Le trafic de passagers en Russie a reculé en 2025 pour la première fois depuis 2022, selon les données publiées par l’Agence fédérale du transport aérien Rosaviatsia. Les compagnies aériennes russes ont transporté environ 108,5 millions de passagers sur l’année, soit une baisse proche de 3% par rapport à 2024 (111,6 millions), dans un marché toujours pénalisé par les sanctions occidentales, le vieillissement des flottes et les contraintes opérationnelles.
Selon les chiffres préliminaires de Rosaviatsia, les compagnies aériennes russes ont transporté environ 108,5 millions de passagers en 2025, contre 111,6 millions un an plus tôt, soit un recul de 2,7 à 3%. Les liaisons intérieures ont totalisé 81,2 millions de passagers, en baisse de 4,1%, tandis que le trafic international a légèrement progressé à 27,4 millions de passagers, soit une hausse limitée d’environ 1,6%.
« Le secteur du transport aérien a enregistré en 2025 une diminution du nombre de passagers, la première depuis 2022 », a indiqué le directeur de Rosaviatsia, Dmitri Yadrov, en rappelant que la part du domestique dépasse désormais 74% du trafic total. Le ministère russe des Transports, qui tablait initialement sur 109,7 millions de passagers, avait déjà revu sa prévision à la baisse en décembre, évoquant « l’impossibilité de renouveler les flottes sous le régime actuel de sanctions » et « le retrait inévitable d’appareils pour raisons techniques ».
Sanctions, flotte vieillissante et capacité en baisse
Pour expliquer cette contraction, Rosaviatsia et le ministère des Transports pointent un faisceau de facteurs liés directement aux conséquences de la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales. « Nos compagnies aériennes ont appris à réparer leurs avions en Russie, en créant des capacités de maintenance pour des tâches qui, auparavant, nécessitaient d’envoyer les appareils à l’étranger. Nous avons fait un saut technologique sérieux, mais la flotte ne s’agrandit pas », déclare le ministre des Transports Andreï Nikitine, cité par l’agence Tass. Il reconnaît qu’« il serait exagéré de parler d’une forte croissance du trafic » dans ces conditions.
D’après une analyse du cabinet CAPA, la capacité totale du marché aérien russe en 2025 reste inférieure de plus de 25% à son niveau de 2019, avec un recul particulièrement marqué sur l’international (capacité encore en baisse d’environ 35% par rapport à l’avant‑crise). Les limitations d’accès aux avions et pièces détachées occidentaux, combinées au retrait progressif d’appareils les plus anciens, pèsent sur l’offre et freinent mécaniquement la croissance du nombre de passagers.
Un international qui résiste, un domestique sous pression
Depuis l’imposition des sanctions en 2022, le marché russe s’est recentré sur le domestique et sur un réseau international limité, principalement vers des pays jugés « amis » comme la Turquie, les Émirats arabes unis, certains États d’Asie centrale et d’Asie du Sud-Est. En 2023 et 2024, le trafic international des compagnies aériennes russes avait retrouvé une croissance à deux chiffres, mais cette dynamique a nettement ralenti en 2025, avec une progression ramenée à 1,6%, insuffisante pour compenser la baisse du domestique.
À l’inverse, le marché intérieur, qui avait servi de locomotive au plus fort des restrictions internationales, enregistre désormais une érosion sensible. Sur les neuf premiers mois de 2025, Rosaviatsia faisait déjà état d’une baisse d’environ 2,6% du trafic aérien, avec un repli du domestique de l’ordre de 1 à 4% selon les segments (interrégional, local), tandis que l’international continuait de croître modestement.
Des signaux contrastés selon les compagnies aériennes
Derrière la baisse globale, certaines compagnies aériennes tirent toutefois leur épingle du jeu, en se repositionnant sur des axes domestiques porteurs. Rossiya Airlines, filiale du groupe Aeroflot, a annoncé avoir transporté 12,02 millions de passagers en 2025, en hausse de 4,4% sur un an, avec une progression de 6,8% sur le domestique et une contraction de 9,5% sur l’international. L’axe Moscou–Saint‑Pétersbourg, repris en grande partie à la maison mère, représente à lui seul près de 20% de son trafic.
Rosaviatsia souligne que le coefficient de remplissage moyen se maintient à un niveau élevé, signe que les compagnies aériennes optimisent au maximum l’utilisation des sièges disponibles, mais dans un contexte de flotte contrainte. Pour l’agence fédérale, « la principale limite à la croissance n’est pas la demande, mais l’offre d’appareils » capables d’être maintenus en service de façon sûre et durable.
