United Airlines rouvre, pour la première fois depuis plus de dix ans, les transferts internes vers sa base de personnels de cabine de Londres-Heathrow, unique implantation PNC de la compagnie hors États-Unis continentaux et Guam.
United Airlines a rouvert aux personnels de cabine la possibilité de demander un transfert vers sa base de Londres-Heathrow, après plus d’une décennie sans nouvelle fenêtre de mobilité. Il s’agit d’une opportunité rarissime, réservée aux agents les plus anciens, qui illustre à la fois la vitalité du marché transatlantique au départ de Londres et l’évolution des stratégies d’implantation des équipages à l’international.
Selon le site spécialisé Paddle Your Own Kanoo, l’ouverture de cette liste de transferts suscite un vif intérêt parmi les hôtesses et stewards, qui voient Londres comme une « destination de rêve », combinant qualité de vie et exposition au long-courrier international. L’Association of Flight Attendants (AFA-CWA) parle d’un lieu convoité de longue date : « Pour de nombreux PNC, Londres est une destination rêvée, qu’il s’agisse d’y revenir chez eux ou de la volonté de travailler dans une base internationale ; nous savons que l’attente a été longue ».
Le nombre de postes ouverts reste toutefois extrêmement limité, au point que seuls des agents très anciens sur liste d’attente ont une chance de voir leur demande aboutir. United ne précise pas publiquement le volume de transferts possibles, mais la compagnie exploite actuellement une équipe de plus de 400 personnels de cabine basés à Londres.
Une base historique devenue dernier bastion international
La base PNC de Londres trouve son origine en 1991, lorsque United reprend une partie des droits de trafic et créneaux de Pan Am à Heathrow après la faillite de cette dernière. Depuis plus de trois décennies, la compagnie y a consolidé une présence significative, faisant de Londres l’un de ses principaux points d’ancrage sur l’Atlantique Nord.
Avant la crise sanitaire, United entretenait plusieurs bases PNC à l’étranger, notamment à Francfort, Hong Kong, Londres et Tokyo. En 2020, la chute brutale du trafic liée au Covid-19 conduit la compagnie à fermer ses bases de Francfort, Hong Kong et Tokyo, une décision qui affecte environ 840 personnels de cabine, dont 319 à Hong Kong, 300 à Tokyo Narita et 220 à Francfort. Un arbitrage indépendant valide finalement la décision de fermeture, malgré les contestations syndicales.
Un compromis est trouvé : les membres d’équipage disposant déjà d’une autorisation de travail aux États-Unis sont transférés vers des bases domestiques, tandis que ceux pouvant légalement travailler au Royaume-Uni bénéficient d’un droit de réemploi prioritaire sur les éventuels postes ouverts à Londres jusqu’en mars 2023. Le maintien de Heathrow comme unique base PNC à l’étranger traduit l’importance stratégique du marché britannique pour United, qui opère jusqu’à 18 vols quotidiens entre Londres et sept portes d’entrée américaines.
Résider au Royaume‑Uni, s’adapter à un autre cadre opérationnel
L’accès à la base de Londres s’accompagne de contraintes fortes. Les hôtesses et stewards doivent résider à plein temps au Royaume-Uni, la législation britannique en matière d’immigration et d’emploi interdisant la pratique, fréquente en Amérique du Nord, du « commuting » international depuis un autre pays. Un PNC ne peut donc pas continuer à vivre aux États-Unis ou dans un autre État tout en étant rattaché administrativement à Heathrow.
Les règles opérationnelles diffèrent également sensiblement des bases américaines. Les modalités de réserve et de mise en « standby » ne sont pas exactement les mêmes, ce qui impose une adaptation à une planification et à des rythmes de travail spécifiques au marché britannique. Les implications fiscales sont aussi loin d’être neutres : vivre et travailler à l’étranger entraîne « d’importantes conséquences en matière d’impôts », que les candidats au transfert sont invités à examiner avec attention avant de s’engager. Dans un contexte d’ancienneté très prégnant chez United, l’attribution des rares postes disponibles reste par ailleurs largement déterminée par la séniorité.
Londres, vitrine du marché transatlantique pour United
Si Londres a survécu là où Francfort, Hong Kong ou Tokyo ont perdu leur base PNC, c’est d’abord parce que la capitale britannique constitue un marché clé pour United. Avec jusqu’à 18 liaisons quotidiennes vers sept aéroports américains, Heathrow s’impose comme l’un des hubs internationaux majeurs de la compagnie, aux côtés de ses grandes bases Nord-Américaines. La présence locale d’équipages permet à United d’assurer une certaine flexibilité opérationnelle, tout en capitalisant sur l’expertise des PNC familiers du marché et des attentes des passagers européens.
Des bases à l’étranger de plus en plus rares
Pendant longtemps, de nombreuses compagnies traditionnelles ont maintenu des bases de personnels de cabine dans des marchés étrangers clés, afin de mieux répondre aux besoins linguistiques, culturels ou de coûts locaux. British Airways conserve par exemple plusieurs bases à l’étranger pour soutenir des opérations multilingues et répondre à une demande régionale spécifique. Finnair a, de son côté, a externalisé une partie de ses personnels de cabine en s’appuyant sur des bases PNC sous-traitées dans plusieurs pays, dont l’Inde, pour réduire ses coûts.
D’autres acteurs poursuivent des schémas comparables : Qantas opère des équipages basés à Londres-Heathrow, tandis qu’American Airlines maintient des bases dans de grandes villes sud-américaines. À l’inverse, Aer Lingus a décidé de fermer sa base long-courrier de Manchester, jugée durablement moins performante que son hub de Dublin, après plusieurs années de résultats en retrait et une grave crise sociale autour des conditions de rémunération. La fermeture, prévue pour 2026, doit entraîner la suppression d’environ 200 postes PNC et de support et le redéploiement des Airbus A330 vers des lignes plus rentables au départ de Dublin.

GVA1112 a commenté :
17 février 2026 - 7 h 21 min
Qui peut nous préciser si les Majors européennes, comme LH, AF-KLM, ITA ?, IBERIA font de même ?
Qui des Majors externes à l’Europe (américaines, asiatiques, ..) ont une base en Europe comme United, Qantas, .. ?
Vincent a commenté :
17 février 2026 - 10 h 14 min
Tu es genevois alors tu sais très bien que United base une partie des PNC sur gva comme british et font les aller-retours…
Ah Bon ? a commenté :
17 février 2026 - 10 h 38 min
Vue l’ambiance générale aux USA, les postes vont très vite être pourvus…