L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) tire la sonnette d’alarme. Les conflits, et surtout l’extension de la guerre au Moyen-Orient impliquant l’Iran, rétrécissent dangereusement les couloirs de vol entre l’Europe et l’Asie. Le trafic aérien se concentre sur des routes de plus en plus étroites, avec des risques accrus pour la sécurité des passagers et des équipages.

Depuis le 28 février 2026, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran et les ripostes iraniennes ont bouleversé le ciel du Golfe. De nombreux pays ont fermé ou fortement restreint leur espace aérien : Iran, Irak, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Qatar, Émirats arabes unis, Oman et une grande partie de l’Arabie saoudite. Ces fermetures s’ajoutent aux interdictions déjà en vigueur depuis la guerre en Ukraine et aux tensions entre le Pakistan et l’Afghanistan. Résultat : les compagnies aériennes européennes n’ont plus que des couloirs très limités, principalement au-dessus de l’Azerbaïdjan et de l’Asie centrale, pour relier le Vieux continent à l’Asie.

Des routes saturées et inhabituelles
Le trafic entre l’Europe et l’Asie, l’un des plus denses au monde, est maintenant canalisé dans des corridors étroits. Les avions doivent emprunter des itinéraires plus longs et moins familiers. Cette concentration augmente la pression sur les contrôleurs aériens et réduit les marges de manœuvre en cas d’incident. Florian Guillermet, directeur exécutif de l’EASA, explique : « Il est évident que la concentration du trafic sur certaines routes, la disponibilité de l’espace aérien pour le contrôle de la navigation et le fait que le trafic utilise des itinéraires inhabituels peuvent générer des risques de sécurité. »

Des recommandations prolongées jusqu’au 10 avril
Vendredi dernier, l’EASA a renouvelé son avis clair : les compagnies aériennes européennes doivent éviter les espaces aériens de l’Iran, d’Israël et d’une partie du Golfe au moins jusqu’au 10 avril 2026. Seules quelques exceptions sont prévues, à très haute altitude, dans le sud de l’Arabie saoudite et d’Oman. L’agence continue de surveiller la situation heure par heure avec la Commission européenne et les États membres.

Les compagnies aériennes réorganisent déjà leurs vols. Certains itinéraires s’allongent de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui fait grimper les coûts de carburant et les délais. Pour l’instant, l’EASA assure que les mesures de sécurité restent efficaces. Mais elle insiste : dans un ciel de plus en plus contraint, la vigilance reste la priorité absolue.

Des risques multiples pour l’aviation civile
Par ailleurs, l’EASA met en garde contre plusieurs dangers en Europe : prolifération des drones, brouillage des signaux GPS, missiles et interceptions possibles. L’agence parle même de « guerre hybride », avec des incidents suspects déjà observés près d’aéroports européens. De Stockholm à Munich, plusieurs aéroports ont subi des perturbations liées aux drones, soupçonnées, sans être confirmées, d’être liées au conflit. Les équipages et les contrôleurs sont formés pour gérer ces situations, mais les marges de sécurité se réduisent. L’EASA, qui regroupe 31 pays européens, prépare d’ailleurs une refonte de sa stratégie pour mieux protéger les vols civils dans l’espace aérien européen. 

Guerre au Moyen-Orient : l’EASA alerte sur des corridors de plus en plus étroits entre l’Europe et l’Asie 1 Air Journal

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