L’aéroport Paris-Charles de Gaulle figure parmi les plus gros émetteurs de CO₂ au monde, selon l’ONG Transport & Environment (T&E), qui alerte sur l’empreinte carbone des plateformes parisiennes et sur les projets de croissance du trafic aérien.
T&E classe Paris-CDG au 7e rang mondial des hubs aériens les plus émetteurs de CO₂ liés aux vols, sur la base de données internationales compilées par le think tank Overseas Development Institute (ODI) et l’organisation indépendante International Council on Clean Transportation (ICCT). L’ONG souligne que les vols au départ et à l’arrivée de Paris-CDG ont généré près de 14,7 millions de tonnes de CO₂ en 2023, soit un niveau qui place l’aéroport francilien à la deuxième place dans le Top 5 des plateformes européennes les plus polluantes.
« Les aéroports de Paris émettent à eux seuls plusieurs fois plus de CO₂ que la ville de Paris », souligne T&E, qui pointe donc Paris-CDG comme le principal contributeur de cette empreinte carbone.

@ODI/ICCT/T&E/Tekja
Orly et l’Île-de-France également pointés
L’ONG ne limite pas son analyse à Paris-CDG et intègre également l’aéroport Paris-Orly dans son diagnostic. Selon elle, l’ensemble formé par Paris-CDG et Paris-Orly fait de l’Île-de-France l’un des principaux foyers d’émissions aériennes en Europe, avec une trajectoire incompatible, à ce stade, avec les objectifs climatiques nationaux et européens.
T&E rappelle que les projets d’extension des capacités aéroportuaires françaises, en particulier autour de Paris-CDG, entraîneraient « une forte hausse des émissions de CO₂ d’ici 2050 » s’ils étaient menés à leur terme. « Les projets d’extension des aéroports français vont rendre encore plus irréaliste la décarbonation du secteur aérien », affirme l’ONG, qui chiffre à environ 32% la hausse potentielle des émissions par rapport à un scénario sans nouveaux projets.
Projets d’extension jugés incompatibles avec le climat
Dans son analyse, T&E cible tout particulièrement les perspectives de croissance de Paris-CDG à l’horizon 2050. Dans un scénario avec développement des infrastructures présenté par l’exploitant Groupe ADP (Aéroports de Paris), le trafic annuel pourrait passer d’environ 82 à 105 millions de passagers, ce qui se traduirait par 28% d’émissions supplémentaires par rapport à un scénario sans extension.
Pour l’ONG, cette trajectoire est clairement incompatible avec les engagements climatiques. « Si ces projets d’augmentation de capacité voient le jour, le secteur n’aura plus aucune chance de respecter la trajectoire de baisse des émissions définie dans sa propre feuille de route », avertit T&E, qui demande l’abandon de ces extensions jugées « incompatibles avec les accords de Paris ».
Avertissement sur la stratégie des autorités
T&E met aussi en cause les hypothèses avancées par les pouvoirs publics et les exploitants aéroportuaires sur la décarbonation du transport aérien. Selon l’ONG, les stratégies actuelles reposent trop sur des gains technologiques futurs et sur l’essor des carburants durables, sans remettre en cause la croissance du trafic, alors que « la hausse des volumes annule les efforts de réduction d’émissions par vol ».
L’ONG appelle les autorités françaises et européennes à conditionner tout projet d’augmentation de capacité à une trajectoire de baisse réelle des émissions. « Tant que les émissions continuent d’augmenter, parler de décarbonation du secteur aérien relève du greenwashing », estime-t-elle, réclamant un plafonnement, voire une réduction, du trafic sur les grands hubs comme Paris-CDG.
Groupe ADP défend sa stratégie climatique
De son côté, Groupe ADP conteste cette lecture et met en avant sa propre stratégie climatique. L’exploitant aéroportuaire rappelle qu’il s’est engagé à atteindre « zéro émission nette » sur ses émissions directes (périmètre infrastructures) à l’horizon 2035 pour Paris-CDG et Paris-Orly, puis à l’horizon 2050 pour l’ensemble de ses activités.
Le gestionnaire des aéroports parisiens souligne que ses projets d’évolution de capacité 105 millions de passagers par an s’inscrivent « dans une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques ». Il insiste sur le fait que « la croissance du trafic ne se traduit pas mécaniquement par une hausse équivalente des émissions », en invoquant la modernisation des terminaux, l’optimisation des flux au sol et l’exploitation d’avions plus récents et à des carburants durables d’aviation (SAF)
Groupe ADP met également en avant ses efforts de réduction des émissions sur la partie aéroportuaire : électrification des équipements de piste, raccordement des avions à l’alimentation électrique au sol, développement de transports collectifs vers les plateformes, et programmes d’efficacité énergétique dans les terminaux. Tout en poursuivant sa trajectoire de décarbonation, l’exploitant défend le rôle des hubs parisiens dans l’attractivité économique et la connectivité de la France.

@ODI/T&E
Pierre a commenté :
14 juin 2026 - 15 h 03 min
Espérons que ce classement va faire effet ….et entamer une véritable prise de conscience d’Adp.
Kyle a commenté :
4 juillet 2026 - 19 h 20 min
Non, il pollue plus parce que c’est un des plus grands avec le plus de vols y.c.long courrier.
Donc Dubai et Doha sont encore pire…
Et les meilleurs aéroports en France sont Ouessant et Le Puy en Velay ?
