Le groupe IAG, maison mère de British Airways et Iberia, a finalement décidé de ne pas déposer d’offre non contraignante pour une participation minoritaire dans TAP Air Portugal, alors que Lisbonne relance la privatisation de sa compagnie nationale. Ce retrait laisse Air France-KLM et Lufthansa seuls en première ligne pour acquérir jusqu’à 44,9% du capital, dans un processus très encadré par l’État portugais. 

IAG se retire de la course

IAG a confirmé avoir renoncé à déposer une offre non contraignante pour une participation minoritaire dans TAP avant la date limite fixée au 2 avril par le gouvernement portugais. Le groupe, qui avait formalisé son intérêt à l’automne 2025, figurait initialement parmi les trois grands prétendants identifiés par Lisbonne avec Lufthansa et Air France-KLM. Dans un communiqué, IAG explique qu’«après un examen attentif », il a décidé de ne pas poursuivre l’acquisition de cette participation minoritaire, préférant «prioriser les opportunités de croissance au sein du groupe existant ». Cette position s’inscrit dans une ligne déjà esquissée ces dernières semaines, le groupe laissant entendre qu’une entrée au capital sans perspective de contrôle effectif serait «un deal difficile à exécuter » sur le plan industriel.

Une privatisation à la main de l’État portugais

Le Portugal a relancé en 2025 la privatisation de TAP Air Portugal, aujourd’hui détenue à 100% par l’État à l’issue de la restructuration post‑Covid. Le cadre retenu prévoit la cession jusqu’à 49,9% du capital, dont 44,9% à un partenaire stratégique du secteur aérien et 5% réservés aux salariés, l’État conservant une majorité de contrôle.

Les offres non contraignantes devaient être déposées au plus tard le 2 avril, en incluant non seulement un prix indicatif pour la participation, mais aussi un plan industriel et stratégique détaillant les synergies envisagées, les engagements sociaux et les perspectives de développement du réseau. Selon des estimations d’analystes publiées à l’automne, la valeur de la seule tranche de 44,9% pouvait avoisiner les 700 millions d’euros, reflet du poids stratégique de TAP sur l’axe Europe–Amérique du Sud.

Air France-KLM et Lufthansa restent en lice

Air France-KLM a confirmé avoir remis une offre non contraignante pour une participation minoritaire dans TAP, en réponse à l’appel à manifestations lancé par Lisbonne. Le groupe franco‑néerlandais voit dans TAP un levier pour renforcer son positionnement sur les marchés lusophones, notamment le Brésil, où la compagnie portugaise dispose d’une présence historique et d’un réseau dense.

Lufthansa a également indiqué à l’agence Reuters avoir déposé une offre, sans communiquer de détails sur le montant ni sur la structure proposée. Déjà engagée dans l’intégration d’ITA Airways et présente au Portugal via Lufthansa, SWISS, Brussels Airlines et Eurowings, la compagnie allemande met en avant la constitution de partenariats de long terme avec les transporteurs nationaux européens.

Un enjeu stratégique pour le ciel européen

La privatisation de TAP se joue sur fond de recomposition accélérée du transport aérien européen, marqué par la concentration des grands groupes et la montée en puissance des hubs de connexion intercontinentale. TAP occupe une position singulière grâce à son hub de Lisbonne, pivot entre l’Europe, l’Amérique du Sud – particulièrement le Brésil – mais aussi l’Afrique lusophone.

Pour le gouvernement portugais, l’enjeu est de trouver un partenaire capable de consolider ce rôle tout en respectant une série d’exigences nationales, notamment le renforcement des opérations sur l’ensemble des aéroports du pays et non pas seulement à Lisbonne, avec un enjeu plus crucial pour le hub de Porto. Le calendrier actuel prévoit une sélection du candidat privilégié d’ici l’été et une finalisation de l’opération dans le courant du second semestre 2026, sous réserve des approbations réglementaires européennes.

Les offres non contraignantes seront désormais analysées par Lisbonne et ses conseils financiers, avant d’ouvrir, pour le ou les candidats retenus, une phase de due diligence plus approfondie et de négociation d’une offre contraignante.

IAG renonce à TAP Air Portugal, Air France-KLM et Lufthansa restent en lice 1 Air Journal

@TAP Air Portugal