Lors de sa deuxième audition devant le Congrès américain mercredi, le CEO de Boeing Dennis Muilenburg a affirmé avoir la « responsabilité de diriger la société dans ses problèmes avec le 737 MAX », et donc qu’il ne présentera pas sa démission. Les compagnies aériennes Qantas et Southwest Airlines intensifient l’examen de leur flotte de 737NG après avoir découvert des fissures sur certains exemplaires.

Après son audition devant les sénateurs mardi, le dirigeant de Boeing a fait face pendant cinq heures le 30 octobre 2019 à la Chambre des représentants, toujours au sujet de la crise du 737 MAX suite à deux accidents en cinq mois qui ont fait 346 victimes. A la demande d’une députée de Floride sur son intention de démissionner, Dennis Muilenburg a répondu non. « J’endosse la responsabilité des deux accidents qui se sont produits sous ma direction, et je n’ai pas l’intention de fuir devant les défis. Mon intention est d’aller jusqu’au bout » de la crise, a déclaré le CEO. Dont la rumeur veut qu’il soit le prochain grand dirigeant de Boeing à partir, après celui de la division Avions Commerciaux Kevin McAllister (Dennis Muilenburg a déjà perdu son titre de chairman).

Pour le reste, l’audition a surtout été marquée par la violence (attendue) de certaines attaques dont celle du représentant de l’Illinois Jesus Garcia : « M. Muilenburg, vous avez tout fait pour faire passer les profits avant la sécurité. Vous avez contourné les exigences de certification ou les organismes de réglementation à chaque coin de rue, et vos employés admettent même avoir menti à la FAA. Il y a essentiellement deux façons de procéder. Soit vous n’avez vraiment pas réalisé que vous aviez un avion défectueux, ce qui démontre une incompétence ou une négligence grossière, soit vous saviez que vous aviez un avion défectueux, mais vous avez quand même essayé de le mettre sur le marché. Dans ce cas, c’est de la corruption évidente ». Avant d’ajouter : « maintenant 346 personnes, dont 8 Américains, sont mortes sous votre surveillance… Je pense qu’il est temps que vous remettiez votre démission, n’est-ce pas ? » – sans obtenir une réponse différente.

Boeing : pas de démission du CEO, des fissures sur les 737NG 1 Air Journal

©Boeing

Autre problème affectant les monocouloirs de Boeing, la découverte de fissures structurelles sur les 737NG (modèles -600, -700, -700C, 800 et 900ER). La FAA a ordonné fin septembre une inspection sous sept jours de tous les appareils ayant effectué plus de 30.000 vols au niveau du « pickle fork », partie de l’avion qui permet de lier les ailes au fuselage et de gérer les contraintes et les forces aérodynamiques. Les compagnies aériennes GOL, Southwest Airlines et Korean Air entre autres ont déjà été contraintes d’immobiliser des appareils suite à la découverte de ses fissures. Hier, c’était au tour de Qantas d’annoncer qu’un de ses 737 souffrait en effet du problème, et qu’il avait été retiré du service. Mais un syndicat de techniciens affirme que des fissures affectent un deuxième 737, et appellent la compagnie aérienne à clouer au sol l’ensemble de ses monocouloirs. « Irresponsable » selon Qantas qui précise selon TNVZ qu’aucun de ses 737 n’a atteint le seuil des 33.000 vols : les 33 appareils (dont celui affecté) ayant décollé plus de 22.600 fois « auront été examinés d’ici vendredi », assure la compagnie qui opère au total 75 Boeing 737.

De son côté la low cost Southwest Airlines a annoncé avoir étendu à l’ensemble de sa flotte de 737NG (509 737-700, 207 737-800) la recherche des fissures, même si seulement trois problèmes ont été détectés jusque là. D’autres compagnies dont American Airlines et United Airlines n’ont rien trouvé à ce jour. La FAA avait recommandé pour les appareils ayant effectué entre 22.600 et 29.999 cycles une inspection « sous mille cycles ». Le coût des réparations est estimé à 275.000 dollars par avion.

Boeing : pas de démission du CEO, des fissures sur les 737NG 2 Air Journal

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