L’USPNT dénonce les dérives du co-avionnage

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L‘Union Syndicale du Personnel Navigant Technique (USPNT) a alerté au début du mois d’août la Ministre de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie sur l’apparition et le développement en France d’une forme illicite de transport de passagers par avion, ULM et hélicoptère, par le biais de passerelles internet dites de co-avionnage.

Ces vols, contournant la réglementation française et internationale relative au transport public de personnes, présentent un caractère inquiétant, indique le communiqué cde presse du 8 septembre 2015 de l’USPNT. Ils peuvent en effet être effectués par des pilotes privés peu expérimentés, avec un suivi médical pouvant être quasi inexistant, à bord d’avions dont ils ne sont pas forcément propriétaires, parfois immatriculés à l’étranger, en s’affranchissant des contraintes et limitations réglementaires (limitations d’heures de vol, exigences de maintenance spécifique au transport public de passagers par aéronef, obligation de détenir des manuels d’exploitation).

Ils portent atteinte à la sécurité aérienne et à la sûreté nationale, au vu de l’absence de contrôles pour les passagers et leurs bagages. Ils offrent des possibilités de contournement des contrôles douaniers et d’affranchissement des taxes et contributions destinées aux budgets et aux régimes collectifs. En cas d’incident ou d’accident, la couverture des contrats d’assurance est exposée aux clauses d’exclusion. D’autre part, ces pratiques se font au détriment des pilotes professionnels français, dont un grand nombre est à la recherche d’emploi.

Alors que nous devons déjà faire face au dumping social et aux attaques sur le transport aérien français, par les subventions déguisées des compagnies aériennes du Golfe, les pratiques des compagnies low-cost jouant à la marge des règles, utilisant des pavillons délocalisés, obligeant leurs pilotes à travailler de manière précaire via des contrats d’auto-entrepreneurs dans des pays à faible protection sociale, payant leur formation et leurs uniformes, voire les obligeant à payer pour travailler (« pay to fly »), l’USPNT ne peut accepter les dérives du co-avionnage.

L’USPNT conseille vivement aux passagers de ne recourir aux services des pilotes privés que pour des vols de découverte ou des baptêmes, dans des aéroclubs et écoles de pilotage exerçant dans un cadre non commercial, qui ont promu et fait vivre l’aviation générale depuis un siècle en France.

Les passagers souhaitant emprunter des trajets aériens doivent se tourner vers les différentes compagnies d’aviation d’affaire et d’aviation taxi françaises exerçant dans un cadre réglementaire, garantissant tous les critères de sécurité. L’USPNT demande aux services de l’état d’agir rapidement pour, comme l’autorité de l’aviation civile aux USA, faire fermer ces sites de co-avionnage et ainsi faire cesser leurs pratiques préjudiciables.

Plus largement, compte tenu du nombre de pratiques illicites que la recherche de profit de la situation dramatique de l’emploi pilote en France suscitent (pay-to-fly, délocalisations fiscales, dérégulation du marché de l’emploi, etc.), l’USPNT va continuer à oeuvrer au sein des fédérations européennes et internationales des Travailleurs des Transports auprès des instances européennes et de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) afin de faire cesser le dumping social qui déferle sur le transport aérien communautaire et ses employés au détriment de la sécurité des vols ainsi que des conditions de travail des salariés.

L’USPNT interroge l’Etat Français sur sa réelle volonté de préserver un transport aérien national. La récente décoration accordée au PDG de Qatar Airways, compagnie aérienne ne respectant ni les règles du commerce international ni les droits les plus élémentaires de ses salariés, l’oubli des recommandations du rapport Le Roux sur la situation des compagnies aériennes françaises commandé par ce même gouvernement, et les diverses actions et décisions prises, nuisibles aux compagnies françaises, sont des signes forts qui renforcent chaque jour notre inquiétude que le secteur aéronautique Français ne subissent le même sort, 30 ans plus tard et pour les mêmes raisons, que la marine marchande.

http://www.air-journal.fr/2015-09-10-luspnt-denonce-les-derives-du-co-avionnage-5150057.html

Commentaire(s)

  1. Il serait temps de s’ouvrir un peu l’esprit .. !!
    Franchement, une bande d’étudiants qui mettent en place des sites de partage de frais, pour permettre à des gens de découvrir ce qu’est le vol privé dans un cessna 170, faut être vraiment tordu pour parler de pratiques illégales, risques pour l’emploi, sécurité.. Non mais?! Si vous n’avez pas confiance en votre pilote, il s’agirait de critiquer le PPL et la formation associée ! Pas le pauvre site internet qui fait preuve de créativité !

