Une hôtesse de l’air de Ryanair, agressée sexuellement par un passager ivre lors d’un vol à destination de Dublin, a raconté devant la justice irlandaise comment cet épisode, survenu dans l’espace exigu de l’avion une quarantaine de minutes avant l’atterrissage, l’a conduite à quitter le métier. L’homme, Aaron B., 31 ans, originaire du comté de Cavan, a plaidé coupable et a reconnu avoir consommé une quantité « ahurissante » d’alcool avant et pendant le vol.

Les faits ont été examinés par la Dublin Circuit Criminal Court, qui a entendu le récit détaillé d’une agression sexuelle commise à bord d’un vol Ryanair à destination de l’aéroport de Dublin. L’incident s’est produit environ 40 minutes avant l’atterrissage, dans la zone réservée au personnel de cabine, alors que l’équipage préparait la fin de vol. La victime, membre du personnel navigant commercial, a expliqué avoir été « sexuellement agressée dans un espace étroit et confiné », en présence de collègues, alors qu’elle accomplissait des tâches de service. Elle a déclaré au tribunal : « Je ne faisais que mon travail », soulignant le caractère ordinaire de sa mission au moment où l’agression s’est produite.

Un passager “extrêmement ivre” et une consommation jugée « ahurissante »

L’accusé, Aaron B., 31 ans, a plaidé coupable d’agression sexuelle sur la membre d’équipage lors de ce vol à destination de Dublin. Devant la cour, il a expliqué souffrir d’un problème d’alcool et a affirmé ne garder aucun souvenir de l’incident. Selon les éléments présentés au tribunal, Aaron B. a consommé environ cinq bouteilles de vin à l’aéroport avec sa compagne avant l’embarquement, puis entre 12 et 15 bouteilles miniatures d’alcool à bord de l’avion. Cette quantité a été décrite comme « presque inimaginable » ou « ahurissante » par l’accusation et par la presse irlandaise, illustrant un cas extrême d’ivresse en vol.

Les juges ont parlé d’un passager « extrêmement ivre », et l’affaire s’inscrit dans une série de dossiers récents en Irlande impliquant des comportements violents ou sexuels de passagers en état d’ébriété sur des vols commerciaux, souvent Ryanair, examinés par les juridictions de Dublin.

Témoignage d’une victime contrainte de quitter l’aviation

Dans sa déclaration sur l’impact de l’infraction, l’hôtesse a décrit une expérience « profondément bouleversante », qui a durablement entamé son sentiment de sécurité en vol. Elle a expliqué que l’agression lui a laissé « un sentiment persistant de honte et de malaise », avec des répercussions significatives sur sa vie personnelle comme professionnelle.

La jeune femme a indiqué au tribunal qu’elle a finalement décidé de quitter son poste de cabine chez Ryanair, jugeant ne plus pouvoir exercer sereinement dans un environnement qui lui rappelait l’agression. Elle a également détaillé des pertes financières supérieures à 3 000 euros, liées à des congés non payés, des absences volontaires et sa démission, des coûts supportés intégralement par elle, sans compensation initiale de l’employeur.

« Je me suis sentie humiliée et brisée émotionnellement, et mon processus de reconstruction est toujours en cours », a-t-elle confié, selon les comptes rendus d’audience de la presse irlandaise. La configuration même de la cabine – espace restreint, proximité des passagers et des collègues – a été soulignée par la cour comme un facteur aggravant du traumatisme.

Le rôle du tribunal et la question de l’interdiction de vol

Le juge Jonathan Dunphy, en charge du dossier, a rappelé la gravité des faits et l’impact durable sur la victime, tout en examinant la situation personnelle de l’accusé. Le maximum encouru pour ce type d’infraction en Irlande est de dix ans d’emprisonnement, a indiqué l’accusation. Aaron B., qui n’avait pas de condamnations antérieures pour des faits similaires, a présenté ses excuses à la victime et a affirmé que son comportement était « hors de caractère ». « Ce n’est pas moi, je suis vraiment, vraiment désolé », a-t-il déclaré, exprimant sa « honte » et son incrédulité face à ce qu’il avait fait. Il a assuré ne plus boire d’alcool depuis l’incident et suivre un traitement pour son addiction.

Le juge Dunphy a également interrogé Aaron sur l’interdiction de vol prononcée par la compagnie. L’accusé a expliqué penser être banni pour cinq ans des vols Ryanair, mais le magistrat a indiqué comprendre qu’il s’agissait en réalité d’une interdiction à vie. Ce point illustre la volonté des compagnies aériennes de sanctionner fermement les comportements violents et de protéger leurs équipages, dans un contexte où Ryanair communique régulièrement sur les actions intentées contre les passagers perturbateurs.

Compensation financière et ajournement de l’affaire

Sur le plan financier, la poursuite a confirmé que la victime avait, jusqu’ici, supporté seule toutes les pertes liées à l’agression. La défense a indiqué que Brady mettait à disposition 5 000 euros « en signe de remords », somme que la victime a accepté de recevoir, et qu’il se disait prêt à couvrir l’intégralité de ses frais au fil du temps, avec la possibilité de réunir 5 000 euros supplémentaires.

Le juge Dunphy a ordonné que ces 5 000 euros soient versés dans les 24 heures pour être transmis à la victime et a ajourné l’affaire jusqu’en juin pour finaliser le dossier et laisser le temps au prévenu de régler les dépenses détaillées dans la déclaration d’impact. Il a indiqué maintenir, « non sans réticence », la mise en liberté sous caution de Aaron B., notamment afin qu’il puisse continuer à travailler et à indemniser la victime.

Agression sexuelle en plein vol : une hôtesse de Ryanair poussée à quitter son métier 1 Air Journal

©Aéroport de Milan Bergame