Qantas ne veut plus des huit derniers A380

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Le CEO de la compagnie nationale Qantas a exprimé son intention de renoncer aux huit Airbus A380 figurant dans ses carnets de commandes, les douze en service suffisant à répondre à la demande.

Interrogé le 5 aout 2016 lors d’une conférence à Brisbane, le patron de la compagnie nationale australienne Alan Joyce a expliqué que « son intention est de ne pas prendre » les huit superjumbos. Il a expliqué que le réseau actuel des A380 « fonctionne très bien », mais que Qantas a du mal à envisager un réseau pour les huit exemplaires en attente de livraison. La compagnie n’a pas été jusqu’à annoncer l’annulation de la commande, les négociations avec Airbus ne devant pas être simples ; elle a juste suivi l’exemple d’autres compagnies telles que Virgin Atlantic (six A380 commandés) et d’autres, qui reportent sans cesse les livraisons sans pour autant les annuler en attendant de trouver une alternative : la compagnie britannique vient par exemple de commander huit A350-1000, et en prendra quatre de plus en leasing.

En juin dernier, le même Alan Joyce annonçait qu’il examinait clairement la possibilité d’intégrer l’A350-900ULR au sein de sa flotte à partir de 2020 pour des vols sans escale de plus de 16 heures, l’objectif ultime de la compagnie de l’alliance Oneworld étant de relancer un Sydney – New York. Il précisait à l’époque que le Boeing 777-8X, également envisagé, « ne va pas être disponible avant 2022-2023, peut-être un peu plus tard ». Et il affirmait que les deux avionneurs « maintiennent toujours des créneaux de livraison pour de grandes marques telles que Qantas, de sorte que nous soyons en mesure d’en avoir la disponibilité quand nous en aurons besoin ». Déjà en novembre 2015, il précisait que les 777-8X remplaceraient les A380 « vieillissants » dans sa flotte…

Qantas opère aujourd’hui sur le long-courrier douze A380 donc, 28 A330 et onze 747-400 qui seront partiellement remplacés à partir de 2017 par huit 787-9 Dreamliner (sans compter 15 options existantes sur ce même modèle).

Rappelons qu’Airbus a annoncé un ralentissement de la production des A380 à douze exemplaires par an en 2018, tandis que Boeing envisage désormais d’arrêter celle des 747-8. Emirates Airlines, le plus gros client des superjumbos, Etihad Airways, Qatar Airways, Asiana Airlines et la compagnie de lancement Singapore Airlines attendent encore des livraisons d’A380. Au 31 juillet 2016, Airbus affichait 319 commandes pour les superjumbos, dont 193 en service chez 13 compagnies aériennes.

http://www.air-journal.fr/2016-08-08-qantas-ne-veut-plus-des-huit-derniers-a380-5167454.html

Commentaire(s)

  1. 777olivier
    Publié le 8 août 2016

    Triste nouvelle pour l’A380 mais en même temps tellement prévisible et qui confirme bien toutes mes analyses sur ce trop fabuleux avion dont personne ne veux vraiment. Une formidable démonstration technologique de la capacité d’Airbus à innover et dépasser le géant Américain mais a quel prix ? Quelques années plus tard pas de nouvelles commandes et pires Annulations de commande en pagaille Air France, Virgin qui les repousse, Malaysia qui s’en débarrasse quantas qui n’en veut plus. Skymark qui coule etc… Un véritable désaveu de l’industrie Aéronautique.

    Personnellement [et c’est bien une des première fois] j’ai amèrement regretté les Airbus A340-500 et 600 qui étaient vraiment des magnifiques machines.

    Il en reste quelques exemplaire encore en service mais à mon sens Airbus aurait dû bifurquer après cet échec sur l’A350 d’autant plus que l’A330 qui semblait être en fin de vie est un des meilleurs appareils qu’il ait produit et dont le succès ( aux vu du carnet de commande) ne fait maintenant aucun doute.

    La Fin du Boeing 767 lui a laissé cependant une belle autoroute et il reste une excellente alternative même si il est de conception ancienne et qu’il ne pourra jamais rivaliser avec le 787-8 notamment sur les étapes très long courrier.

    La formule du succès était là biréacteur long/très long courrier. L’A350 est là pour rattraper ce retard et Boeing peu maintenant trembler good news ?

    • lola
      Publié le 8 août 2016

      Votre analyse n’est pas bonne concernant la création de l’A380 puisque vous citez vous-même uniquement des compagnies en proie à des problèmes financiers ou en phase de restructuration…

      • Ah oui donc selon vous quand tout va bien on peut se permettre d’acheter des A380 en pagaille?
        Virgin ne va pas mal
        Quantas ne vas pas mal
        ANA ne va pas mal et pourtant elle n’en voulais pas des A380 hérités de la defunte skymark !!
        Donc heuh la je comprend pas mais je serai ravi d’avoir vos commentaires!!

  2. wallie
    Publié le 8 août 2016

    Il est toujours facile de refaire l’histoire & ses conclusions qui en découlent … mais a mon avis la vrai problématique n’est pas un choix de type d’avion mais le réel décalage qui existe entres des compagnies qui doivent sans cesse s’adapter au demandes & contraintes qui changent en permanence et des constructeurs qui ont besoin de beaucoup d’années (& d’argent) pour proposer des modèles vraiment innovants, le dernier exemple étant Bombardier qui met presque 10 ans pour mettre en série sa série CS

  3. Je note que les commentaires du VRP de Boeing 777Oliver, naguère caricaturaux, se font de plus en plus nuancés. Les carnets de commandes respectifs d’Airbus et de Boeing l’auront ramené à plus de raison dans ses analyses.

