Air France et KLM renchérissent leurs billets long-courriers en réponse à la flambée du kérosène provoquée par la guerre au Moyen-Orient, marquée notamment par le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Plusieurs grandes compagnies européennes et internationales, de Lufthansa, SAS ou Air New Zealand, parmi d’autres, ont également annoncé des surcharges carburant ou des hausses de tarifs, faisant craindre un renchérissement durable du transport aérien.

Air France-KLM relève ses tarifs long-courriers

Le groupe Air France-KLM a annoncé une augmentation de ses tarifs sur les vols long-courriers, appliquée aux billets émis à compter du 11 mars 2026, afin de compenser la hausse brutale du prix du carburant liée au conflit au Moyen-Orient. Selon une déclaration relayée par plusieurs médias, le contexte géopolitique actuel a provoqué une envolée « importante et soudaine » du coût des carburants, notamment du kérosène, ce qui contraint le groupe à ajuster ses prix.

D’après l’agence Anadolu, les billets en classe économique sur certaines liaisons long-courriers du groupe doivent grimper d’environ 50 euros aller-retour, une hausse qui s’ajoute à des niveaux tarifaires déjà élevés depuis la reprise post-Covid. Le groupe s’appuie toutefois sur une stratégie de couverture carburant qui lui permet de lisser partiellement le choc à court terme, tout en prévenant que la situation pourrait se dégrader si la crise se prolonge.

Transavia et les low cost sous pression

Transavia, la filiale low cost d’Air France-KLM, se dit particulièrement exposée à la flambée du carburant, alors même que celui-ci représente autour d’un quart de ses coûts opérationnels. Pour les transporteurs à bas coûts, dont le modèle repose sur des marges serrées et des tarifs d’appel, la hausse du kérosène menace directement la rentabilité des lignes les plus sensibles au prix.

En Europe, d’autres low cost comme Ryanair ont également activé leurs mécanismes de couverture, mais n’excluent pas des hausses ciblées ou des surcharges carburant si les cours de l’or noir restent durablement au-dessus de 100 dollars le baril.

Les compagnies européennes resserrent leurs politiques tarifaires

Lufthansa, le groupe scandinave SAS, Ryanair ou encore Finnair font partie des compagnies qui ont commencé à ajuster leurs tarifs ou à évoquer explicitement des hausses de prix, s’abritant derrière la flambée du jet fuel et l’incertitude sur son approvisionnement. Certains transporteurs parlent de « mesures temporaires » ou de « réajustements de prix » afin de préserver la stabilité de leurs opérations, tout en surveillant de près l’évolution des cours.

La question de la couverture carburant devient centrale : là où Air France-KLM, easyJet ou Lufthansa ont couvert une large part de leur consommation 2026 à des prix fixes, SAS ou d’autres acteurs plus faiblement couverts subissent plus directement la volatilité des marchés. Finnair a mis en garde contre un risque qui ne porterait plus seulement sur le prix, mais sur la disponibilité même du kérosène si la crise s’installait, le Moyen-Orient étant un fournisseur clé pour l’Europe.

Un choc pétrolier alimenté par le détroit d’Ormuz

Au cœur des tensions : le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial et près de la moitié des importations européennes de carburant aviation. Depuis la fin février, les frappes visant des infrastructures énergétiques en Iran, au Qatar, aux Émirats arabes unis ou en Arabie saoudite, combinées aux menaces iraniennes sur le trafic pétrolier, ont conduit à une quasi-paralysie de ce corridor stratégique.

Résultat : le Brent a franchi de nouveau la barre des 100 dollars le baril et, lors d’une séance de forte panique, s’est même approché de 120 dollars, tirant le prix du jet fuel à des niveaux compris entre 150 et 200 dollars le baril, contre 85 à 90 dollars avant les frappes. Selon l’IATA Jet Fuel Price Monitor, le prix moyen du carburant aviation a bondi de près de 60%  (de 58,4 % exactement) en une semaine au début du mois de mars, un choc aussi brutal que difficilement absorbable pour un secteur où le carburant pèse autour de 40% des coûts d’exploitation.

Hausses de tarifs en cascade dans le monde

La réaction ne se limite pas à l’Europe : en Asie-Pacifique, Air New Zealand, Hong Kong Airlines ou encore Qantas ont annoncé des augmentations de prix et de surcharges carburant. Air New Zealand, qui supprime 1100  vols, a également relevé ses tarifs domestiques d’une dizaine de dollars néo-zélandais, ses vols régionaux d’une vingtaine, et ses liaisons long-courriers d’environ 90 dollars, avertissant que d’autres mesures pourraient suivre.

Qantas a indiqué qu’une hausse d’environ 5% de ses tarifs internationaux est à prévoir, sur fond de coût du carburant en hausse pouvant atteindre 150% depuis le début du conflit, tout en prévenant qu’elle pourrait revoir son programme de vols. Hong Kong Airlines revoit à la hausse ses surcharges, avec des augmentations pouvant dépasser 30% sur certaines routes, notamment vers l’Asie du Sud. Ces décisions s’inscrivent dans un mouvement global de renchérissement, que les analystes estiment appelé à se prolonger tant que les tensions persisteront.

Une demande encore solide, mais menacée

Pour l’heure, la demande de voyages reste robuste, notamment sur les axes Europe–Asie et Europe–Océanie, où les taux de remplissage peuvent dépasser 90%, selon des données communiquées par Qantas. Cette tension sur la capacité, accentuée par les reroutages entraînant des itinéraires plus longs, et les annulations, contribue elle aussi, à la hausse des prix sur les itinéraires contournant le Moyen-Orient.

Pour les voyageurs européens, le renchérissement se fera d’abord sentir sur les lignes long-courriers, où la part du carburant et les distances à parcourir rendent les hausses quasi inévitables. Les tarifs promotionnels vers l’Asie, l’océan Indien ou l’Amérique du Sud pourraient se raréfier dans les mois à venir, les compagnies privilégiant la protection de leurs marges à la quête de volumes à tout prix.

Guerre au Moyen-Orient : Air France et KLM augmentent le prix des billets long-courriers 1 Air Journal

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