle). Donc, oui, dans le langage courant, rien d’étonnant à ce qu’on l’appelle « compagnie nationale » (même si aujourd’hui ce concept ne veut plus dire grand chose)

      2) La Flandre n’est pas actionnaire de VLM. La compagnie a fait l’objet en novembre passé d’un rachat par le management, sans la moindre intervention capitalistique publique

    • Vincent
      Publié le 14 mars 2015

      Exact, MICKEY.

      Plus précisément : BRUSSELS AIRLINES appartient à AIRHOLDING. Au sein de cette entité, intervient LUFTHANSA pour 45 % (qui souhaiterait passer à 100 %), et pour 55 % divers investisseurs, dont les régions wallone et bruxelloise.

      Là ou LIONEL en revanche a en partie raison, c’est qu’en effet BRUSSELS AIRLINES s’est constituée sur les ruines de SABENA. Sauf que SABENA était avant sa disparition déjà propriété de feu SWISSAIR.

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