Perspectives 2026 : stabilisation plutôt que rebond
Pour 2026, le ministère russe des Transports s’attend à un trafic global « proche du niveau de 2025 », autour de 108 millions de passagers, tout en laissant la porte ouverte à une légère croissance si des transporteurs étrangers viennent compléter l’offre sur certaines liaisons et si des aéroports encore fermés depuis 2022 rouvrent. Rosaviatsia se montre un peu plus optimiste et évoque une possible hausse de 2% du trafic cette année, à environ 110,4 millions de passagers, grâce notamment au renforcement des capacités de maintenance locale et à la reprise d’activité d’aéroports comme Gelendjik et Krasnodar dans le sud du pays.
« Nous sommes convaincus que la dynamique du transport aérien sera finalement positive – peut‑être pas en 2026, mais en 2027 », estime le ministre Andreï Nikitine, en ajoutant que les compagnies russes sont « prêtes à acheter des avions produits en Russie » dès que les cadences de production le permettront. En attendant, la baisse de 2025 illustre les limites du modèle actuel : un marché soutenu par une demande intérieure encore solide, mais bridé par des flottes vieillissantes, un accès restreint aux technologies occidentales et des contraintes opérationnelles qui freinent la reprise.

@Domodedovo International Airport
DD-Bergeron a commenté :
7 février 2026 - 15 h 53 min
La Russie est à genoux, c’est ce qu’avait prédit Bruno Le M. quand il dirigeait l’économie de la France en 2022. Pour une fois, un dirigeant français qui savait mieux ce qui se passerait en Russie qu’en France où il s’était trompé d’une dizaine milliards sur le TVA collectée, plombant le déficit à plus de 5%, là c’était des erreurs de calculs!
GREFF a commenté :
8 février 2026 - 1 h 59 min
M. Le Maire a peut-être fait des erreurs de calculs mais la Russie est quand même à terre et ça ne va pas aller en s’arrangeant, Poutine le reconnaissant même. Il faudrait cependant analyser aussi les chiffres des compagnies aériennes étrangères telles que Turkish et Emirates qui desservent la Russie et que nombres de russes préfèrent dorénavant aux locales en manque de pièces détachées et donc de fiabilité.
Cecildemille a commenté :
8 février 2026 - 5 h 52 min
A genoux ? Pour financer son effort de guerre, la Russie vient de vendre une partie de son stock d’or, coup de chance quand le cours était au plus haut avant qu’il ne retombe. Pour financer l’armée ukrainienne et le fonctionnement de l’Etat, les états membres de l’U.E. (aujourd’hui, ce sont eux qui financent intégralement) viennent de souscrire deux très importants emprunts. Dans un cas, aucun endettement, dans l’autre une dette que devront rembourser les générations futures. Il est clair que le conflit affecte l’économie russe, mais dans des proportions bien moindres que les économies européennes. Le taux de croissance russe, certes en baisse, est supérieur par exemple au taux de croissance français quand l’Allemagne est en récession avec 0%. Attention : toutes les prophéties ne dont pas autorealisatrices comme on le constate lorsqu’on s’en tient aux faits
Greg765 a commenté :
8 février 2026 - 9 h 30 min
Mieux vaut quand même être en Europe.
– 1% de croissance pour un pays en développement comme la russie, c’est très peu. Il faut comparer aux pays équivalents.
– le PIB russe est dopé par les dépenses de guerre. Quand vous investissez des millions chaque mois dans des blindés qui seront détruits par un drone en quelques semaines après être arrivé sur le front, vous jettez juste de l’argent par les fenêtres. Ce n’est pas comme investir dans des hôpitaux, universités, routes, voies de chemin de fer, etc… qui sont des infrastructures qui contribueront au développement de la nation dans les années à venir.
– le fond souverain russe n’est pas sans fond et certains analystes prévoient que la russie devrait bientôt l’épuiser au rythme où elle tape dedans. Imaginez donc le comble, pour un pays avec des ressources (hydrocarbures), de devoir financer sa guerre par la dette et non ses exports.
– il y a le problème des blessés de guerre lorsqu’ils rentreront du front, et d’une économie qui sera difficile à faire pivoter vers une économie civile. De nombreux employeurs civils ont licencié massivement et ont perdu leur main d’œuvre qualifiée.
-l’inflation est galopante en russie. D’ailleurs ils viennent encore d’augmenter la TVA, comme quoi ça ne semble pas se calmer pour tout de suite.
Bref la russie s’appauvrit en mettant une énorme part de son budget dans cette guerre. En Europe les dépenses sont bien plus modestes. La contribution moyenne d’un français n’est que de quelques euros par mois. On n’est certes pas le pays qui contribue le plus, les britanniques sont beaucoup plus actifs. Mais quoi qu’il en soit ça n’a rien à voir avec l’effort de guerre coûteux de la russie.
Anna Stazzi a commenté :
8 février 2026 - 10 h 04 min
Quel ramassis de fadaises !
On repère vite le fin connaisseur du monde russe et soviétique.
Allo, Radio Moscou ?
Même les Izvestia ne se risquent pas à pareilles contorsions.