L’Association du transport aérien international (IATA) confirme que le trafic mondial de passagers a poursuivi sa progression en 2025, mais avec une dynamique nettement contrastée selon les marchés nationaux. Les États-Unis restent le premier marché au monde, tandis que la France conserve une place modeste dans le top 10 avec l’une des croissances les plus faibles.
Un marché mondial toujours en hausse
Le nouveau rapport World Air Transport Statistics (WATS) de l’IATA dresse le bilan détaillé du transport aérien mondial en 2025. Alimenté par les données de 1 315 compagnies aériennes, il mesure la demande, l’offre, les performances opérationnelles, la flotte et les routes les plus fréquentées. Ces statistiques confirment le maintien d’une croissance globale du trafic passagers, au‑delà des niveaux d’avant‑pandémie.
États-Unis, premier marché mais croissance minimale
En 2025, les États-Unis ont conservé leur rang de premier marché national de transport de passagers par avion, avec 890,1 millions de voyageurs ayant décollé ou atterri sur le territoire. La progression par rapport à 2024 n’est toutefois que de 1,6%, ce qui en fait le marché le plus lent parmi les dix premiers au classement. Ce volume colossal confirme la centralité du marché américain, mais aussi l’arrivée à un palier de maturité sur le segment domestique.
Chine et Asie en forte dynamique
La Chine demeure le deuxième marché mondial, avec 776,1 millions de passagers en 2025 et une croissance annuelle de 4,8%. Plusieurs prévisions indiquent que le pays devrait ravir la première place aux États-Unis au cours des années 2030, porté par l’essor des liaisons intérieures et de la classe moyenne chinoise. L’Asie se distingue plus largement par des marchés en forte expansion, comme le Vietnam (+14,8%, 80,9 millions de passagers) ou encore le Kazakhstan (+40%, 18,1 millions) et l’Ouzbékistan (+16,9%, 12,5 millions), particulièrement dynamiques en Asie centrale.
Europe : grands marchés devant, France à la traîne
En Europe, le Royaume‑Uni occupe la troisième place mondiale avec 269,7 millions de passagers, devant l’Espagne (252,7 millions) et le Japon, cinquième avec 223,5 millions de passagers. L’Inde (218,2 millions), l’Italie (187,3 millions) et l’Allemagne (163,8 millions) complètent le haut du tableau, avec des croissances comprises entre 3,3% et 5,8% selon les pays. La France se situe au 9e rang, avec 152,6 millions de passagers en 2025, mais une hausse limitée à 2,2%, ce qui en fait le deuxième marché le plus lent derrière les États-Unis au sein du top 10.
France : une croissance modérée
Les chiffres de l’IATA confirment que la France progresse, mais moins vite que ses voisins européens comparables. Avec 152,6 millions de passagers, le marché reste significatif, mais demeure derrière l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne ou le Royaume‑Uni en volume comme en dynamique de croissance. Cette situation reflète un redressement du trafic encore freiné par certains segments long‑courriers et par une offre plus prudente de la part des compagnies aériennes basées dans l’Hexagone.
Routes les plus fréquentées : la domination asiatique
Le rapport WATS souligne aussi la concentration du trafic sur quelques grandes liaisons domestiques en Asie‑Pacifique. La route intérieure sud‑coréenne Jeju–Séoul Gimpo reste la plus fréquentée au monde, avec 13,3 millions de passagers en 2025, devant plusieurs liaisons japonaises et vietnamiennes. En Europe, la ligne Barcelone–Palma de Majorque domine avec 2,1 millions de passagers, tandis qu’aux États‑Unis, New York JFK–Los Angeles est la route domestique la plus chargée avec 2,2 millions de voyageurs.
Flotte mondiale : les monocouloirs restent rois
Côté flotte, les avions monocouloirs de Boeing et Airbus demeurent les appareils les plus utilisés dans le monde. Le Boeing 737 toutes versions confondues totalise 10,8 millions de vols en 2025, devant l’Airbus A320 (8,7 millions) et l’A321 (4,2 millions). Parmi les gros‑porteurs, le Boeing 787 et l’Airbus A350 enregistrent une forte montée en puissance depuis 2019, tandis que l’Airbus A380 voit son utilisation reculer nettement, confirmant le basculement vers une flotte plus moderne et plus efficiente.

@Beijing Daxing Airport
catherine a commenté :
19 juillet 2026 - 18 h 58 min
Un indicateur qui confirme que la France est à la ramasse sur le plan économique. Nous payons aujourd’hui le “formidable” travail de notre petit Mozart de l’économie, qui n’a eu de cesse de taxer et surtaxer le secteur du transport aérien (comme s’en est plaint, à juste titre, Ben Smith), d’interdire des vols prétendument « trop courts » pour satisfaire un lobby écologiste prônant la décroissance (ils sont servis), de freiner l’extension de CDG en bloquant le terminal T4 — que l’on regrettera pendant plusieurs décennies tant il aurait constitué un véritable levier de croissance pour la plateforme parisienne — ou encore de céder aux oukases de l’UE qui, après avoir ruiné la filière nucléaire française (sous la pression des Allemands, jaloux de notre indépendance énergétique) et l’industrie automobile (désormais en lambeaux), s’attaque à la filière aéronautique civile française.
Bref, tout a concouru, ces quinze dernières années, à la situation actuelle, et le résultat est catastrophique. Car moins de trafic aérien signifie moins d’emplois, moins de création de richesse, moins de vitalité économique, moins de réussite et moins de souveraineté. Cette situation n’est que le prémice d’une tendance de fond : celle d’un déclassement durable, accompagné de périodes de chômage élevé et d’appauvrissement des Français. Certains s’en réjouiront, au nom de je ne sais quels prétextes idéologiques, préférant voir nos voisins tirer les marrons du feu de notre affaiblissement.
Comme pour le fret, la baisse du trafic passagers constitue donc un très mauvais signal pour l’avenir, non seulement dans le domaine de l’aéronautique civile, mais aussi à l’échelle macroéconomique. Du côté d’un de nos atouts économique, le tourisme, la situation est également préoccupante. La France ne profite pas pleinement de la désaffection pour certaines destinations du Golfe et du Moyen-Orient, contrairement à l’Espagne et le Portugal notamment, devenus nettement plus attractifs.
Il est vrai que ces pays d’accueil ne diffusent pas, à chaque événement populaire, des images d’émeutes de “jeunes de banlieue”, de violences, de scènes de pillage ou d’incendies volontaires relayées en boucle sur les réseaux du monde entier. Les touristes étrangers deviennent donc de plus en plus méfiants — à juste titre — à l’idée de visiter la maison France et y séjournent moins longtemps que dans les pays voisins. Entre les faux chauffeurs de taxi à la sortie des aéroports parisiens, les arnaques, les pickpockets roumains et les conditions plus que difficiles dans des transports publics vétustes, non climatisés, peu sécurisés et saturés, l’expérience est pénible.
En résumé, un cocktail dissuasif qui fait que certains visiteurs, notamment asiatiques, n’ont qu’une envie après avoir pourtant choisi la destination France : écourter leur séjour et repartir plus tôt que prévu.