La compagnie néerlandaise KLM va retirer environ 80 vols aller‑retour de son programme européen au départ et à destination de l’aéroport d’Amsterdam‑Schiphol sur le mois à venir, soit « moins de 1% » de ses vols en Europe sur la période.
Filiale du groupe Air France‑KLM, elle justifie cette décision par la hausse du prix du kérosène qui renchérit brutalement ses coûts unitaires sur le court et moyen‑courrier. « KLM proposera 80 vols aller‑retour de moins depuis et vers Schiphol, ce qui correspond à moins de 1% de ses vols européens sur la période », a indiqué la compagnie dans un communiqué, en soulignant qu’il s’agit d’un « nombre limité de vols à l’intérieur de l’Europe qui, du fait de la hausse des coûts en kérosène, ne sont plus viables financièrement ».
Le carburant en cause, mais « pas de pénurie de kérosène »
Alors que la multiplication d’annulations dans certains pays alimente régulièrement les rumeurs de difficultés d’approvisionnement, KLM insiste sur le caractère strictement économique de ce recalibrage de son réseau. « Il n’y a pas de pénurie de kérosène », a tenu à préciser la compagnie, qui pointe explicitement une hausse de ses coûts carburant plutôt qu’un manque physique de jet‑fuel.
Cette augmentation du poste carburant intervient dans un contexte déjà tendu pour Air France‑KLM, confronté à des prix de l’énergie volatils et à des exigences croissantes en matière d’incorporation de carburants d’aviation durables (SAF), nettement plus chers que le kérosène fossile. Selon des analyses sectorielles, ces contraintes pèsent de manière disproportionnée sur les transporteurs européens, qui doivent avancer plus vite que nombre de leurs concurrents internationaux sur la trajectoire de décarbonation.
Fiscalité néerlandaise : un handicap compétitif assumé
Parallèlement à cette réduction ciblée de vols non rentables, KLM a dénoncé l’annonce par le gouvernement néerlandais d’une nouvelle hausse de la taxe sur les billets d’avion à partir de 2027, qui la rendrait « plus de huit fois supérieure » à la moyenne de l’Union européenne. Cette taxe, aujourd’hui fixée à 30 euros, resterait inchangée pour les vols de moins de 2 000 km, mais grimperait à 48 euros pour le moyen‑courrier et 72 euros pour le long‑courrier.
La compagnie avertit qu’« une fiscalité plus lourde que dans les pays voisins pourrait pousser les voyageurs à emprunter des aéroports en dehors des Pays‑Bas », en clair à se détourner d’Amsterdam‑Schiphol au profit de hubs concurrents en Belgique ou en Allemagne. KLM estime que cette trajectoire fiscale risque de faire des billets au départ des Pays‑Bas les plus chers d’Europe et de fragiliser la connectivité du pays, pourtant largement fondée sur le rôle de plate‑forme de correspondance de Schiphol.
Schiphol, un hub sous pression entre taxes et contraintes
La hausse programmée de la taxe passagers s’ajoute à une série de mesures défavorables dénoncées de longue date par KLM et, plus largement, par le secteur aérien néerlandais. L’aéroport d’Amsterdam‑Schiphol a déjà relevé ses redevances de 41% sur quelques années, une augmentation spectaculaire qui doit encore propulser la plateforme parmi les plus coûteuses du continent pour les compagnies aériennes. KLM a mis en garde contre « des conséquences majeures pour les voyageurs et le secteur de l’aviation », en soulignant que cette inflation tarifaire, combinée à la nouvelle fiscalité sur les billets et aux projets de limitation de capacités à Schiphol, pèse directement sur la compétitivité du hub néerlandais.

Anna Stazzi a commenté :
17 avril 2026 - 11 h 14 min
Il manque un détail dans cet étalage de justificatifs plus ou moins crédibles.
Le prix du kéro ne joue que sur qques semaines, et actuellement de façon ponctuelle.
La mauvaise situation financière de KLM, ses mauvais résultats, sont dûs à une gestion des coûts et des réformes structurelles en attente et prévues.
La suppression de qques vols peu rentables, est un début, mais indépendant des causes réelles.
Simple hasard de calendrier, inutile de phosphorer pour dévier de sujet.
Il serait bcp plus sain d’annoncer la vraie couleur.
Un ponte de KLM avait annoncé l’obligation d’aborder ces questions structurelles dès en 2024.