La compagnie low-cost AirAsia Philippines est confrontée à une menace sérieuse de suspension de ses opérations après une décision du régulateur aérien philippin. L’Autorité de l’aviation civile des Philippines (CAAP) a ordonné à la compagnie de cesser ses activités dans les aéroports publics en raison d’arriérés de paiement atteignant 271,94 millions de pesos (environ 4,7 millions de dollars).

Un ordre de cessation d’activité imminent

Selon plusieurs médias philippins, dont ABS-CBN, le directeur général de la CAAP, Raul del Rosario, a signé le 2 juin 2026 un ordre de cessation (« cease-and-desist order »). Celui-ci impose à la filiale du groupe AirAsia d’interrompre ses opérations dans un délai de trois jours après réception de la notification. L’organisme reproche à la compagnie de ne pas avoir honoré ses obligations financières malgré « de multiples tentatives de recouvrement ». Les dettes concernent notamment les redevances de navigation aérienne, les frais d’atterrissage et de stationnement, les taxes passagers domestiques ainsi que diverses redevances aéroportuaires accumulées entre 2021 et mai 2026.

La CAAP précise que ce montant n’inclut pas les pénalités ni les intérêts de retard, susceptibles d’alourdir la facture. En cas d’application stricte de la décision, AirAsia Philippines pourrait être privée d’accès aux infrastructures aéroportuaires gérées par l’État, sauf autorisation expresse.

Une compagnie qui se veut rassurante

Malgré cette décision, la compagnie affirme poursuivre ses opérations normalement. Dans une déclaration relayée le 3 juin 2026, AirAsia Philippines assure que « ses vols et services continuent comme prévu sur l’ensemble de son réseau, sous réserve des conditions opérationnelles habituelles telles que la météo ». La direction avait précédemment indiqué son intention de régler le solde restant « dans la semaine », laissant entrevoir une possible issue négociée.

Un différend financier ancien

Le contentieux entre la compagnie et le régulateur ne date pas d’hier. Dès mars 2026, la CAAP avait adressé une mise en demeure portant sur 833,7 millions de pesos (environ 14,5 millions de dollars), assortie d’un ultimatum de cinq jours. Avec les pénalités, la dette totale aurait pu dépasser le milliard de pesos (17,4 millions de dollars). Ces montants incluaient notamment des taxes passagers collectées par la compagnie mais non reversées. La CAAP souligne que ces sommes constituent des fonds fiduciaires (« trust funds ») devant impérativement être transférés aux autorités.

Depuis, AirAsia Philippines a réduit significativement son passif, ramené à 271,94 millions de pesos après plusieurs paiements. Toutefois, selon le régulateur, le solde n’a pas été réglé dans les délais impartis.

Un enjeu opérationnel et concurrentiel

AirAsia Philippines exploite actuellement une flotte de 15 Airbus A320 et dessert un réseau domestique dense ainsi que plusieurs liaisons internationales en Asie du Sud-Est. Une suspension effective aurait des conséquences immédiates sur la connectivité intérieure du pays.

Les autorités envisagent déjà des mesures d’urgence : les compagnies concurrentes Cebu Pacific et Philippine Airlines pourraient être sollicitées pour assurer des vols de substitution en cas d’interruption des opérations.

AirAsia Philippines menacée de suspension pour 4,7 millions de dollars d’impayés 1 Air Journal

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