Le trafic aérien européen a atteint un nouveau record en 2025, avec 2,6 milliards de passagers accueillis dans les aéroports du continent, soit 100 millions de plus qu’en 2024 (+4,4 %).
Selon le rapport annuel d’ACI-Europe (Airports Council International-Europe), cette progression marque un retour à une croissance « normalisée » après le rebond post‑Covid, dans un contexte de faiblesse économique, de tarifs élevés et de tensions géopolitiques. Le réseau aéroportuaire européen a ainsi battu un record absolu de 2,6 milliards de passagers, tiré exclusivement par le trafic international (+5,6 %), tandis que le trafic domestique est resté quasi stable (+0,2 %). « Si l’on en doutait encore, la performance de l’an dernier est une nouvelle preuve que la connectivité aérienne est un puissant moteur économique, largement résilient et de plus en plus lié au tourisme », souligne Olivier Jankovec, directeur général d’ACI Europe.
La dynamique s’est renforcée au quatrième trimestre, avec une hausse de 6,1 % du trafic par rapport à la même période de 2024, ce qui constitue un signal positif pour 2026. ACI-Europe anticipe pour cette année une progression supplémentaire d’environ 3,3 % du trafic passagers, portée par une demande loisirs toujours soutenue, malgré des perspectives économiques encore fragiles.
Une progression à plusieurs vitesses selon les pays
Au sein du périmètre EU+ (UE, EEE, Suisse et Royaume‑Uni), la croissance s’est progressivement déplacée du sud vers l’est de l’Europe en 2025, avec des hausses à deux chiffres en Slovaquie (+20,2 %), en Pologne (+14,4 %), en Hongrie (+11,1 %) et en Slovénie (+10,7 %), ainsi qu’à Malte (+12,3 %) et à Chypre (+10,7 %). À l’inverse, les grands marchés de l’UE ont sous‑performé : le Royaume‑Uni (+1,7 %), la France (+2,1 %) et l’Allemagne (+3,2 %) ont été pénalisés par des politiques fiscales jugées « punitives » par le secteur, ainsi que par un effondrement durable du trafic intérieur, en particulier en Allemagne (‑48 % vs 2019) et en France (‑27 % vs 2019). « Trop de gouvernements ne traitent pas l’aviation comme l’actif stratégique qu’elle est, surtout dans l’UE », regrette Olivier Jankovec.
Dans les pays non‑EU+, la croissance a été plus soutenue (+6,2 % de trafic passagers, contre +4 % dans l’EU+), portée à la fois par l’essor des low cost et par des facteurs géopolitiques. Les aéroports de Moldavie (+46,8 %) ont servi de porte d’entrée à la diaspora ukrainienne, tandis qu’Israël a enregistré un rebond marqué (+31,3 %) avec l’amélioration des conditions de sécurité, à l’inverse de la Russie où le trafic a encore reculé de 9,5 %. En Turquie, le trafic de passagers a progressé de 5,8 %, avec une croissance particulièrement dynamique dans les grands hubs du pays.
Fret, mouvements d’avions et perspectives 2026
Le dynamisme ne concerne pas que les passagers. Le fret a progressé de 3,2 % en 2025 sur l’ensemble du réseau européen, avec une hausse plus marquée dans l’EU+ (+3,6 %) que dans les pays non‑EU+ (+0,4 %). Francfort est redevenu le premier aéroport cargo d’Europe avec 1,99 million de tonnes (+2 %), devant Istanbul (1,97 million, ‑0,6 %), Paris‑CDG (1,92 million, +2,3 %), Londres‑Heathrow (1,55 million, +0,8 %) et Amsterdam‑Schiphol (1,43 million, ‑4,2 %).
Les mouvements d’avions ont augmenté de 3,2 % sur un an, pour atteindre environ 11,1 millions de vols dans le réseau géré par Eurocontrol, soit un niveau très proche de 2019. Les aéroports EU+ ont enregistré une hausse de 2,8 % des mouvements, contre 5,6 % dans les pays non‑EU+, confirmant la meilleure tenue des marchés périphériques et émergents. ACI-Europe prévient toutefois que la capacité des infrastructures « au sol comme dans les airs » restera un goulot d’étranglement, citant notamment la mise en œuvre complète du nouveau système d’entrée/sortie Schengen (EES) comme un défi opérationnel majeur.

Beauvais @DR/AJ
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