United Airlines a bien tenté, l’an dernier, d’ouvrir des discussions avec Delta Air Lines en vue d’une possible fusion, avant que l’idée ne soit finalement abandonnée, selon des informations révélées par le Wall Street Journal. Les éléments disponibles montrent que Scott Kirby a directement sondé Ed Bastian, et que Delta a procédé à un examen préliminaire du dossier sans aller plus loin.
United-Delta : une fusion seulement évoquée
D’après le Wall Street Journal, Delta a étudié les contours d’un rapprochement dans le cadre d’une « pré-diligence » préliminaire, mais les discussions n’ont pas progressé. Le mouvement est révélateur d’un climat où certaines grandes compagnies américaines testent les limites d’un éventuel assouplissement réglementaire sous l’administration Trump, sans garantie qu’un dossier aussi sensible puisse franchir le cap antitrust.
Cette séquence intervient après d’autres tentatives de consolidation initiées ou explorées par Scott Kirby, notamment avec American Airlines au printemps 2026, une piste rejetée par le transporteur texan. Selon Reuters, le dossier avait même été évoqué à la Maison-Blanche lors d’un entretien en février 2026.
Un test des lignes rouges réglementaires
Même dans un contexte politique jugé plus favorable aux « grands deals », un rapprochement entre United et Delta aurait soulevé de lourdes questions de concurrence, tant sur les liaisons intérieures que sur le long-courrier. United et Delta figurent parmi les compagnies les plus puissantes du marché américain, et leur combinaison aurait concentré une part considérable de l’activité rentable du secteur.
Le précédent JetBlue-Spirit reste, à cet égard, particulièrement parlant. En janvier 2024, un juge fédéral a bloqué l’acquisition de Spirit par JetBlue au motif qu’elle nuirait à la concurrence et aux consommateurs. JetBlue et Spirit ont ensuite renoncé à leur fusion en mars 2024.
Une marge pour les consolidations ?
Sean Duffy, secrétaire américain aux Transports, avait indiqué en avril 2026 qu’il existait une « marge » pour des consolidations dans le transport aérien, tout en précisant qu’aucun dossier ne serait jugé à l’avance et que toute opération sur les grands transporteurs devrait céder certains actifs. Il avait aussi déclaré que Donald Trump « aime voir les gros accords aboutir ».
Scott Kirby avait, de son côté, défendu l’idée d’un grand groupe américain capable de mieux concurrencer les compagnies étrangères, en expliquant en avril qu’il avait approché American parce qu’il pensait pouvoir « faire quelque chose d’incroyable pour les clients ensemble ». American avait alors répondu qu’elle n’était pas intéressée et que l’opération serait défavorable à la concurrence et aux consommateurs.

hoblar a commenté :
28 juillet 2026 - 15 h 20 min
Le but c’est qu’il n’en reste plus qu’un à la fin ?
Bubu a commenté :
29 juillet 2026 - 14 h 54 min
Ce sera comme en URSS, avec Aeroflot qui exerçait toutes les activités requérant de voler.
Pierre a commenté :
28 juillet 2026 - 16 h 59 min
…”JetBlue et Spirit ont ensuite renoncé à leur fusion en mars 202.4.”
Et SPIRIT mourut !!!
Les USA ont des structures industrielles et commerciales très affaiblies ce que les politiques erratiques et sans compétence de l’équipe Trump finissent d’achever !!
Greg6 a commenté :
29 juillet 2026 - 14 h 15 min
Sauf que Spirit a eu l’occasion par deux fois, après l’annulation du rachat par Jetblue par la justice, de se regrouper avec Frontier. Ce que les actionnaires ont refusé.
D’ailleurs à l’origine, la fusion avec Frontier était réglée, négociée entre les deux directions. Il n’était pas question d’autre chose. C’est Jetblue qui l’a faite capoter en se pointant comme un cheveux sur la soupe pour surenchérir sur l’offre de Frontier. Par deux fois.
Sachant que Jetblue est une compagnie en mauvaise situation financière avec 10 milliards de dette et aucun bénéfice depuis 2019. Donc on peut se demander ce qu’aurait pu donner ce rachat : au delà de la somme importante mise sur la table pour racheter Spirit et séduire leurs actionnaires, somme qu’ils devaient emprunter, ils devaient aussi assumer la dette de Spirit. En plus de la leur.
Bubu a commenté :
29 juillet 2026 - 15 h 06 min
Ils n’ont pas mieux à faire au sommet de ces deux transporteurs,qu’un mariage appauvrirait l’offre concurrentielle,comme par exemple et chacun de son côté songer à diversifier leur activité et ce notamment dans le cadre d’une croissance organique?Et ça aussi il faut le prendre en compte :c’est toujours avec peine que l’on voit disparaître un logo sur un empenage.
HJDB a commenté :
11 août 2026 - 0 h 18 min
“c’est toujours avec peine que l’on voit disparaître un logo sur un empénage.”
Vous avez totalement raison. Je me trouvais à Rio, quand nous avons vu passer un équipage de PAN AM en pleurs qui rentrait aux USA en 747 décommercialisé. Nous avons interrompu notre briefing afin de leur rendre hommage.
Des années après, je me souviens encore de ce triste moment. Au delà de l’appauvrissement de la concurence , c’est le personnel qui paie le prix fort de la fusion.