ITA Airways et les syndicats représentatifs du personnel navigant et au sol ont trouvé, début juillet, un compromis sur un nouveau contrat collectif d’entreprise, associé au renouvellement de la section « transporteurs » de la convention collective nationale du transport aérien italien (CCNL).
Ce projet d’accord, qui prévoit une revalorisation moyenne de 30% du traitement économique global, doit encore être soumis au conseil d’administration d’ITA Airways et entériné par les assemblées de salariés.
Un accord charnière pour ITA sous contrôle Lufthansa
Après plus d’un an de négociations, la compagnie — détenue à 90% par Lufthansa depuis l’exercice, le 1er juin, d’une option portant sur la quasi‑totalité du capital, le solde restant aux mains du ministère italien de l’Économie — a abouti à un accord avec Filt‑Cgil, Fit‑Cisl, UilTrasporti, Ugl Trasporto Aereo, Anpac et Anp. Le texte couvre à la fois la partie « transporteurs » du CCNL et le contrat collectif d’entreprise, avec des échéances fixées respectivement au 31 décembre 2027 et au 31 décembre 2028, l’alignement des deux dates étant explicitement prévu lors du prochain renouvellement.
Pour la direction, l’accord constitue un jalon dans la trajectoire d’intégration d’ITA au sein du groupe Lufthansa, appelée à être pleinement effective à partir de 2027. Joerg Eberhart, directeur général d’ITA Airways, le présente comme « un résultat d’une grande importance pour la compagnie et pour l’ensemble de nos collaborateurs », fruit d’« un dialogue sérieux et responsable ».
Hausses de rémunération et primes « una tantum »
Selon les données communiquées par les syndicats et la compagnie, le projet prévoit une augmentation moyenne de 30% du traitement économique global, incluant salaire de base, indemnités fonctionnelles, éléments variables (heures supplémentaires, majorations), avantages intégrés (tickets‑restaurant, prestations diverses), contributions patronales et primes exceptionnelles. La convention collective de branche est prolongée jusqu’à fin 2027, tandis que l’accord d’entreprise court jusqu’à fin 2028, ce qui donne de la visibilité aux salariés dans un contexte de transformation rapide du pavillon italien.
L’enveloppe comporte des primes « una tantum » différenciées : pour le personnel au sol, un montant de 1 480 euros est prévu au titre de la vacance contractuelle, tandis que pour les pilotes et personnels de cabine la prime varie de 1 500 à 4 500 euros selon la qualification. La FIT‑CISL précise que, pour les personnels au sol, l’accord s’accompagne d’augmentations en trois tranches, du doublement du dispositif de « welfare » (bien-être) en 2026, d’une hausse des tickets‑restaurant et de l’indemnité de présence journalière, de trois jours de congés supplémentaires à partir de 2027, ainsi que du renforcement de la prévoyance complémentaire et de la couverture santé.
Navigants : grilles salariales, congés et indemnités de déplacement
Pour le personnel navigant (pilotes et PNC), les hausses salariales seront échelonnées : +3% en septembre 2026, +4% en 2027, +5% en 2028, avec un calcul plus favorable de la treizième et de la quatorzième mensualité et un renforcement des contributions patronales au fonds de pension. Les congés pourront atteindre 30 jours, en fonction de l’âge, tandis que la couverture santé de catégorie sera étendue à l’ensemble du foyer.
Sur le plan opérationnel, l’accord introduit une indemnisation spécifique pour l’activité de vol ainsi que l’extension du temps partiel hebdomadaire aux mois d’été, deux éléments directement liés à la gestion de l’offre dans un contexte de contraintes de flotte. La FIT‑CISL souligne aussi l’augmentation du nombre d’échelons d’ancienneté pour les deux catégories de personnel, ce qui structure davantage les perspectives de carrière au sein de la compagnie. L’un des points les plus sensibles de la négociation portait sur les indemnités de déplacement. Celles‑ci ne seront plus calculées à l’heure mais à la journée, avec des montants allant de 47 euros pour les vols intérieurs à 56 euros pour les liaisons internationales, et jusqu’à 77 euros pour l’Amérique du Nord, le Canada, Paris et Londres.
Un signal social dans un secteur sous tension
Les syndicats présentent le compromis comme un résultat qui « reconnaît la valeur du travail » et « protège pleinement compétences et droits » dans un secteur considéré comme stratégique pour l’économie, le tourisme et la compétitivité de l’Italie. Monica Mascia, secrétaire générale de la FIT‑CISL, estime que « ce renouvellement, fruit d’un dialogue de négociation sérieux et constructif, inaugure une phase nouvelle et plus participative », première étape d’un processus de « reconstruction de la confiance et de fidélisation du personnel ».

Serge13 a commenté :
7 juillet 2026 - 10 h 02 min
Je ne leur donne pas deux ans avant que le scandale explose avec les syndicats. Elle est condamnée cette compagnie.
Luftitalia a commenté :
7 juillet 2026 - 10 h 25 min
Attention au retour du bâton…
La Luft sait très bien « presser ses citrons »… citation de son PDG parlant de ses employés.