Biman Bangladesh Airlines a obtenu le feu vert de son conseil d’administration pour négocier l’achat de 14 avions Boeing, tournant le dos, pour l’instant, au projet de commande de dix Airbus A350 évoqué en septembre 2023 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Dacca. Cette décision marque un choix assumé pour la continuité avec Boeing, tandis que l’engagement annoncé sur l’A350 n’a toujours pas été concrétisé par un contrat ferme.

« Le conseil a donné un accord de principe pour entamer les négociations avec Boeing », a confirmé le directeur des relations publiques de Bangladesh Airlines, Boshra Islam. Selon plusieurs médias bangladais, le conseil d’administration, réuni fin décembre, a approuvé « en principe » l’ouverture de négociations avec Boeing pour l’acquisition de 14 appareils. Le schéma retenu porte sur huit 787‑10, deux 787‑9 et quatre 737 MAX‑8. Un responsable de la compagnie aérienne bangladaise, cité par la presse locale, précise que cette approbation reste soumise aux discussions commerciales sur les prix, le financement et le calendrier de livraison, même si elle fixe clairement la préférence de Biman Bangladesh Airlines.

Le cœur du projet repose sur l’extension de la flotte de long‑courriers 787, déjà présente chez Biman Bangladesh Airlines, avec l’introduction de huit 787‑10, la version la plus grande du Dreamliner. Ces appareils, plus longs que les 787‑9 actuellement opérés, offrent 30 à 40 sièges supplémentaires et sont destinés à renforcer les liaisons à forte demande vers le Moyen‑Orient, l’Europe ou l’Asie. Les deux 787‑9 supplémentaires doivent apporter de la flexibilité sur le réseau long‑courrier, tandis que les quatre 737‑8 MAX sont appelés à prendre le relais des 737‑800 sur les lignes régionales et moyen‑courriers. Biman Bangladesh Airlines exploite déjà une flotte largement dominée par Boeing, avec des 787, 777 et 737, ce qui renforce l’intérêt de maintenir une homogénéité technique et opérationnelle dans la durée.

Un avantage décisif pour Boeing
Les arguments de Boeing ont largement reposé sur la continuité de flotte, un point jugé sensible par une compagnie aérienne qui cherche davantage à consolider ses opérations qu’à ouvrir un nouveau chapitre industriel. En conservant un parc quasi exclusivement Boeing, Biman Bangladesh Airlines limite les besoins en formation supplémentaires pour les pilotes et les mécaniciens, évite des investissements lourds en simulateurs et simplifie la gestion des pièces détachées et de la maintenance.

À ces considérations opérationnelles s’ajoute un contexte géopolitique marqué : le Bangladesh cherche à apaiser les tensions commerciales avec les États‑Unis, notamment sur la question des droits de douane, et une commande d’avions américains constitue un signal fort dans cette direction. Plusieurs analyses locales soulignent que cette décision, soutenue au niveau gouvernemental, répond autant à des enjeux diplomatiques qu’à une stricte comparaison de performances entre constructeurs.

L’offre Airbus : A350 et A320neo
Airbus n’était pourtant pas absent des discussions : l’avionneur européen travaillait depuis plusieurs années à placer l’A350 au sein de la flotte de la compagnie aérienne bangladaise. D’après des responsables bangladais et européens, l’offre portait sur dix A350, dont deux A350F cargos, complétée par une proposition sur des monocouloirs de la famille A320neo.

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron, en visite officielle au Bangladesh en septembre 2023, avait salué un engagement de Biman Bangladesh Airlines en faveur de dix A350. « Cette promesse de 10 Airbus A350 est importante », avait déclaré le président français, en référence à un accord de principe présenté alors comme la première percée d’Airbus chez la compagnie nationale bangladaise. Pour autant, cet engagement n’a jamais été transformé en commande ferme enregistrée au carnet d’Airbus, et aucun contrat définitif n’a été rendu public depuis. Les autorités bangladaises avaient d’ailleurs rappelé en 2024 que le pays restait libre de choisir « Airbus ou Boeing », laissant la porte ouverte à une mise en concurrence jusqu’à la dernière minute.

À ce stade, les dix A350 évoqués en 2023 relèvent toujours d’une intention politique, sans finalisation commerciale connue. Le choix récent du conseil d’administration de Biman Bangladesh Airlines de privilégier l’ouverture de négociations avec Boeing pour 14 appareils met de facto le projet Airbus en retrait, même si ni le gouvernement bangladais ni Airbus n’ont officiellement annoncé l’abandon de cette perspective.

Biman Bangladesh Airlines tourne le dos à Airbus et ouvre des négociations pour 14 Boeing 1 Air Journal

@Biman Bangladesh Airlines