En 2025, Brussels Airport Company a enregistré des résultats historiques, avec un chiffre d’affaires en hausse de 6% à 828 millions d’euros, un volume de fret en forte croissance et des investissements records de 302 millions d’euros dans ses infrastructures.

L’exploit est d’autant plus notable qu’il intervient dans un contexte marqué par sept journées de grève nationale et la montée des exigences environnementales autour du bruit et des émissions des avions.

Des résultats financiers au plus haut

Brussels Airport clôture l’exercice 2025 sur un nouveau palier historique de revenus, à 828 millions d’euros, soit une progression de 6% par rapport à 2024. Cette croissance s’appuie à la fois sur la hausse du nombre de passagers et sur la dynamique soutenue du fret, qui a « significativement dépassé la croissance du marché mondial », souligne l’aéroport.

Les coûts d’exploitation ont, eux aussi, augmenté pour atteindre 472 millions d’euros, contre 439 millions un an plus tôt, principalement en raison de l’augmentation du trafic, de besoins accrus en sécurité et de charges de maintenance plus élevées. L’EBITDA progresse néanmoins de 3%, à 356 millions d’euros, confirmant la solidité opérationnelle de la plateforme de Zaventem malgré un environnement social et réglementaire exigeant.

Le bénéfice net ressort à 84 millions d’euros, en léger retrait de 7 millions par rapport à 2024, un recul imputé à une charge fiscale plus élevée que les années précédentes. Pour la première fois depuis 2019, Brussels Airport Company distribue à nouveau un dividende à ses actionnaires, à hauteur de 41 millions d’euros, signe de la confiance retrouvée dans la trajectoire de long terme de l’aéroport.

Trafic passagers et fret en hausse malgré les grèves

En 2025, Brussels Airport a accueilli 24,4 millions de passagers, soit une hausse de 3,3% par rapport à 2024, alors même que sept jours de grève nationale ont perturbé l’activité et entraîné l’annulation d’environ 2 400 vols. La direction estime que ces mouvements sociaux ont coûté environ 275 000 passagers à l’aéroport, tempérant une reprise qui se rapproche progressivement des niveaux de 2019, où le record atteignait près de 26,4 millions de voyageurs.

Le cargo confirme son rôle de pilier du modèle de Brussels Airport, avec 795 000 tonnes traitées en 2025, en hausse de 8,5% sur un an, une performance supérieure à la tendance mondiale. L’aéroport reste un centre logistique majeur pour les produits pharmaceutiques et le e‑commerce, avec des capacités renforcées dans la zone Brucargo Central.

Au total, 198 000 à 198 370 mouvements de vols commerciaux ont été enregistrés, soit environ 2,8% de plus qu’en 2024, avec une montée de la productivité des vols : le nombre moyen de passagers par vol a atteint 145, un record pour la plateforme. Cette densification contribue à limiter l’augmentation des mouvements tout en accompagnant la croissance du nombre de voyageurs.

Investissements records pour moderniser l’infrastructure

L’année 2025 restera comme une année d’investissements exceptionnels pour Brussels Airport Company, avec 302 millions d’euros injectés dans les infrastructures, un record pour le gestionnaire du site. Ces montants se concentrent sur la capacité, la sécurité et le confort des passagers, mais aussi sur l’efficacité des opérations cargo.

Parmi les principaux chantiers figurent la rénovation complète de la piste 25L/07R, essentielle à la continuité des opérations, la construction du nouveau parking P30 et de nouveaux bâtiments logistiques à Brucargo Central, ainsi que l’ouverture du nouveau lounge « The View » dans la jetée B. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie de long terme visant à soutenir la croissance future du hub belge et à renforcer son attractivité pour les compagnies aériennes et les passagers.

« Malgré les défis rencontrés en 2025, nous pouvons cette année également présenter des résultats financiers solides avec un chiffre d’affaires record. 2025 a été également une année record en termes d’investissements. Année après année, nous continuons à investir dans la qualité de nos infrastructures pour continuer à offrir une expérience de qualité à nos clients. En parallèle, nous préparons aussi notre aéroport pour les décennies à venir et ainsi permettre la croissance future de nos activités au service de nos passagers et partenaires, assurant ainsi notre rôle clé pour l’économie belge », déclare Arnaud Feist, CEO de Brussels Airport Company.

Tarifs environnementaux : plus de 4 vols sur 10 déjà « silencieux »

Au‑delà des chiffres, Brussels Airport met en avant la transformation du mix de flotte opérée sur sa plateforme grâce à une politique tarifaire nettement différenciée selon les performances environnementales des avions. Depuis avril 2023, les appareils les plus bruyants et les plus polluants paient jusqu’à 20 fois plus de redevances aéroportuaires que les avions les plus silencieux et les plus efficaces, une évolution majeure par rapport au système introduit en 2016, où l’écart était limité à un facteur trois.

Les résultats sont tangibles : la part des vols opérés avec les avions les plus performants sur le plan acoustique est passée de 32% en 2023 à 42% en 2025, soit une hausse de 10 points en deux ans. En dix ans, cette proportion a plus que doublé, augmentant de 20% en 2016 à 42% en 2025, portée par le renouvellement des flottes et l’arrivée d’appareils de nouvelle génération, comme l’Airbus A320neo.

« Grâce à la réduction de nos tarifs aéroportuaires pour les avions les plus performants au niveau du bruit, nous encourageons les compagnies aériennes à voler avec des avions modernes et plus silencieux. Et les chiffres démontrent que cette approche porte ses fruits, année après année », souligne encore Arnaud Feist. Pour l’aéroport, cette orientation confirme qu’« il est possible de concilier croissance et limitation de l’impact sur l’environnement », à condition d’accompagner la transition technologique du transport aérien.

Réduction du bruit au sol et enjeux environnementaux

La politique de Brussels Airport ne se limite pas au bruit en vol : le gestionnaire multiplie également les initiatives pour réduire les nuisances au sol, notamment via l’augmentation de l’utilisation d’équipements de manutention au sol électriques. L’aéroport exploite une zone d’essais moteurs clôturée afin de contenir les nuisances sonores lors des tests de puissance, et prévoit la construction de murs antibruit supplémentaires dans les années à venir.

Depuis 2004, les redevances de décollage et d’atterrissage à Brussels Airport intègrent déjà un critère de bruit, renforcé au fil du temps pour inciter les opérateurs à déployer des appareils plus silencieux. La dernière refonte des tarifs, en vigueur pour la période 2023‑2028, ajoute aussi un composant lié aux émissions d’oxydes d’azote (NOx), les compagnies réduisant ces émissions bénéficiant de redevances plus faibles.

L’aéroport prévoit une réduction mesurée de l’empreinte sonore globale à horizon 2032, malgré une progression attendue du trafic, grâce à la montée en puissance d’avions de nouvelle génération, à l’optimisation des procédures d’atterrissage et à la mise en place de nouveaux dispositifs de protection des riverains. Reste que ces efforts interviennent dans un contexte politique belge tendu autour des nuisances aériennes, et seront scrutés de près par les autorités et les associations de riverains dans les prochaines années.

Brussels Airport : 24,4 millions de passagers en 2025, revenus record et  transition accélérée vers des avions plus silencieux 1 Air Journal

@Brussels Airport