Boeing livrera à partir du premier semestre 2026 les premiers 787 Dreamliner certifiés avec une masse maximale au décollage (MTOW) plus élevée, a indiqué Darren Hulst, vice‑président marketing commercial, en marge du Singapore Airshow. Cette évolution permettra aux 787-9 et 787-10 de parcourir environ 400 milles nautiques supplémentaires (750 km environ), ou d’emporter jusqu’à cinq à six tonnes de fret en plus selon les configurations.
L’augmentation de MTOW atteindra 4 540 kg sur le 787-9 et 6 450 kg sur le 787-10, renforçant l’attractivité économique de la famille Dreamliner, déjà la plus vendue des gros-porteurs biréacteurs. Cette amélioration vise clairement à affûter la compétitivité du 787 face à son grand rival européen, l’Airbus A350-900 et -1000, sur les réseaux long‑courriers à forte densité ou à longue distance.
Plus de portée ou plus de fret, sans réservoirs supplémentaires
Selon Darren Hulst, l’augmentation de MTOW se traduira « par environ 400 nautiques de portée supplémentaire ou jusqu’à six tonnes de fret additionnel » sur certaines routes, en fonction du choix d’exploitation des compagnies. Le 787-9, dont le rayon d’action se situe actuellement autour de 7 565 nm, et le 787-10, donné à environ 6 330 nm, gagneront ainsi une marge de flexibilité appréciable pour les vols très longs ou très chargés.
Boeing précise que cette hausse de masse ne s’accompagne pas de capacité carburant supplémentaire au sens strict, mais de modifications de conception et de performances permettant d’exploiter différemment les réserves existantes. Ces évolutions peuvent inclure des adaptations de la structure, du train d’atterrissage, des marges de performance et des limitations opérationnelles, dans un cadre de certification actualisé par les autorités, comme l’a déjà illustré la validation par l’EASA d’un MTOW augmenté sur le 787-9 avec certains moteurs Rolls‑Royce Trent 1000 TEN ou GE GEnx.
Un argument de plus dans la rivalité avec l’A350
La famille 787, entrée en service en 2011 chez All Nippon Airways (ANA), a déjà enregistré plus de 2 300 commandes fermes et plus de 1 200 livraisons à fin 2025, se plaçant au cœur du renouvellement des flottes long‑courrier en remplacement des quadriréacteurs comme le Boeing 747 ou l’Airbus A340. Les économies de carburant, les émissions réduites et un confort amélioré en cabine ont fait du Dreamliner l’un des piliers de la stratégie « point à point » de nombreuses compagnies.
En 2025, Boeing a enregistré un volume de ventes record pour le 787, avec environ 320 commandes sur l’année, dépassant les A350 et A330 combinés selon Darren Hulst, qui souligne que « le 787-10 a représenté près de la moitié des ventes de la famille cette année‑là ». L’augmentation de MTOW s’inscrit dans cette dynamique commerciale : elle renforce l’argument de « rendement et d’efficacité » mis en avant par l’avionneur, notamment sur le 787-10 pour les liaisons à forte densité de sièges.
Face à l’A350, réputé pour son rayon d’action très élevé sur certaines versions, cette montée en capacité permet à Boeing de combler une partie de l’écart sur des routes très longues, tout en capitalisant sur la polyvalence de la gamme 787. Pour les transporteurs, cela se traduit par la possibilité d’ajuster plus finement le dimensionnement de flotte : A350 sur les routes très long-courriers les plus exigeantes, 787-9 ou -10 à MTOW accru sur un large spectre de lignes long‑courrier. Boeing souligne qu’« il sera possible, sur certaines routes, de remplacer des avions cargo dédiés par des avions de ligne passagers standard » grâce à la nouvelle MTOW, un choix de flotte qui peut intéresser les majors et les hubs où le fret en soute représente une part significative des revenus.
Un programme déjà engagé vers la production et la certification
Les premiers exemplaires de 787-9 et 787-10 à MTOW augmenté sont déjà intégrés au système de production de Boeing et avancent « vers la certification », a déclaré Darren Hulst à Singapour. « Ces avions sont déjà en cours dans le système de production, se rapprochant de la certification, et nous prévoyons que les livraisons débuteront au premier semestre de cette année », a‑t‑il précisé. Boeing ne révèle pas encore quelles compagnies seront les clientes de lancement, ni quel modèle, du 787-9 ou du 787-10, sera livré en premier. L’avionneur indique toutefois qu’il sera en mesure de proposer, à la commande, au choix des compagnies, la version standard ou la version à MTOW accru, et qu’il est organisé pour produire les deux variantes en parallèle.

Pierre a commenté :
5 février 2026 - 8 h 52 min
Quand l’aviation est un enjeu de la politique internationale !
Boeing renoue avec ses plus belles années commerciales , sous la poussée de la politique de Trump, …….l’aviation étant devenue un enjeu majeur face à la comptabilité des droits de douane.
NDR a commenté :
5 février 2026 - 10 h 16 min
limitation opérationnelle cad aura une vitesse faible comme les a330 les avions des pays pauvres 😂 😂
MoMoDeRabat a commenté :
5 février 2026 - 10 h 16 min
Il y a deux ans je parlais d’un dreamliner neo et c’est pour bientôt, j’espère que la RAM ne ratera pas le coche!
Bencello a commenté :
5 février 2026 - 12 h 03 min
Enfin, Boeing peut reprendre les améliorations incrémentales chères à Airbus.
L’A350 et l’A330neo ont déjà bénéficié de ces améliorations il y a quelques mois.
C’est l’avantage quand les programmes arrivent à maturité opérationnelle, et qu’on n’est plus obligé de lutter pour la certification initiale, la fiabilisation de l’appareil.
Ne reste plus “que” la rentabilité du programme à atteindre…