Perth Airport s’apprête à vivre la plus grande transformation de son histoire, avec un programme d’investissements de l’ordre de 5 milliards de dollars australiens (environ 3 milliards d’euros) destiné à créer un hub unifié, plus lisible et plus capacitaire pour les compagnies aériennes comme pour les voyageurs.
Porté par un trafic en hausse continue, l’aéroport vise environ 30 millions de passagers par an à l’horizon 2046, contre un peu plus de 18 millions en 2025, grâce à son Master Plan 2026 actuellement en phase de finalisation. Ce plan, qui couvre aussi bien les infrastructures aéronautiques que les terminaux, les accès terrestres et l’offre hôtelière, doit permettre à la plateforme de consolider son rôle de porte d’entrée de l’Australie occidentale, au service du tourisme, des voyages d’affaires et du secteur des ressources naturelles.
Master Plan 2026 : une feuille de route pour 2046
La version provisoire du Master Plan 2026 a été publiée fin 2025 et ouverte à la consultation publique jusqu’à la fin décembre. Le document projette une forte montée en charge de l’activité : de 17,5 à plus de 30 millions de passagers annuels d’ici 2046, avec une hausse parallèle des mouvements d’avions et du fret, qui pourrait atteindre jusqu’à 269 000 tonnes par an.
« Le Master Plan 2026 détaille l’énorme potentiel de Perth Airport pour l’Australie‑Occidentale, avec un trafic prévu de 30 millions de passagers par an d’ici 2046 », souligne le directeur général de l’aéroport, Jason Waters, pour qui la croissance de la plateforme se traduira aussi par un triplement des emplois directs et indirects, de 27 300 à plus de 75 000 sur la période.
Accord historique avec Qantas et nouvelle piste parallèle
Le volet le plus visible du programme est rendu possible par un accord commercial qualifié d’« historique » entre Qantas et Perth Airport, signé en 2024 après des années de tensions sur les terminaux et les redevances. Cet accord ouvre la voie à un vaste réaménagement des installations, incluant un nouveau terminal dans le pôle Airport Central, une nouvelle piste parallèle de 3 000 mètres, deux parkings à étages et le premier grand hôtel intégré à la plateforme.
Qantas et Jetstar doivent à terme regrouper toutes leurs opérations, domestiques et internationales, dans ce nouveau terminal, avec une ouverture visée autour de 2031, ce qui permettra d’ajouter environ 4,4 millions de sièges annuels au départ ou à destination de Perth. « C’est le plus grand accord d’infrastructure aéroportuaire de notre histoire », a résumé la directrice générale de Qantas, Vanessa Hudson, en promettant un « hub de classe mondiale » à l’ouest du pays.
Extension du Terminal 2 et impacts pour les passagers
En parallèle de ces projets de long terme, Perth Airport mène déjà d’importants travaux sur le Terminal 2, qui dessert notamment les vols régionaux très liés au secteur minier et aux dessertes intérieures. L’extension vise à quasiment doubler la capacité de la zone, avec de nouveaux comptoirs en libre‑service, un traitement bagages modernisé et des espaces d’embarquement agrandis pour absorber la croissance de la demande.
Ces chantiers ont toutefois des conséquences à court terme sur l’expérience voyageurs. D’importants travaux de voirie et d’aménagement sont en cours, et la plateforme de spotting de Dunreath Drive, prisée des passionnés d’aviation, est fermée depuis le 5 janvier 2026 et le restera jusqu’en mai 2026 pour permettre les travaux. Les passagers sont invités à prévoir davantage de temps pour accéder à l’aéroport et se garer, en particulier aux heures de pointe et pendant les vagues de départs internationaux.
Trafic record porté par le secteur des ressources et le long‑courrier
Le calendrier des investissements est largement dicté par la dynamique de trafic. En 2025, Perth Airport a franchi pour la première fois le cap des 18 millions de passagers, après avoir déjà battu ses records en 2023 et 2024. La croissance, de l’ordre de 6 à 8% par an, est alimentée à la fois par les liaisons régionales vers les sites miniers de l’État et par la montée en puissance des vols internationaux long‑courriers.
Les autorités de l’aéroport mettent en avant de nouvelles lignes ou des fréquences renforcées vers des destinations comme Paris, Bangkok, Kuala Lumpur, Phuket ou Johannesburg, ainsi que des liaisons non‑stop opérées par Qantas vers Auckland et la capitale économique sud‑africaine. « L’essor du secteur des ressources reste un moteur clé de notre trafic régional, mais il est désormais complété par une forte demande loisirs et affaires sur le segment international », insiste Jason Waters, en rappelant que cette dynamique justifie « de nouveaux investissements structurants pour l’aviation, le tourisme et l’économie de l’Australie‑Occidentale ».
Ce que cela change pour les voyageurs
Pour les passagers, le projet de « one airport » doit mettre fin à la fragmentation actuelle des terminaux de Perth, source de transferts peu lisibles et parfois longs entre vols domestiques et internationaux. À terme, la concentration des opérations à l’Airport Central, relié au réseau ferroviaire Metronet, doit offrir des correspondances plus fluides, des temps de parcours réduits entre terminaux et une expérience plus homogène, qu’il s’agisse des contrôles, des salons ou de l’offre commerciale.

GVA1112 a commenté :
10 février 2026 - 7 h 46 min
En attendant les vols Sunrise au départ de la côte Est, et voir même après, Perth reste la porte d’entrée privilégiée de et vers l’Europe par les vols de Qantas direct avec Londres actuellement, Rome et Paris prochainement.