    Franchement, ca donne mal au coeur de lire des communiqués comme ca. A croire que le vol de découverte, les baptêmes, sont la chasse gardée, la propriété des présidents d’aéroclubs. OUi, notre pays a 40 000 PPL, le plus haut nombre d’Europe, des dispositifs avantageux pour devenir pilote privé (statut d’association des aéroclubs) etc, mais vraiment c’est un caractère bien francais de critiquer tout ce qui innove.

    C’est lassant. Les français (et je me mets dans le tas), ont tendance à se mettre des oeillères et à voire dans les innovations et nouveaux services QUE les points négatifs. Aberrant. (taxis, airbnb, et maintenant co avionnage? ).
    Ridicule.

    • +1

      d’ici à ce que ce cher USNPT parle d’UBERisation du ciel, il n’y a qu’un pas qui ne va pas tarder. Vont-ils dès lors brûler les avions réalisatn ces vols privés ? il en serait bien capables, trop occuper à vouloir continuer à manger leur pain blanc. En espérant que celui-ci devienne de plus en plus noir pour des personnes si fermés d’esprits trop aigris à vouloir défendre leurs uniques intérêts^^

  2. Je rajoute: qu’on s’occupe de régulariser et d’homogénéiser les régulations en Europe, au lieu de se focaliser sur les startups qu’on tue dans l’oeuf.

    • Je crois qu’ils en parlent justement qu’ils s’occupent de ça au niveau Européen et International…
      Regardes leur site USPNT c’est pas trop mal et surtout y a leur dossier sur le coavionnage. Faut se taper les 30 pages, mais c’est intéressant et argumenté.

  3. Vincent

    « Ils peuvent en effet être effectués par des pilotes privés peu expérimentés, … » : quelle grotesque condescendance !

    Tout pilote privé aborde dans sa formation le décrochage (et le virage engagé, voire la vrille), et ce en situation pratique. La catastrophe du vol AF447 nous apprend que tel n’est pas le cas chez AF !

    Et quel est l’une des conclusions de rapport Colin : contraindre le PNT d’AF de voler régulièrement en aéroclub, afin de s’entraîner aux techniques du pilotage. Incroyable, mais VRAI !

    • Vincent

      Et quelle est…

    • Rogerwilco

      Comparer un Airbus au fl370 a M 0.82 avec un dr400 à 3000 ft c’est faire la preuve de sa total incompréhension de l’aérodynamique et de l’aviation en général.
      Dans un Airbus ce sont les calculateurs qui donnent des ordres aux gouvernes , pas le pilote ,ce dernier ne pouvant qu orienter la trajectoire ( si c’est encore possible ) .
      Tous les pilotes de ligne du monde sont également pilotes d’avion léger , là n’est pas la question.
      Au cours d’un exercice de décrochage on n’ apprend pas à l’élève pilote à trimer à fond a cabrer pour en sortir . C’est pourtant ce qu’a fait le calculateur du330 .
      Un avion qui prétend savoir piloter à la place des pilotes devrait alors savoir sortir du décrochage . Il n’en est rien.
      Tout ceci n’a aucun rapport avec l’article Mr Vincent , vous en conviendrez…

  4. Faut évoluer les gars ! uberpop, rb&b, blablafly c’est dans l’ordre des choses….

  5. Cette dénonciation est probablement bien justifiée. Dommage qu’en fin de communiqué on retombe sur le blabla général d dumping social, méchantes compagnies du Golf, etc, etc.

  6. Surtout des compagnies comme celles du Golfs qui traitent leur personnel en esclaves: sous-payés, torturés, menaces de les déposer en plein désert ou de leur famille restée au pays, confiscation du passeport, etc…
    Mais les bulots ploucs ne comprennent pas ça avec leur petites cervelles surtout un de Nice!

  7. Hors toute considérations à propos d’internet et ces nouveaux sites, ca date de bien avant le WWW. Cette polémique me fait penser à l’accident qui au terme de nombreuses années de souffrance couté la vie à Diane Barière. Elle était à la tête du plus grand groupe français d’Hôtels de luxe et à pris un avion taxi sur recommandation d’un ami avec un équipage totalement inexpérimenté qui est tombé en panne de carburant et n’ont même pas réussi un atterrissage d’urgence en terrain plat. C’est ces pseudos compagnies qu’il faut interdire.

  8. juju

    co-avionnage en ULM !!!! lol !!!! et je suis pilote ULM
    ou vont-ils chercher ça l’USPNT ?
    mdr

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