Le 16 janvier 2026, Louis Mussington, président du conseil d’administration et également président de la Collectivité de Saint-Martin, a annoncé officiellement la cessation de paiements de la compagnie Air Antilles et déposé une demande de redressement judiciaire auprès du tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Une démarche qui marque le début d’une période d’incertitude pour les employés, les passagers et l’ensemble du secteur aérien régional.
La chute d’Air Antilles s’est accélérée début décembre 2025, lorsque la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a suspendu le Certificat de Transporteur Aérien (CTA) le 8 décembre, suivi de la suspension de la Licence de Transport Aérien (LTA) le lendemain. Selon la DGAC, ces mesures ont été prises suite à un audit révélant des « défaillances très significatives » dans les processus de sécurité de la compagnie. Depuis, la flotte d’ATR d’Air Antilles est clouée au sol, privant la compagnie de toute source de revenus et stoppant net les discussions avancées avec de potentiels investisseurs.
La compagnie, relancée après la liquidation du groupe CAIRE en 2023, opérait sous la forme d’une société d’économie mixte locale (SEML) détenue à 60% par la Collectivité de Saint-Martin et à 40% par le groupe Edeis. Le 6 octobre 2025, le conseil territorial de Saint-Martin avait voté un nouvel appui financier de 3 millions d’euros à Air Antilles, présenté comme un « geste fort et décisif » pour consolider la compagnie et maintenir une offre de transport abordable et compétitive dans l’archipel. Cette injection portait à plus de 16 millions d’euros l’effort consenti par la Collectivité en deux ans pour maintenir la SEML à flot.
Des finances au plus bas
Dans un courrier adressé à ses salariés, Louis Mussington a reconnu la gravité de la situation : « La caisse est vide. Nous n’avons pas les moyens financiers de faire face à nos charges », a-t-il déclaré. En 2025, Air Antilles avait transporté plus de 121 000 passagers et réalisé un chiffre d’affaires d’environ 18 millions d’euros. Mais l’arrêt brutal de l’activité en pleine saison touristique a eu un effet domino, privant la compagnie de ses revenus et rendant impossible la poursuite des négociations financières.
Face à la crise, Louis Mussington a tenu à saluer le professionnalisme et la solidarité de ses équipes, soulignant leur mobilisation « constante et exemplaire » dans un contexte difficile. L’avenir de la compagnie, de ses avions et de ses employés est désormais suspendu à la décision du tribunal de commerce, qui devra trancher entre redressement judiciaire et liquidation. Trois options sont sur la table : un plan de continuation, un redressement ou une liquidation définitive.
La compagnie a envoyé un plan d’action correctif à la DGAC, mais pour l’instant, aucun retour n’a été donné sur une éventuelle reprise de la licence. La course contre la montre est lancée, et toutes les options restent ouvertes selon la direction.

Wait&See a commenté :
22 janvier 2026 - 16 h 33 min
Le délibéré du Tribunal de Commerce a été fixé au 2 février 2026.
pa-ni-pwoblem a commenté :
22 janvier 2026 - 16 h 33 min
Ce n’est pas trop tôt.
Cette compagnie est un scandale absolu, elle ne payait ni les exploitants, ni les prestataires, ni les taxes nationales, personne à part les dirigeants (contestés) et actionnaires.
Elle créait une concurrence artificielle avec des fonds publics abondants alors même que la collectivité de saint martin n’a pas les moyens de réparer les dégats d’Irma (2017).
Les vols étaient remplis (avant interruption) à 30/40 pax/vol, comment voulez-vous que ce soit soutenable ? Ce modèle n’est pas viable et n’a pas vocation à perdurer, sous perfusions massives et sans payer ce qui doit l’être.
Bon débarras et bon courage aux salariés qui ont cru à la poudre de perlimpinpin