Air Canada ouvre une nouvelle page de son histoire avec l’entrée en service de l’Airbus A321XLR. Avant même ses débuts sur le long-courrier, l’appareil est introduit sur des liaisons domestiques, prélude à une expansion transatlantique ciblée et flexible.
Un premier vol domestique symbolique
Le 9 juin, Air Canada a officiellement lancé l’exploitation commerciale de son premier Airbus A321XLR, marquant une étape clé dans la modernisation de sa flotte. L’appareil immatriculé C-GXLR a effectué un vol inaugural entre Montréal et Toronto (AC413), parcourant les 506 kilomètres en à peine 50 minutes.
Ce choix d’une liaison intérieure n’est pas anodin : comme souvent lors de l’introduction d’un nouveau type, ces premiers vols permettent la familiarisation des équipages et la montée en puissance opérationnelle avant les missions long-courriers.
Cap sur Toulouse et l’Europe
L’entrée en service internationale est prévue dès le 15 juin, avec l’ouverture d’une liaison entre Montréal-Trudeau et Toulouse-Blagnac. Une route emblématique, tant pour Airbus que pour Air Canada, qui entend capitaliser sur les performances du monocouloir pour desservir des marchés secondaires.
La compagnie prévoit d’ajouter progressivement jusqu’à onze nouvelles destinations d’ici la fin de l’année, profitant du rayon d’action de l’A321XLR – jusqu’à 8 700 km – pour développer des routes transatlantiques à plus faible densité, difficilement rentables en gros-porteurs. Selon Mark Galardo, vice-président exécutif et directeur commercial d’Air Canada, « l’introduction de l’A321XLR constitue un moment transformateur pour la compagnie » et « marque le début d’une nouvelle ère pour nos clients ».
Un monocouloir pensé pour le long-courrier
Air Canada mise fortement sur l’expérience passager à bord de cet appareil. L’A321XLR est configuré en deux classes pour un total de 182 sièges : 14 sièges en classe Affaires (Signature Class), disposés en configuration 1-1 et entièrement inclinables à plat – une première pour un monocouloir canadien et 168 sièges en classe Économie en configuration 3-3.
La cabine, baptisée « Glowing Hearted » (ou « Golden Hearted » selon certaines communications), se distingue par un design inspiré des paysages canadiens, des écrans de divertissement nouvelle génération, la connectivité Bluetooth et des prises de recharge individuelles. Le Wi-Fi est offert gratuitement aux membres du programme Aeroplan, tandis qu’il reste payant pour les autres passagers.
Une stratégie de flotte ambitieuse
La commande d’A321XLR, annoncée en mars 2022, s’inscrit dans une stratégie de renouvellement et d’optimisation du réseau. Initialement fixée à 26 appareils, elle a depuis été portée à 30 unités, réparties entre achats directs et contrats de leasing (notamment avec Air Lease Corporation et AerCap).
À ce jour, deux appareils ont été livrés : C-GXLR en avril et C-GXAN début juin. Les livraisons doivent se poursuivre dans les prochains mois. Air Canada souligne que « les performances et l’autonomie de l’appareil permettent d’ajuster l’offre en fonction de la saisonnalité et de l’évolution des marchés », un atout clé dans un contexte de demande fluctuante.
Complémentarité avec les gros-porteurs
L’A321XLR ne remplace pas les avions long-courriers traditionnels, mais vient les compléter. En parallèle, Air Canada a commandé 18 Boeing 787-10 Dreamliner en 2023, destinés à renforcer son réseau long-courrier principal et à remplacer les Boeing 767-300ER en fin de carrière. Le premier exemplaire est attendu dans le courant de l’été.
Avec cette double stratégie – monocouloirs long rayon d’action et gros-porteurs de nouvelle génération – Air Canada se dote d’une flexibilité accrue pour adapter son offre, ouvrir de nouvelles routes et optimiser ses coûts d’exploitation.
Une tendance de fond dans l’industrie
L’introduction de l’A321XLR chez Air Canada s’inscrit dans une tendance globale. De nombreuses compagnies – dont Iberia, Aer Lingus ou encore United Airlines – misent sur cet appareil pour développer des liaisons transatlantiques « point à point ». Ce modèle permet de contourner les hubs saturés, de desservir des villes secondaires et de tester de nouveaux marchés avec un risque financier limité. Pour Air Canada, l’A321XLR pourrait ainsi devenir un outil clé pour renforcer sa présence en Europe, notamment en France, tout en diversifiant son réseau au départ de Montréal et Toronto.


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