Les compagnies aériennes Air Sénégal, Air Tanzania et EgyptAir envisagent des actions communes suite aux problèmes récurrents des moteurs Pratt & Whitney de leurs Airbus A220-300.

Les malheurs du motoriste Pratt & Whitney ne sont pas nouveaux et concernent plusieurs types de moteurs, mais ce sont les PW1524G-3 équipant les A220-300 qui pourraient réunir les trois opérateurs basés dans les aéroports de Dakar-Blaise Diagne, Dar Es Salaam-Julius Nyerere et Le Caire. Poursuite en justice contre Pratt & Whitney pour « manquement à l’obligation contractuelle de fournir des moteurs supplémentaires en cas de défaillance », ou demandes d’indemnisation pour l’immobilisation au sol des monocouloirs conçus au Canada font partie des mesures évoquées par les compagnies nationales sénégalaise, tanzanienne et égyptienne. Les rapports de rencontres entre leurs dirigeants circulent depuis plusieurs semaines. 

Air Sénégal a cloué au sol son unique A220-300 (8+125), quatre autres étant théoriquement attendus (elle n’a toujours pas confirmé la rumeur persistante d’une annulation de leur location en 2021 chez Macquarie Air Finance).  Air Tanzania n’utilise qu’un de ses quatre A220-300 (12+120), tandis qu’EgyptAir (les 12 commandés ont été livrés, configurés pour 137 passagers) en a immobilisé sept selon Planespotters.

Ladislaus Matindi, CEO d’Air Tanzania, a expliqué dans The East African que les problèmes des Airbus A220-300 et de leur moteurs ont été rencontrés « par toutes les compagnies aériennes exploitant ce modèle. Les moteurs PW1524G-3 fabriqués par Pratt & Whitney pour les avions A220-300 sont censés être déposés pour maintenance après 5260 atterrissages, mais en raison de défauts de conception des moteurs, ils sont déposés avant même 1000 atterrissages ». Plus encore que ce défaut, ce sont le manque de pièces détachées et le manque de moteurs de rechange qui affectent les opérateurs de l’A220. Le dirigeant a ajouté : « Nous avons entamé des négociations à l’amiable avec la société pour résoudre les graves problèmes de moteur afin que les avions puissent reprendre leurs opérations de vol normales. Mais si les négociations à l’amiable échouent, nous pourrions recourir à une action en justice ».

Pratt & Whitney a publié un communiqué suite à la multiplication des problèmes, expliquant que « la disponibilité des moteurs est sous pression dans l’ensemble de l’industrie, notamment en raison de la disponibilité du matériel nécessaire à la mise à niveau et à la révision des moteurs. Nous avons mis au point un certain nombre de stratégies d’atténuation pour contrer ces problèmes, notamment en fournissant un soutien logistique plus direct à notre base d’approvisionnement, et en développant des mises à niveau matérielles et logicielles pour prolonger la durée de fonctionnement des moteurs entre les visites à l’atelier. Nous constatons que les normes de production actuelles permettent d’allonger le temps de vol. Nous nous attendons à ce que les pressions sur la chaîne d’approvisionnement diminuent dans le courant de l’année, ce qui permettra d’augmenter la production des moteurs et de réduire l’impact sur les opérateurs ». Avant de rappeler que le moteur GTF « est le moteur le plus économe en carburant et le plus durable pour les monocouloirs, et continue de susciter une forte demande ».

Airbus A220 et moteurs PW : ça râle en Afrique 1 Air Journal

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