Iran : une aubaine pour Airbus et Boeing

aj_iran air a300-600

La levée des sanctions contre l’Iran suite à l’accord sur le nucléaire pourrait représenter une aubaine pour les avionneurs, au premier rang desquels Airbus et Boeing, la demande en avion neuf étant estimée à au moins 400 appareils dont la moitié en monocouloirs.

Lors du Salon du Bourget le mois dernier, le ministre iranien des transports Abbas Akhoundi déclarait selon l’agence IRNA que l’Iran aura besoin d’au moins 400 avions neufs d’ici vingt ans, pour remplacer les flottes de la quinzaine de compagnies aériennes dont Iran Air ou Mahan Air, dont la moyenne d’âge est supérieure à 22 ans. Un contrat que le ministre estimait à 20 milliards de dollars, l’agence de presse iranienne soulignant qu’au Bourget « les dirigeants de l’industrie aéronautique faisaient la queue pour le rencontrer » ; Fabrice Brégier pour Airbus et Marty Bentrott pour Boeing reconnaissaient que la taille de l’Iran en faisait une cible de « grand potentiel ».

La compagnie nationale Iran Air, qui fut avant la révolution la plus grande de la région (elle avait commandé des Concorde), opère à ce jour 36 avions dont des Fokker 100, Airbus A300, A310 ou A320, Boeing 747-200 approchant la quarantaine ou McDonnell-Douglas MD82, d’une moyenne d’âge de 27 ans. Son CEO Farhad Parvaresh déclarait l’année dernière à Bloomberg qu’elle aurait besoin de cent nouveaux avions, des monocouloirs aux plus gros porteurs ; il se disait alors intéressé par les gammes des deux avionneurs, citant en particulier les A330 et A350 d’une part, et les 777 et 787 de l’autre. Airbus et Boeing ne sont cependant pas seuls sur le marché des monocouloirs, où ATR, Bombardier, Embraer mais aussi Sukhoi voire COMAC ont leur mot à dire.

Et même si des avions plus récents ont réussi par des moyens détournés à rejoindre les flottes des compagnies aériennes, l’embargo touche aussi la fourniture de pièces détachées ; la moitié des 90 avions cloués au sol ces dernières années par les compagnies iraniennes pourraient revoler avec la maintenance appropriée, estimait le CEO d’Iran Air.

Certains analystes comparent déjà la possible ouverture du marché iranien à celle de l’ex Union Soviétique il y a vingt ans, même si l’achat d’avions neufs n’est pas la seule solution aux problèmes rencontrés par le transport aérien depuis l’imposition des sanctions : les infrastructures, et en particulier les aéroports et le contrôle aérien, ont besoin eux aussi d’un coup de neuf si l’Iran veut effacer l’image donnée par les crashes de ces dernières années.

http://www.air-journal.fr/2015-07-15-iran-une-aubaine-pour-airbus-et-boeing-5147264.html

Commentaire(s)

  1. Alain

    Je doute que les compagnies aériennes iraniens se tournent vers les chinois ou les russes. Ils avaient l’occasion de le faire ces 40 dernières années, mais préféraient utiliser leur 747 de première génération.

    J’imagine des commandes pour Bombardier, et Boeing. Airbus devra peut être attendre. Ils faisaient partie du clan des plus hostiles à l’accord.

    À voir…

    • +1
      Il faudrait déjà que les modèles russes ou chinois soient opérationnels rapidement. Peut-être quelques-uns en reconnaissance d’une amitié politique de longue date.
      J’imagine qu’un des arguments des constructeurs sera des créneaux de livraison rapides. Les loueurs qui en ont déjà réservé peuvent également être sur les rangs.
      Iran air, bientôt un nouveau concurrents des Gulfsisters? pas avant 10 ou 15 ans probablement. Quant à l’intégration dans une alliance, il faudra une mise à jour des procédures.
      De toute évidence la course aux contrats est déjà lancée.

    • Au regard de l’excellence des relations entre l’Iran et le Brésil et de l’animosité qui règne entre le Canada et l’Iran (même avec cet accord), on peut oublier Bombardier (pendant très longtemps!!!). Sukhoi et Embraer ont une bonne longueur d’avance pour les monocouloirs tandis que Airbus est mieux placé que Boeing pour les gros porteurs.

  2. Erik de Nice

    La France, pour une fois, à souvent entretenue une diplomatie « constructive » avec l’Iran et ça devrait payer tot ou tard pour Airbus..
    Le triple 7 est également un sérieux client mais pour le marche mon couloir, la je pense que là famille 320’s va faire un carton..

  3. Sam

    Bonnes nouvelles pour l’agence d’IranAir sur les Champs Elysées. En passant fréquemment devant cette agence désertique, sans aucun client souhaitant partir pour l’Iran (sauf la diaspora), l’accord sur le nucléaire permettra à cette compagnie de se développer.

    Une petite question aux internautes, savez-vous si cet accord inclue aussi la possibilité pour Paris (et d’autres pays européens) d’approvisionner les avions d’IranAir en kérosène? Si ma mémoire est bonne, la liaison Paris-Téhéran contient une escale à Rome ou Berlin pour réapprovisionner l’avion de carburant.

    • Pépère

      Non, non, il n’y a pas que des fantômes à l’agence, mais aussi des pax qui se rendent ds ce pays fantastique.
      @Bencello: IranAir concurrençant les GulfSisters ? pourquoi pas, mais la logique me semble différente compte tenu de la population du pays de 75 millions d’habitants et de la diaspora aux USA et en Europe dont bcp en France, UK, Scandinavie. ça devrait remplir les avions pour qques temps.

  4. chiefpilot

    Et du pétrole en plus qui va inonder un marché déja surabondant

  5. mnbee

    L’Iran achetant des triple 7 au grand satan. Ah ah ah…

  6. Erik de Nice

    SAM : je confirme que ta mémoire subit quelques ratés… Orly/Téhéran est couvert sans escale en 300-600.
    En attendant mieux mais il faut savoir egalement que peu de Compagnies au monde peuvent se targuer de faire voler chaque jour des 747-200, des 300-600 et des 310-200 avec un tel bilan sécuritaire…

  7. La lecture de plusieurs posts montrent l’ignorance de beaucoup sur la geopolitique de la région. Car je ne vois pas comment les americains pourraient laisser filer les juteux contrats iraniens. D’une part, c’est le résultat de leur lobbying intense qui a payé avec Obama en tête, qui a couché Israel. La France a traité ce dossier au second degré. N’oublions pas le lourd tribut payé par les américains en Iran et surtout, le refus de la France de fournir a l’Iran l’assistance technique pour les Mirages qu’il ont remplacé par des F14 americains bref, je crois que tout le monde a compris…

  8. Erik de Nice

    L’Iran vole depuis plus de 40 ans avec des Boeing achetés au Grand Satan et le business ne balance des frontières géopolitiques..
    Qui aurait prédit il y à encore 25 ans que la Compagnie Aeroflot desservirait des destinations aux USA en Boeing??
    Je ne parle même pas de TransAero.
    Des triples 7 aux couleurs d’Iran Air et des 350 voleront aussi bien que les 747-200 sans que cela ne choque qui que se soit..

Les commentaires sont fermés. Continuez la discussion sur le forum