La low cost irlandaise Ryanair s’attend à ce que l’accès gratuit à internet en vol devienne la norme sur ses liaisons européennes d’ici trois à cinq ans, à mesure que les coûts de la connectivité en altitude s’effondreront, a déclaré son directeur général Michael O’Leary lors d’une prise de parole récente.

S’exprimant devant la presse à Lisbonne, Michael O’Leary a estimé que les progrès technologiques rendraient bientôt la connectivité à bord suffisamment abordable pour être proposée sans surcoût aux passagers. « Je ne doute pas que dans quatre ou cinq ans, le Wi-Fi sera disponible sur tous les avions, à mesure que la technologie s’améliore et que les coûts tombent à presque rien », a-t-il déclaré, tout en évoquant un horizon « trois à cinq ans » pour une généralisation du service au sein de la flotte Ryanair.

Le dirigeant considère que, une fois la barrière des coûts levée, les compagnies n’auront guère le choix que d’inclure la connexion internet dans l’expérience standard, de la même manière que les prises USB ou le suivi de vol ont cessé d’être des options différenciantes. Il insiste toutefois sur le fait que, pour un modèle ultra low cost comme celui de Ryanair, cette gratuité n’est envisageable que si le coût marginal pour la compagnie devient quasi nul.

Starlink dans le viseur, mais pas exclu

Cette projection optimiste intervient alors que Michael O’Leary vient de rejeter publiquement l’idée d’équiper la flotte de Ryanair avec la solution Starlink, le service de connectivité par satellite de SpaceX, déclenchant une joute verbale avec Elon Musk sur les réseaux sociaux. Le patron de Ryanair a estimé que l’installation de l’équipement nécessaire pourrait ajouter jusqu’à 200 à 250 millions de dollars par an à la facture de carburant, en raison du surcroît de traînée et de poids lié aux antennes installées sur le fuselage. Michael O’Leary assure pourtant ne pas remettre en cause la qualité du système Starlink, qu’il qualifie de « très bon », mais conteste son adéquation économique aujourd’hui avec le modèle de la compagnie. 

Le problème selon lui : la solution actuelle repose encore sur des antennes externes qui augmentent la consommation de carburant. Sur un réseau très dense comme celui de Ryanair – plus de 600 à 650 appareils moyen-courriers effectuant plusieurs rotations quotidiennes – la moindre hausse de consommation se traduit par des dizaines de millions de dollars supplémentaires de carburant par an.

O’Leary considère que ces coûts restent incompatibles avec une politique de tarifs très bas, qui repose sur une maîtrise fine du coût au siège-kilomètre. Il affirme que le Wi-Fi à bord serait adopté « en un clin d’œil » si les antennes pouvaient être installées ailleurs – par exemple dans la soute ou le nez de l’appareil – sans générer de traînée additionnelle, un scénario qu’il juge crédible à horizon de quelques années compte tenu des progrès rapides de l’industrie des antennes plates et des constellations satellitaires.

Des négociations avec Starlink, Amazon et Vodafone

Malgré les critiques publiques, Ryanair n’a pas fermé la porte aux acteurs de la connectivité. La compagnie est en discussion avec plusieurs fournisseurs, parmi lesquels Starlink, Amazon Web Services et l’opérateur télécoms Vodafone, afin d’identifier une solution technique et commerciale compatible avec son modèle. « Le seul désaccord avec Starlink, c’est qu’ils pensent que les gens paieront pour le service. Nous, non », a résumé Michael O’Leary, estimant que la disposition à payer pour le Wi-Fi en vol reste très limitée.

Wi-Fi gratuit chez Ryanair : Michael O’Leary promet une généralisation d’ici trois à cinq ans 1 Air Journal

@London Luton Airport

Wi-Fi gratuit chez Ryanair : Michael O’Leary promet une généralisation d’ici trois à cinq ans 2 Air Journal

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