KLM va céder 75% de sa filiale KLM Catering Services (KCS) au spécialiste mondial de la restauration aérienne gategroup, tout en conservant une participation minoritaire de 25% afin de rester étroitement impliquée dans le service à bord de ses vols.
L’opération s’inscrit dans le plan de redressement « Back on Track » de la compagnie néerlandaise et doit donner lieu à la construction d’une nouvelle unité de catering à Schiphol, conçue selon des standards environnementaux renforcés.
KLM ouvre le capital de son géant du catering
KLM et gategroup ont conclu un accord portant sur le projet de cession de la majorité du capital de KLM Catering Services, actuellement filiale à 100% de la compagnie néerlandaise. À l’issue de la transaction, gategroup détiendra 75% de KCS, tandis que KLM en conservera 25%, ce qui lui permettra de rester associée aux décisions stratégiques et à la définition du produit à bord. Selon les deux partenaires, cette structure doit créer des marges de manœuvre pour investir dans l’outil industriel et l’innovation, tout en laissant à KLM la possibilité de se concentrer davantage sur son cœur de métier, le transport de passagers et de fret.
Dans son communiqué, KLM rappelle que ce projet s’inscrit dans son programme « Back on Track », feuille de route lancée pour améliorer sa compétitivité après les années marquées par la crise sanitaire et la hausse des coûts. En confiant KCS à un acteur spécialisé, la compagnie espère bénéficier des effets de taille, des standards de production et du pouvoir de négociation de gategroup, l’un des principaux groupes mondiaux de restauration et d’hospitalité aériennes, présent dans plus de 60 pays.
Une activité stratégique à Schiphol
KLM Catering Services est le premier prestataire de catering aérien aux Pays-Bas et figure parmi les cinq plus grands acteurs européens. Basé à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, KCS emploie plus de 1 300 salariés et prépare plus de 55 000 repas par jour pour plus de 350 vols intercontinentaux, européens et cargo. L’entreprise dispose de 82 camions de catering pour desservir les appareils au contact et au large, et assure également la fourniture de nombreux équipements non alimentaires (trolleys, couvertures, presse, formulaires d’immigration, casques audio, etc.) pour KLM, KLM Cityhopper et plusieurs compagnies partenaires comme Kenya Airways, China Airlines ou Etihad Airways.
Fondée il y a plus de 80 ans, KCS est restée jusqu’ici un maillon intégré de la chaîne de valeur de KLM, garantissant la cohérence du produit cabine et la coordination avec les opérations de la compagnie à Schiphol. Dans un contexte de reprise du trafic et de pressions environnementales croissantes sur l’aéroport d’Amsterdam, la modernisation des installations de catering et l’optimisation logistique sont devenues des enjeux clés pour limiter les émissions au sol et les flux de camions sur le tarmac.
Gategroup mise sur une nouvelle unité à Schiphol
Pour gategroup, l’acquisition de KCS représente un renforcement stratégique en Europe et, en particulier, sur une plateforme majeure comme Amsterdam-Schiphol. Le groupe a annoncé son intention de construire une nouvelle installation de catering à Schiphol, présentée comme un navire étendard combinant automatisation avancée, haute performance énergétique et environnementale, et environnement de travail modernisé.
« Cette collaboration avec KLM représente une étape importante pour notre activité en Europe. Ensemble, nous continuerons à améliorer la performance, la fiabilité et l’expérience client globale », déclare Herman Anbeek, président Europe de gategroup. « Pour soutenir cette ambition commune, nous construirons une nouvelle installation à Schiphol, Amsterdam, rendue possible par notre savoir-faire, selon les plus hauts standards environnementaux et avec les dernières technologies et innovations. » Cette nouvelle usine doit s’inscrire dans la stratégie ESG de gategroup, qui met déjà en avant des bâtiments plus sobres, l’optimisation de la consommation d’eau et d’énergie et la réduction des déchets alimentaires dans plusieurs de ses sites en Europe.
KLM promet l’absence d’impact sur l’emploi
KLM insiste sur le fait que le projet de prise de contrôle majoritaire de KCS ne doit pas se traduire par des suppressions de postes. « Nous sommes heureux d’avoir trouvé en gategroup un partenaire solide et spécialisé, qui bénéficie de nombreuses années d’expérience dans le catering aérien », déclare Bas Brouns, directeur financier de KLM. « Nous resterons impliqués dans le catering à bord de nos vols, afin de garantir la qualité et le service que nos passagers attendent de KLM. Le projet d’acquisition n’aura pas d’impact sur l’emploi au sein de KCS. Nous nous réjouissons de cette future collaboration. »
Les deux groupes indiquent que KLM Catering Services continuera d’opérer comme une entité distincte, alignée sur les standards de service de KLM, avec une intégration progressive dans le réseau mondial de gategroup. Pour les compagnies clientes et les équipages, la transition est présentée comme devant se dérouler sans rupture opérationnelle ni modification immédiate des prestations à bord.
Une opération encore soumise à avis et autorisations
L’accord annoncé par KLM et gategroup demeure conditionné à plusieurs étapes réglementaires et sociales. Le projet d’acquisition doit d’abord être soumis à la consultation des conseils d’entreprise (works councils) de KCS et de KLM, comme le prévoit le droit social néerlandais. Il devra ensuite obtenir l’aval des autorités de concurrence et des régulateurs compétents, compte tenu de la position importante de gategroup sur le marché de la restauration aérienne en Europe.
Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large de concentration dans le secteur du catering aérien, où quelques acteurs globaux — dont gategroup, dnata ou LSG — se partagent l’essentiel des volumes pour les grandes compagnies et hubs internationaux. Elle intervient également alors que Schiphol cherche à concilier la hausse attendue du trafic, après une période de réduction des vols, avec des objectifs renforcés en matière de bruit et d’empreinte carbone, ce qui pousse les opérateurs à moderniser leurs infrastructures au sol. Pour rappel, le Conseil d’État néerlandais a annulé le mois dernier le plafonnement à 478 000 mouvements annuels de vols à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, infligeant un sérieux revers à la politique gouvernementale de réduction du bruit autour du principal hub néerlandais.

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