Les pilotes de Lufthansa CityLine, filiale régionale du géant allemand, ont massivement approuvé une possible grève par 99% des voix, avec 95% de participation, selon le syndicat Vereinigung Cockpit (VC).

Ce vote, annoncé le 26 février 2026, donne mandat au comité de négociation pour toutes les actions ultérieures, sans date fixée pour un mouvement social. Alors que les discussions sur les salaires patinent, cette tension s’inscrit dans un contexte de restructuration du groupe Lufthansa, marqué par des grèves récentes.

Le scrutin interne organisé par la VC a révélé une unité exceptionnelle parmi les environ 450 pilotes de CityLine. « Ce résultat dépasse largement le quorum requis et envoie un signal clair à la direction du groupe Lufthansa », a commenté Andreas Pinheiro, président de la VC, soulignant la confiance absolue en le comité de négociation. Ce mandat permet au syndicat d’envisager des actions industrielles conformément au droit du travail allemand, bien qu’aucune grève ne soit automatique. Les pilotes exigent des hausses salariales annuelles de 3,3% pour 2024, 2025 et 2026, afin de compenser les pertes de pouvoir d’achat récentes et d’harmoniser les conditions avec le reste du groupe.

Échec des négociations et clause de paix rejetée

Les pourparlers ont achoppé sur une offre patronale jugée insuffisante par la VC, qui inclut une « obligation de paix sociale » jusqu’à fin 2027. Cette clause, qualifiée de « paralysante » par le syndicat, limiterait les négociations futures sur des points encore ouverts, comme les conditions de transfert vers la nouvelle filiale. La direction de CityLine met en avant des augmentations déjà accordées en 2023 et 2024, ainsi qu’un nouveau modèle de rémunération négociable. Cependant, les pilotes perçoivent dans la restructuration une tentative de dégrader les acquis sociaux avant la fermeture prévue en 2027.

Restructuration : adieu CityLine, bonjour City Airlines

Lufthansa CityLine, opérateur de vols courts et moyens courriers vers Francfort et Munich avec une flotte d’une centaine d’appareils (principalement Airbus A320 et Bombardier CRJ), est en phase terminale. Le groupe prévoit de migrer ses routes vers Lufthansa City Airlines, filiale low-cost lancée en 2024 pour optimiser les coûts sur ces segments. Cette transition, motivée par des contrats syndicaux jugés défavorables à CityLine et une flotte vieillissante, suscite l’ire des équipages. Le syndicat UFO des hôtesses et stewards dénonce déjà des offres de transfert aux conditions inférieures, réclamant un plan social garantissant indemnités et mobilités.

Contexte de tensions sociales récurrentes chez Lufthansa

Ce vote survient deux semaines après la grève du 12 février 2026, impliquant pilotes VC et équipages UFO sur la Lufthansa principale, CityLine et Cargo. Près de 800 vols ont été annulés, touchant 100 000 passagers aux hubs de Francfort et Munich.

Le groupe Lufthansa affronte depuis des années des négociations tendues avec pilotes, PNC et personnels au sol, ponctuées de grèves récurrentes. Aucune information n’a filtré sur une prochaine session de pourparlers ou une médiation, la VC se contentant d’évoquer un « fort mandat pour les prochaines étapes ».

Grève imminente chez Lufthansa CityLine : 99% des pilotes prêts à débrayer 1 Air Journal

©Lufthansa Group