Miel a commenté :
14 juin 2026 - 15 h 28 min
Une ONG…. Tout est dit ! Aucun intérêt, aucune crédibilité, si ce n’est celle d’un lobby écolo-gaucho-décliniste… le pire est que le contribuable français doit de près ou de loin participer à son financement comme tous les autres organismes, groupements, associations, et autre manges m… que les français subventionnent à leur insu et contre leur volonté !
ATCfr a commenté :
14 juin 2026 - 15 h 45 min
On se fiche de ce que pensent ces illuminés. CDG a grand besoin de béton : il faut des nouveaux terminaux pour avoir des parkings au contact et augmenter le nombre de vols. L’aviation a un rôle négligeable dans le dérèglement climatique et rend au contraire d’immenses services à l’humanité
Bd a commenté :
14 juin 2026 - 18 h 52 min
Ca c’est vrai alors ! Le béton et la pollution, c’est l’avenir !
Que ne doit on lire ici …..
nickel a commenté :
14 juin 2026 - 22 h 43 min
Allez vivre dans le Larzac, abandonnez votre voiture, le train et le métro, habillez vous avez des peaux de bêtes, mangez ce que vous cultivez, chauffez vous au feu de bois, et foutez nous la paix… Comme vous n’allez faire rien de tout cela, fermez-là!!!
Bd a commenté :
15 juin 2026 - 11 h 34 min
Diable, quelle courtoisie !
Il n’y a vraiment rien de possible le entre les deux ?
Chiefpilot a commenté :
14 juin 2026 - 16 h 50 min
Pour soi disant” decarboner” L’Europe on a transféré la pollution notamment en Amérique latine avec l’exploitation des mines de métaux rares nécessaires à nos technologies. On nous propose constamment de remplacer l’utilisation papier par des outils numériques sachant que c’est un gros mensonge, vu que celui ci pollue davantage que le transport aérien. Des pays comme le Chili entre autres sont asséchés par les data centers notamment ceux de Google pour refroidir l’IA. Outre la consommation d’eau au détriment des citoyens et de l’agriculture, certaines de ces structures consomment autant d’électricité qu’une ville de 500.000 habitants. On n’entend pas beaucoup “de soi disant ecolos” S’exprimer à ce sujet. C’est plus facile de taper sans arrêt sur le transport aerien. Entre nous les autres s’en fichent du climat, que ce soit les Américains, les Chinois, les Russes ou les pays Asiatiques et du Moyen Orient.
Angeli a commenté :
14 juin 2026 - 18 h 12 min
Aucune restriction pour les compagnies dans l’utilisation des APUs. Chargement et déchargement des avions avec des loaders thermiques très polluants. La plupart des compagnies d’assistance utilisent du matériel thermique obsolète, on trouve très peu de matériel électrique sur la plateforme. L’environnement autour des avions est excécrable, l’air y est irrespirable notamment autour du terminal 1. Travailler au contact de ses avions pendant le pic d.activité est insupportable.
Pourtant l’état ne fait rien. Aucune sanction contre les compagnies qui utilisent leur APU de façon abusive (250kg /h de kerozen brulé pour les plus gros). Aucune solution alternative et fiable donnée par l’aéroport pour éviter cette pollution. Aucune obligation d’investissement massif dans du matériel électrique iso thermique. L’état ne fait rien.
?? a commenté :
14 juin 2026 - 20 h 20 min
Mais vous racontez n’importe quoi en fait ?
Les compagnies ont interdiction d’utiliser les APUs sur les postes équipés de PCA et de 400Hz, et les véhicules d’assistance en escale s’électrifient de plus en plus vite, avec obligation de flottes 100% électriques dans moins de 4 ans.
Angeli a commenté :
15 juin 2026 - 13 h 45 min
On doit pas travailler dans le même aéroport alors.
French bashing a commenté :
14 juin 2026 - 22 h 55 min
Pas compris ce focus sur CDG alors que LONDRES est number one et de TRÈS loin ?
Et Francfort est au coude à coude avec CDG…
Nico9 a commenté :
15 juin 2026 - 4 h 10 min
Tous ceux qui disent que le CO2 est un polluant sont soit des idiots soit des menteurs. C’est tout !
john a commenté :
16 juin 2026 - 9 h 47 min
Tiens, le fou du bus est de retour !
C’est tout !
lglch a commenté :
15 juin 2026 - 8 h 49 min
Sans être écolo, on a quand même à faire à un sacré nombre de com..mentaires, qui ne pense pas à l’avenir, ni au bien être de leurs enfants… Arrêtez les commentaires inutiles et retournez dans votre canapé regarder Cbouze…
lomnava a commenté :
15 juin 2026 - 12 h 16 min
Une solution efficace pour zéro pollution ? Fermer CDG !
Pas plus efficace que ça.
😉
Peyot a commenté :
15 juin 2026 - 16 h 29 min
On s’en fout !
Jack a commenté :
14 juillet 2026 - 13 h 48 min
Cette étude est ridicule.
Plus on roule, plus on consomme de carburant.
Plus sa maison est grande, plus la consommation augmente.
Comme par hasard la liste correspond par ordre décroissant à la taille des plus grand aéroports européens.
Ou est la nouvelle? Ou est l’information?
C’est totalement logique.
Il faudrait arrêter les titres racoleurs…