Le rétablissement progressif des vols domestiques et de plusieurs liaisons internationales au départ de Caracas marque la reprise du trafic aérien vénézuélien, mais dans une FIR de Maiquetía toujours placée sous haute surveillance après l’intervention militaire américaine et la capture de Nicolás Maduro.
Après la spectaculaire intervention américaine du 3 janvier au Venezuela et le transfert vers les États-Unis de l’ancien président Nicolás Maduro, le ciel vénézuélien s’est brutalement vidé : aucun vol n’a survolé le pays pendant près de 48 heures, tandis que des centaines de liaisons ont été annulées dans tout l’est des Caraïbes.
Reprise des dessertes domestiques
Depuis le 5 janvier, les transporteurs nationaux, dont Conviasa, Laser, Avior, Venezolana, Turpial et Rutaca, remettent progressivement leurs avions en ligne sur les liaisons intérieures, et relancent une partie de leurs routes internationales, dans un environnement aérien toujours jugé à haut risque par les autorités occidentales.
Selon les données de suivi de vols et les annonces des compagnies, les transporteurs vénézuéliens ont repris leurs opérations intérieures à partir du 5 janvier, après un arrêt quasi complet des vols les 3 et 4 janvier. ADS‑B et d’autres sources spécialisées indiquent que Rutaca Airlines, Venezolana, Conviasa, Avior Airlines, Laser Airlines ainsi que Turpial ont redémarré leurs programmes domestiques dès la matinée, essentiellement au départ de Caracas et des principaux aéroports régionaux.
Conviasa, compagnie publique, a confirmé le retour à un programme domestique « selon l’itinéraire prévu », avec la remise en ligne de ses tronçons intérieurs à partir de la plateforme de Caracas/Maiquetía. Conviasa dessert notamment les axes Caracas–Porlamar, Caracas–Maracaibo, Caracas–Puerto Ordaz ou encore Caracas–El Vigía, avec une flotte mêlant appareils régionaux et gros-porteurs utilisés ponctuellement sur des lignes à forte demande.
Avior, Laser, Venezolana, Turpial et Rutaca ont, de leur côté, remis en service leurs liaisons entre Caracas et les grandes villes régionales, tout en organisant des vols de protection pour les passagers restés bloqués pendant le week‑end.
International : un ciel rouvert mais toujours sous haute surveillance
Sur le segment international, la situation demeure plus contrastée, avec une reprise partielle des vols vénézuéliens et le maintien de fortes mises en garde de la part des autorités américaines et européennes. Conviasa a indiqué que ses vols internationaux commerciaux continuaient à opérer « selon l’itinéraire programmé », tout en prévoyant la réaffectation des passagers du samedi sans frais via ses canaux de service client. Aerolíneas Estelar a relancé ses liaisons vers Panama et Madrid, assorties d’options de reprogrammation gratuites pour les voyages interrompus les 3 et 4 janvier, tandis qu’Avior a réactivé ses connexions vers Bogotá et Curaçao. Venezolana a annoncé la reprise de l’ensemble de ses routes internationales, replaçant notamment les passagers du vol Caracas–Panama annulé sur la desserte du lundi sans pénalités.
Restrictions FAA, EASA et NOTAM : un espace aérien classé « à haut risque »
Sur le plan réglementaire, l’espace aérien vénézuélien reste sous une surveillance étroite. Le 3 janvier, à la suite des frappes américaines visant des installations au Venezuela, la Federal Aviation Administration (FAA) a émis un NOTAM interdisant temporairement aux opérateurs américains de voler non seulement dans la FIR de Maiquetía (SVZM), mais aussi dans les espaces aériens de Porto Rico, de Curaçao et d’une large partie de la FIR de Piarco couvrant l’arc antillais.
Cette interdiction stricte a été levée en moins de 24 heures, remplacée par des avis de sécurité invitant les compagnies à une « extrême prudence » dans la FIR (Flight Information Region) de Maiquetía et les FIR adjacentes, en raison de la présence de moyens militaires, du risque de tirs sol‑air et d’une possible confusion entre avions civils et aéronefs militaires. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié un bulletin d’information sur les zones de conflit concernant l’espace aérien vénézuélien. « L’AESA, la Commission et les États membres continueront de suivre de près la situation afin d’évaluer si le risque pour les exploitants d’aéronefs de l’UE augmente ou diminue dans les prochains jours en fonction de l’évolution de la menace et des risques », a affirmé l’AESA. L’EASA et plusieurs autorités européennes – dont la France, le Royaume‑Uni et l’Allemagne – recommandent aux transporteurs de contourner l’espace aérien vénézuélien et de prévoir du carburant supplémentaire pour les vols croisant les zones de forte activité militaire.
Le 3 janvier, aucun vol commercial ne survolait le territoire vénézuélien, tandis que des centaines de vols ont été annulés ou détournés dans l’est des Caraïbes, affectant notamment Porto Rico, Curaçao, Trinidad et d’autres îles de la région. Des médias américains et caribéens ont décrit des milliers de passagers bloqués dans les aéroports de San Juan, Miami, Curaçao ou encore à Saint‑Vincent, en attente de la levée des restrictions et de la reprogrammation de leurs vols.
Le défi de la reprise des vols à moyen terme
Les observateurs du secteur aérien soulignent que ce niveau de militarisation de l’espace aérien autour du Venezuela accroît mécaniquement le risque d’incident impliquant l’aviation civile, en particulier en cas de brouillage GNSS, de trajectoires militaires non coordonnées ou de systèmes de défense sol‑air en alerte élevée. C’est ce risque de « mauvaise identification » d’un avion civil qui justifie le maintien des notices de sécurité et la recommandation d’éviter la FIR de Maiquetía pour les compagnies non vénézuéliennes, au moins à court terme.
Le marché domestique vénézuélien a connu ces dernières années de fortes fluctuations, sous l’effet conjugué de la crise économique, des sanctions internationales et d’une instabilité politique chronique, qui ont poussé plusieurs compagnies étrangères à quitter le pays. Les transporteurs nationaux comme Conviasa, Avior, Laser, Venezolana, Turpial ou Rutaca ont progressivement pris le relais sur les liaisons intérieures, opérant un réseau resserré mais vital pour la connectivité du pays.
Pour les voyageurs comme pour les compagnies, l’enjeu des prochains mois sera de tester la capacité du réseau vénézuélien à maintenir une desserte régulière, tout en composant avec un environnement sécuritaire durablement dégradé.

Nico9 a commenté :
6 janvier 2026 - 17 h 10 min
Que viva Venezuela !!!