Depuis mars 2025, le secteur aérien français subit un alourdissement de sa fiscalité, avec le triplement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). Ce surcoût représente 4,77 euros sur les vols intérieurs ou européens et jusqu’à 120 euros par billet en classe affaires sur le long-courrier.
Selon la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), la hausse de la TSBA, dite « taxe Chirac », s’est répercutée en grande partie sur les prix des billets d’avion, générant jusqu’à deux points d’inflation supplémentaire sur le transport aérien. Outre l’effet sur les prix, l’augmentation de la fiscalité concerne aussi les prestations facturées aux compagnies aériennes, comme les taxes d’atterrissage, de circulation au sol ou de stationnement. Ce phénomène, qualifié de « coûts de touchée », entraîne une dégradation de la position concurrentielle des aéroports français, sur le moyen et le long-courrier, et renforce la concurrence des autres hubs européens et extra-européens pour le trafic de correspondance.
En conséquence, « la position concurrentielle des aéroports français s’est dégradée aussi bien sur le faisceau moyen-courrier (…) que sur le long-courrier, en concurrence avec les hubs, notamment extra-européens, pour attirer le trafic de correspondance », note la DGAC dans son rapport publié cette semaine.
Le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) dénonce ce dispositif fiscal qui, selon elle, nuit à la compétitivité de la destination France : « Dans un contexte de pénurie de flotte pour répondre à la demande croissante, les compagnies court/moyen-courrier européennes procèdent à des arbitrages dans l’organisation de leurs dessertes aériennes en privilégiant celles qui maximisent leurs profits au détriment de celles qui sont le plus taxées. La perte d’attractivité de la France a des effets sur emploi et la connectivité ». En outre, le SCARA craint également un effets potentiels sur l’emploi et la connectivité des régions.
Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM, a souligné jeudi que la hausse de la TSBA pèse sur les résultats trimestriels du groupe, et sur l’ensemble de la chaîne touristique. « Ce ne sont pas seulement les compagnies aériennes qui en pâtissent, c’est tout le secteur du voyage, du tourisme, de l’hôtellerie », a-t-il affirmé.
Pas de rebond du trafic après les JO
Selon la DGAC, l’offre de sièges d’avions n’a augmenté que de 1,4% depuis le deuxième trimestre 2025 en France, contre 4,7% dans le reste de l’Europe, écartant l’espoir d’un rebond d’activité post-Jeux olympiques. La TSBA devrait rapporter 850 millions d’euros supplémentaires par an, majoritairement reversés au budget général de l’État.
L’aviation d’affaires est particulièrement affectée, avec un surcoût pouvant dépasser 2.000 euros par passager. La section France de l’EBAA (European Business Aviation Association) demande une révision du dispositif, qu’elle juge « injuste », « déséquilibré » et « inefficace ». Selon l’association, l’activité des compagnies françaises d’aviation d’affaires a chuté de 21,8% au troisième trimestre, tandis que les opérateurs étrangers ont vu leur activité progresser de 4% sur le territoire.

©Amadeus
julien31 a commenté :
9 novembre 2025 - 11 h 46 min
le sport national est de pénaliser les Français et ceci dans tous les domaines et surtout de ne pas s’attaquer aux vrais problèmes ! les dépenses de l’état et aux gaspillages organisés par 40 années de gouvernance d’incapables , médiocres et laches
Bin a commenté :
9 novembre 2025 - 14 h 28 min
L Italie a fait exactement le contraire regardé le résultat
Nos gouvernants ne connaissent que les taxes!
Déplorables!
tarasboulaba a commenté :
10 novembre 2025 - 9 h 03 min
Quand on n’a compris que le but c’est de tuer le pays.. tout prends sens
Nico a commenté :
10 novembre 2025 - 3 h 38 min
Il n’y a qu’à voir aujourd’hui les députés voter encore et encore des taxes a l’assemblée. Ce gouvernement est a vomir.
Fcb1962 a commenté :
10 novembre 2025 - 8 h 18 min
Ce gouvernement????? Cela fait 40 ans qu’on met des truffes au gouvernement qui ruinent et dilapident le pays.