    • Heuh pourquoi etre dans la caricature et penser que je suis le VRP de boeing ???
      N’importe quoi !!!
      Dire que Boeing fait des avions qui marchent et par ailleurs de magnifiques machines qui on fait rêver la terre entière c’est mal?
      Bien sur qu’Airbus n’a pas eu que des échecs et bien sur il y a des avions que j’aime chez eux même si ils on fait un bide commercial !!!

  4. Filoustyle
    Publié le 8 août 2016

    Je rappelle à tous ou je leur rappelle que Airbus avec l’A380 et arrivée à la rentabilité cette année donc arrêter de dire que c’est un échec au contraire c’est un vrai succès on fera les comptes des ventes dans 30 ans pas avant si l’on veut le comparer au 747 moi je crois à ce projet mais faut être patient.
    Pour avoir testé tout type de gros porteur niveau confort et silence il est incomparable longue vie à lui

    • Bonjour,

      Votre propos est à nuancé par son manque de précision seulement le développement est le MSN 01 sont arrivé à rentabilité le programme lui n’est pas (encore)rentable (frais de développement supplémentaire, campagne de retrofit, cout et surcout de production ect…

  5. Publié le 8 août 2016

    Personnellement, je maintiens à dire que le 380 est probablement l’avion le plus confortable de sa génération (loin devant le 787). Spacieux (même si les compagnies sont maitres de l’aménagement intérieur et de l’espacement des sièges), extrêmement silencieux (ce qui est un des premier gage de confort dans un avion), dès plus « stables » (les turbulences sont très « amorties » et il n’était pas rare lors de mes derniers voyages en 380 de ne même pas me rendre compte qu’on avait atterrit)…

    Par ailleurs, on à beau dire tout ce qu’on veut, il est quand même beaucoup plus sécurisant de traverser l’Atlantique ou le Pacific avec un quadri-réacteurs, plutôt qu’avec un bi-réacteur…

    Je n’ai jamais trouvé les 340 confortables… extrêmement bruyant, des longs tubes interminables – surtout dans la version la plus longues… d’ailleurs le 340 n’a pas réellement brillé par son succès commercial. Seul avantage, là aussi la « sécurité » du quadriréacteurs face au 330 et autres 767, 777 et 787….

    Je pense que le 380 peut encore décoller, surtout si il est utilisé dans des configuration haute densité comme cela aurait pu être le cas sur des dessertes comme Tokyo-Osaka, ou sur les destination loisir comme les TOM.

    Enfin n’oublions pas qu’aucune compagnie aérienne américaine n’a souhaité en acheté. On voit là encore la force du lobby Boeing qui voyait dans le 380 le fossoyeur – à juste titre – du 747-800 et qui a tout fait – comme à l’époque du Concorde – pour détourner ses clients américains du 380. Cet appareil a tout à fait un sens pour des liaisons entre les USA et Hawaii ou certaines villes d’Amérique du Sud… entre autres…

    • L’argument de la sécurité en faveur des quadriréacteurs est discutable.

      Un biréacteur peut voler sans difficulté majeure avec un seul moteur. Et deux moteurs de plus, c’est aussi deux sources potentielles supplémentaires d’incendie ou d’explosion endommageant la structure ou des systèmes vitaux de l’appareil (circuits hydrauliques ou électriques, réservoirs…).

      Statistiquement, la sécurité supérieure des quadriréacteurs n’est pas démontrée. Par exemple, les Boeing 747 ont proportionnellement connu bien plus d’accidents mortels que les 777.

      Cependant, il faut constater que l’A380 n’a connu à ce jour aucun accident mortel, ce qui en fait aujourd’hui, en termes statistiques, l’avion commercial le plus sûr du monde. Constat qui doit toutefois être relativisé par sa relative jeunesse et le nombre d’appareils en opérations.

  6. TIM
    Publié le 8 août 2016

    Qantas avait commandé ces 8 avions supplémentaires fin 2006 et maintenant elle n’en veut plus? Déjà à l’époque j’étais surpris de cette commande, notamment parce que l’a380 traversait une crise grave liée à des problèmes de cablages qui ont retardé les livraisons.

  7. Pas vraiment surprenant. Qantas est victime sur ses lignes intercontinentales de la concurrence des A380 d’Emirates, le partenariat entre les deux compagnies profitant largement à la seconde, en termes opérationnels du moins (je ne connais pas les contreparties commerciales et financières).

    Bon, eh bien, c’est une bonne nouvelle pour l’A350 XWB et une mauvaise nouvelle pour le Fireliner de Boeing, ça. Pour éviter de lourdes pénalités contractuelles, huit A380, ça doit se convertir en une bonne douzaine d’A350. Je parie sur des A350-900 ULR et/ou des A350-1000.

  8. FlySSC
    Publié le 8 août 2016

    L’A380 est le pêché d’orgueil d’AIRBUS, la grenouille qui s’est voulue aussi grosse que le boeuf.
    Cet avion est est trop gros, trop lourd, et surtout pas assez polyvalent. Ses qualités techniques et sa technologie ne sont pas en cause, c’est juste qu’il n’est pas adapté aux besoins des compagnies d’aujourd’hui (et ne venez pas me parler d’Emirates. Emirates n’est pas une compagnie mais une « administration » subventionée sans limote par l’Emirat. Elle commande pour des raisons de prestige à-peu-près tout et n’importe quoi, vu qu’elle n’ a aucun impératif de rentabilité)

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